LE TRAITEMENT PEUT-IL DONNER LA RAGE
une certaine hardiesse dans les vaccinations en cas de morsure grave, elle ne doit pas inciter à faire commencer d’emblée le traitement par des moelles très virulentes. Un Institut, qui se départirait des règles de prudence que les cas malheureux de Bareggi doivent inspirer, pourrait être parfaitement dangereux, etnous devonsavouer que Nitsch (Oacovie) et C. França (Lisbonne) ont publié récemment deux cas de mort tout particulièrement troublants.
Le traitement antirabique peut-il favoriser l’apparition de la rage chez une personne en incubation ?
La question de la nocuité du traitement pastorien s’est présentée récemment sous une nouvelle forme. On sait que les virus-vaccins (charbon, rouget, charbon symptomatique, pasteurelloses) sont loin 'd’être inoffensifs chez les animaux en état d’infection latente. Les microorganismes qui sommeillaient reçoivent un coup de fouet du fait de la vaccination, et la mort s’ensuit rapidement. Elle ne se serait pas produite si les animaux n’avaient pas été vaccinés. Il existe les plus grandes analogies entre les vaccins précités et le vaccin antirabique. N’est-on pas dès lors en droit de se demander si les mêmes accidents ne sont pas, à litre exceptionnel, il est vrai, susceptibles de se produire avec lui? Nitsch, comparant la chronologie de 140 cas de mort chez des personnes ayant subi le traitement antirabique à Paris, à Varsovie et à Cracovie, et celle de 108 décès par rage chez des personnes non soumises au traitement pastorien, est arrivé a cette conclusion que la mort se produit plus tôt chez les personnes traitées et que les longues incubations sont plus fréquentes chez celles qui ne se soumettent pas au traitement. On conçoit 1 argument qu’on pourrait tirer de ces faits contre la méthode pastorienne. Cependant ils sont grevés d’une cause deireur importante, car l’incubation de la rage est d’autant plus cou' te que les morsures sont plus graves. Or, ce sont les morsures bénignes qui échappent au traitement et les morsures graves qui lui sont soumises. Du reste, la statistique de l’Institut antirabique de Constantinople donne un résultat diamétralement opposé à celui des Instituts visés par Nitsch. En Turquie, la mort se produit plu3 tardivement chez les personnes traitées, et les longues incubations sont plus rares chez celles qui n’ont pas suivi le traitement. Un grand nombre de faits cliniques prouvent, en outre, que la méthode pastorienne n’est nullement capable de favoriser l’éclosion de la iage chez les personnes en incubation.
1° Certains mordus viennent suivre le traitement antirabique,
10g P. REMLINGER. — VACCINATION ANTIRABIQUE.
alors qu’ils présentent déjà, du côté de la morsure, des phénomènes objectifs et subjectifs, considérés à juste titre comme prémonitoires (rougeur, turgescence, douleurs lancinantes, sensations de piqûre, de brûlure, etc.). D’autres fois, ces symptômes se manifestent au cours des inoculations. Si la méthode pastorienne était capable de donner un coup de fouet à la maladie, ce serait assurément dans des cas semblables. Or il arrive fréquemment que, soumis a un traitement intensif, ces mordus échappent à la rage.
2o L’action favorisante du traitement pastorien devrait elre d’autant plus marquée que celui-ci est plus intense. Or, cest e contraire qui se produit. Un traitement intensif diminue non seulement les insuccès vrais, mais encore les cas de mort pendant la cure
ou pendant la quinzaine qui suit.
3° En principe, tous les mordus qui suivent le traitement pastorien sont en incubation de rage. Dès lors, pourquoi l’action prédisposante est-elle si exceptionnelle et ne s’observe-t-elle jamais dans les ca,