‹ Médicaments microbiensChapitre 6 sur 216 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Depuis Pasteur, la Thérapeutique s’est enrichie d’admirables médicaments qui laissent loin derrière eux les remèdes empiriques de l'ancienne Pharmacopée. Ils ont sur eux l’avantage d’être issus do méthodes scientifiques précises, qui permettent de les perfectionner, de les généraliser et d’en prévoir, pour l’avenir, l’extension féconde.

Les principales méthodes thérapeutiques, issues de la Microbiologie, sont la Bactériniliéranie, la T"Xinothérapie, les Vaccinations, la Sérothérapie, méthodes distinctes, mais qui sont reliées entre elles par de nombreux intermédiaires, et qui peuvent, d’ailleurs, être combinées l’une à l’autre.

i° La Bactériothérapie emploie, comme médicaments, les microorganismes vivants, dont elle utilise les effets antagonistes ou empêchants.

Si beaucoup d’essais thérapeutiques ont déjà été tentés (baclériothérapie du lupus, du cancer par le streptocoque; bactériothérapie du furoncle, de la pneumonie par la levure de bière, etc.), bien peu sont, actuellement, assis sur une base scientitique solide ou ont donné des résultats pratiques incontestables.

Aussi ne sera t-il parlé, dans ce volume, que de la Bactériothérapie des Maladies intestinales, scientifiquement la mieux étudiée et pratiquement la plus employée.

2° La Toxinothérapia constitue, elle aussi, une méthode thérapeu- Môdic. microbiens, 2e édiL i

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lique générale à qui l’on doit faire une place parmi le- Médicaments d’origine microbienne. Celte méthode a été principalement appliquée au traitement de la Tuberculose par les diverses Tuberculine* : ce traitement, trop vanté d’abord, trop abandonné peut-être ensuite, a pris depuis quelques années, une nouvelle importance. Aussi fera-t-il. dans celle deuxième édition, l’objet d'un article nouveau conjointement aux autres méthodes thérapeutiques antituberculeuses d’origine microbienne.

.‘1° Les Vaccinations ont pour but de conférer une immunité active en déterminant une maladie bénigne par 1 inoculation d’un virus atténué.

On avait, fort anciennement, constaté la rareté des récidives pour beaucoup de maladies infectieuses, même légères.

Un pas de plus avait été franchi lorsque, pour préserver de la Variole, on l’inocula à des sujets sains, en choisissant dans ce but les formes les plus légères; mais il s’agissait là d’un virus peu fixe, qui récupérait parfois brusquement une grande virulence et provoquait alors de terribles accidents.

Aussi la méthode de la Variolisation fut-elle entièrement abandonnée après la découverte de Jenner, et céda-t-elle le pas à la méthode, pratiquement plus constante et mieux réglée, mais scientifiquement plus obscure, de la Vaccination Jennérienne : l'immunité contre la Variole est alors obtenue par le développement d’une autre infection, le Cow-pox, dont on ignore encore les relations avec la Variole elle-même.

Mais la méthode des vaccinations ne devait prendre toute son ampleur scientifique que beaucoup plus tard, avec Toussaint et Pasteur. Toussaint prépara des vaccins anticharbonneux par atténuation au moyen de la chaleur : une grande part lui revient donc dans la méthode des vaccinations. Avec Pasteur, enfin, naissaient les admirables méthodes qui conduisirent à la constitution de vaccins fixes et gradués dans leur virulence : ces méthodes furent appliquées d’abord à la vaccination de diverses épizooties, du Rouget des porcs, du Choléra des poules, du Charbon, et bientôt, à la vaccination humaine de la Rage.

Les vaccinations constituent des méthodes thérapeutiques extrêmement puissantes. L’immunité active, ainsi provoquée, dure bien plus longtemps que l’immunité passive; mais elle exige, pour se constituer, un certain temps et, par là même, ne peut être utilisée qu’à titre préventif (comme vis-à-vis de la Variole, de la Pesle, de la Fièvre typhoïde, etc.), ou à titre curatif dans les maladies à très lente incubation (comme vis-à-vis de la Rage).

