‹ Médicaments microbiensChapitre 7 sur 216 · ÉLIE METCHNIKOFF · texte numérisé non relu

ÉLIE METCHNIKOFF

Sous-directeur de l’Institut Pasteur.

f. — Rôle étiologique des microbes dans les maladies intestinales.

Tandis que la science microbiologique a éclairé le problème de tant de maladies infectieuses des plus diverses, elle s’est trouvée impuissante à répondre aux questions touchant la plupart des affections du tube digestif. A côté du charbon, de la diphtérie, de la tuberculose, des pneumonies, des érysipèle, du tétanos, et de toute une grande série d’autres in eclionsdont l’étiologie est définitivement établie, en fait de maladies intestinales, nous ne voyons que le choléra asiatique, la dysenterie bacillaire, les fièvres typhoïdeet paratyphoïdes donton connaîlassezsulfisammentla cause. Mais, au sujet du choléra nostras, des choléras infantiles et de tant d’autres maladies aiguës ou chroniques des organes de la digestion (entérites, appendicites, colites), nos connaissances restent dans un état étonnant d’imperfection. El cependant ces affections présentent une importance très grande, car 1 état du tube digestif se répercute sur l’organisme entier et influence la peau, les appareils de la circulation et de l’excrétion, et même exerce une action manifeste sur le système nerveux et sur la vie psychique.

La principale cause de notre ignorance réside dans ce faitque le tube digestif est rempli d'une quantité de microbes qui masquent la recherche de ceux d’entre eux qui engendrent les infections intestinales.

Aussitôt après la découverte du vibrion cholérique par Koch, Lscherich, le pédiatre bien connu, s’efforça d’appliquer les méthodes bactériologiques les plus perfectionnées de son époque à la recherche de là cause de la diarrhée infantile, celte maladie qui lient le premiet i ang comme facteur de la mortalité humaine. Ses recherches l’ont conduit à la découverte du colibacille et du liacillus lactis aero-

M ETC II NI KOFI'. — BACTÉRIOTHÉHAPIK INTESTINALE

gènes dans los m atièrcs fécales des nourrissons} mais il lui a e le impossible de révéler la nature du microbe suppose comme agent étiologique de l’athrepsie.

Depuis, un nombre infini de chercheurs ont continué dans la même voie, sans jamais aboutir à des résultats précis et bien démontrés. On s’est mis à incriminer le colibacille auquel on attribuait une quantité de maladies intestinales et autres. Mais, après une période de vogue, le rôle de ce microbe est descendu à un niveau très bas et aujourd’hui on ne lui attribue qu’une importance secondaire.

La découverte du principal microbe de la flore intestinale des nourrissons, Bacillus bip lus, découverte faite par lissier, a paru pendant un certain temps faciliter d’une façon toute particulière la solution du problème de l’étiologie des diarrhées infantiles; mais jusqu’à présent cette espérance n'a pas été réalisée. Il a été établi que, dans ces maladies, l’aspect de la flore intestinale change d une façon plus ou moins complète. Le Bacillus bip, lus manifeste dan' créas des formes anormales, dégénérées, et souvent il disparait même complètement, pour ne réapparaître qu’au moment de la convalescence. Mais on n’a pas réussi à déterminer lesquels parmi les microbes de cette flore modifiée jouent un rôle étiologique dans les diarrhées. On a bien décrit des entérites des enfants et des adulte; que l’on attribue à l’invasion des streptocoques el des staphylocoques pathogènes, se basant sur la fréquence de ces microbes dans les matières fécales des maladies en question. Mais on est loin d avoir prouvé le rôle pathogène de ces microbes. Escherich, qui s’est beaucoup occupé de la microbiologie des maladies intestinales des nouirissons, distingue une forme particulière de diarrhée qu il désigne sous le nom de « bacillose bleue » à cause de la grande tréquence

dans les matières fécales d’un bacille prenant la coloration bleue pai la méthode de Gram. Mais il manque encore la preuve du rôle étiologique de ce microbe.

Soumettant à sa critique les affirmations nombreuses sur le pouvoir pathogène des colibacilles, Escherich (1) s est arrête sut une forme de colite infantile particulière qu il désigne sous le nom de « colicolite », pendant que celte diarrhée est la seule dans. laquelle le colibacille joue le rôle d’agent infectieux. Mais il est bien ceitain que cette affection n’est qu’une variété de la dysenterie baeillaiie avec le bacille de la dysenterie comme cause.

Nous pouvons encore citer le bacille de la diarrhée 'elle «le»

(I) Dentcshc mcitic. Wochenschrift, 1808, n 10.

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