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VACCINATION ANTIRABIQUE CHEZ LES ANIMAUX

ment convaincu de l'absence de tout procédé pratique de vaccination qu’il décrète: « Tout chien mordu ou roulé par un animal emage ou suspect sera immédiatement abattu ». C’est donc uniquement avant d’avoir été mordu que, dans l’état actuel de la législation, le chien pourrait être immunisé. Cette circonstance est de nature a restreindre tellement la vaccination de cet animal, que nous nous occuperons exclusivement de la vaccination des herbivores.

La première idée qui se présente lorsqu’on parle de vacciner un animal contre la rage est de lui appliquer, purement et simplement, les méthodes en usage chez l’homme. Si ces procédés sont susceptibles de donner au vétérinaire toute satisfaction au point de \ue scientifique pur, il n’en va pas de même au point de vue pratique: leur complication est trop grande ; leur prix de revient trop considérable ; en voulant les simplifier, on risque de pécher par défaut ou par excès, c’est-à-dire de ne pas préserver l’animal ou de lui donner la rage. En matière de vaccination des herbivores, deux procédés seulement paraissent susceptibles d’entrer en ligne de compte : l’inoculation de virus rabique dans la veine jugulaire (Galtier, Roux et Nocard) et l'injection sous-cutanée de mélanges de sérum antirabique et de virus fixe (Marie, Remlinger).

Vaccination par voie jugulaire. — La méthode in ti ajugulaii c classique consiste à injecter dans la veine, à deux reprises différentes, à un ou deux jours d’intervalle, 5 à 10 centimètres cubes d’une émulsion à peine laiteuse et soigneusement filtrée soit de virus fixe, soit du virus de l’animal mordeur. Elle repose sur cette affirmation de Galtier, confirmée en partie par Roux et Nocard, que, chez les herbivores, l’injection dans la jugulaire d’une faible dose de virus rabique non seulement ne donne pas la rage, mais encore immunise contre elle. Ainsi que nous l’avons montré, il a été tiré du mémoire très prudent et très mesuré de Roux et Nocard des conclusions erronées tant au point de vue scientifique pur qu’au point de \uo pratique. On n’est nullement autorisé à creuser un fossé entre les animaux carnivores, que l’inoculation intrajugulairc n immuniserait pas et à qui elle donnerait la rage, et les herbivores, pour qui celte injection serait non seulement inoffensive, mais encore vaccinante. Pour les uns comme pour les autres, il parait s agir dune simple question de dilution et de dose. Il ne laut s’exagérer ni 1 innocuité de l’injection intrajugulaire de virus, ni son pouvoir immunisant. Dans quelques statistiques, la mortalité s’est élevée jusqu’à 60 p. 100, et on garde l’impression qu’un certain nombre d’animaux sont morts des inoculations, et non malgré elles. Chez un cheval ou chez un bœuf mordus par un animal enragé, on ne se bornera donc pas à

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P. BE MLINGER. — VACCINATION ANTIRABIQUE.

pratiquer deux injections intraveineuses; on débutera par une dose très faible (X à XX gouttes), puis on injectera, à vingt-quatre heures d'intervalle, des doses progressivement croissantes. Ces inoculations seront répétées tout particulièrement en cas de morsures graves, et lorsque le traitement ne pourra être commencé que plus de quarante-huit heures après la morsure. De celte nécessité de graduer et de répéter les injections découle, à notre avis, une complication telle que la méthode intrajugulaire n’est applicable à la pratique des vaccinations que dans des cas exceptionnels.

Vaccination par les mélanges virus-sérum. — La vaccination, à l’aide des mélanges de virus rabique et de sérum antirabique, repose sur la possibilité d’obtenir chez l’animal (chien, chèvre, mouton, cheval) un sérum antirabique, jouissant de la propriété de neutraliser le pouvoir pathogène du virus fixe et de donner avec lui des mélanges qui, soit qu’ils soient complètement neutralisés, soit qu’ils renferment un excès de virus, possèdent un pouvoir vaccinant remarquable. La méthode virus-sérum présente, sur l’inoculation intrajugulaire, de notables avantages. Elle est très simple et à la portée de n’importe quel praticien ; son prix de revient est peu élevé ; elle est inoffensive, sinon peut-être théoriquement (mélange virus-sérum avec excès de virus), du moins pratiquement. Contrairement à l’inoculation intrajugulaire, elle paraît encore efficace lorsqu’on commence le traitement plus de trois jours après la morsure, cinq, six et même dix jours après elle dans nos observations. L’étude de l’obtention du sérum antirabique, de son titrage, de son mode d’action, du mode d’action des divers mélanges (exactement neutralisés ou renfermant un excès de virus ou de sérum), nous entraînerait trop loin (1). Nous désirons nous placer exclusivement au point de vue pratique et décrire, en quelques mots, la technique qui nous parait la meilleure pour la vaccination des herbivores : du cheval, du bœuf et du mouton en particulier.

Les Instituts antirabiques doivent préparer un sérum neutralisant son volume d’émulsion centésimale de virus fixe et le tenir à la disposition du médecin ou du vétérinaire chargé de pratiquer la vaccination, en même temps qu’un cerveau de lapin de passage conservé en glycérine. La quantité de virus-sérum à injecter à l’animal mordu doit, naturellement, varier avec le nombre et la gravité des morsures, et aussi avec le nombre de jours écoulés entre l’accident et la vaccination. ~0f> centimètres cubes chez le cheval ; 500 centimètres cubes

(1) Nous renvoyons pour 1 élude de ces questions ainsi que pour plus de details sur la vaccination des animaux à notre travail d’ensemble : Le traitement de la rage cher les animaux (Revue générale de médecine vétérinaire, l'r novembre 1910).

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