BACTÉRIOTHÉRAPIE. VACCINATIONS. SÉROTHÉRAPIE. 3

Pratiquement, les Vaccinations (et principalement les vaccinations jennériennes et antirabiques) représentent des méthodes thérapeutiques d’une importance capitale.

4° La Sérothérapie confère, non plus une immunité active, mais une immunité passive. Le principe de cette méthode consiste à provoquer artificiellement, chez l’animal, par inoculation de microorganismes, de toxines, etc., une réaction défensive, caractérisée parla production d’anticorps, et à fournir ensuite, thérapeutiquement, à l’organisme malade, les anticorps ainsi formés.

Dérivée des recherches de Ch. Richet et Héricourt, la Sérothérapie fut surtout développée par Behring et Kitasato; elle est entrée triomphalement dans la Pratique thérapeutique, avec la Sérothérapie antidiphtérique de Roux et Martin.

Actuellement, la Sérothérapie a complètement modifié la prophylaxie et le traitement de la Diphtérie, du Tétanos, de la Dysenterie, delà Méningite cérébro-spinale; elle a déjà sauvé beaucoup de vies humaines.

a0 Les Méthodes mixtes sont principalement applicables aux affections pour lesquelles ni les Vaccinations, ni la Sérothérapie n’ont donné de résultats définitifs.

On peut, notamment, provoquer une immunité active particulièrement intense et rapide, grâce à la protection d’une immunité passive antérieure, en combinant la Sérothérapie préventive à la Vaccination.

On peut, dans une autre méthode mixte, obtenir des anticorps à la fois bactéricides et antitoxiques, en combinant l’inoculation de microorganismes vivants, de microorganismes morts et de toxines microbiennes.

Dans beaucoup d’infections (Choléra, Peste, Fièvre typhoïde, Streptococcies, etc.), où les méthodes d’immunisation active ou passive n'ont pas entièrement réussi, les méthodes mixtes pourront peut-être perfectionner les résultats thérapeutiques et leur donner enfin la sécurité de la Vaccination jennérienne ou de la Sérothérapie antidiphtérique.

Lnlin, en dehors même des Maladies Microbiennes proprement dites, la Sérothérapie a été brillammenL appliquée à certaines intoxications; elle a notamment donné, avec Calmelte, dans le traitement antivenimeux des Morsures de Serpents, .de très beaux résultats. Bien qu il s’agisse ici d’une intoxication non microbienne, il nous a paru impossible de séparer la Sérothérapie antivenimeuse des autres Sérothérapies dont elle applique la méthode.

M fiHICAMENTS MICROBIENS.

Si les Sérothérapies donnent des résultats thérapeutiques admirables, on doit, par contre, se rappeler que l'injection de sérums étrangers à l’organisme présente certains inconvénients maladie du sérum) qui peuvent même devenir graves lorsqu’il s agit d injections réitératives (anaphylaxie sérique). De ces faits nouveaux résultent des indications et contre-indications nouvelles qui doivent avoir leur place dans la description des Médicaments Microbiens. Contre ces accidents sériques, on connaît aujourd’hui des méthodes prophylactiques et curatives, dérivées, elles-mêmes, de nos connaissances générales sur l’immunité et dont la place est tout indiquée dans celt< nouvelle Édition.

Enlin, à côté des Médicaments Microbiens, qui ont. d ores et déjà, acquis droit de cité en Thérapeutique, on ne doit pas perdre de vue le grand nombre de théories intéressantes, d’expériences suggestives, de résultats cliniques encourageants qui sont encore à la phase de gestation, et qui, demain peut-être, aboutiront à la découverte de nouveaux Médicaments Microbiens et à la guérison d'autres Maladies.

BACTÉRIOTHÉRAPIE INTESTINALE

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