TRAITEMENT DE LA RAGE DÉCLARÉE
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chez le bœuf; 100 centimètres cubes chez le mouton et la chèvre sont des chiffres moyens qu’il n’y a aucun inconvénient a dépasser. Ces quantités peuvent être inoculées en deux ou trois fois a vingt-quat heures d’intervalle. L’inoculation en une seule fois de la dose entieie nécessaire à l’immunisation serait, du reste, sans aucun inconvénient. Soit à injecter sous la peau d’un cheval 400 centimètres cubes de mélange virus-sérum. On pèse aseptiquement 2 grammes de cerveau de lapin envoyé en glycérine, ou mieux un peu plus de 2 grammes Ces 9 grammes de substance nerveuse sont émulsionnes fmemen dans un verre flambé ou bouilli avec une baguette de verre flambee ou bouillie également dans 200 centimètres cubes d’eau bouillie. L’émulsion est passée à travers une mousseline, puis mélangée avec 200 centimètres cubes de sérum antirabique. Le mélangé est injecte immédiatement sous la peau du flanc de l’animal au moyen d une seringue ou mieux d’un injecteur. L’opération est, on le voit, des plus simples. Une bonne précaution consiste à épargner, pendant un mois, aux animaux vaccinés, le surmenage et le refroidissement.
Sans vouloir nous étendre sur la vaccination du chien, nous dirons simplement qu’un procédé identique pourrait, le cas échéant, etre appliqué à l’immunisation d’animaux non mordus (chiens de meute, chiens de luxe, etc.), la vaccination des animaux mordus étant interdite par la loi. L’opération serait à renouveler chaque année.
X — traitement de la rage déclarée
U n’existe pas de maladie contre laquelle le médecin soit plus impuissant que contre la rage et il n’y a nulle exagération à dire que son traitement curatif n’existe pas. Il nous paraît utile d énumérer ici tous les prétendus spécifiques de la rage, vantés tour à tour, d âge en âge, les uns plus ou moins rationnels, la plupart simplement bizarres; ils ont tous joui d’une vogue plus ou moins éphémère et tous aussi se sont montrés à l’usage radicalement insuffisants. Nous
n’en citerons que deux exemples.
En 1824, le médecin français Buisson, voulant mettre un terme aux souffrances d’une personne qu’il croyait atteinte de rage, la plaça dans un bain russe à 42» Réaumur : elle en sortit, paraît-il, guérie. Ce fut le point de départ d’une « méthode » (bains de vapeur à 38-48° Réaumur) quelque temps en usage pour le traitement préventif et curatif de la rage. Ayant trouvé, dans un pamphlet récent contre la méthode pastorienne (1905), cette méthode piéconisée comme donnant une sécurité absolue et devant, dans tous les cas, être préférée aux injections, il nous a paru intéressant de rechei-
132 R. IlE MLINGER. — VACCINATION ANTIRABIQUE.
cher quelle était in vivo l'action de la chaleur sur le virus rabique. Des lapins et des cobayes, inoculés sous la dure-mère, sous la peau et dans les muscles, élaienl enfermés, les uns tous les jours depuis l’inoculation jusqu’à l’apparition des phénomènes paralytiques, les autres à dater seulement du début de la paralysie, dans une étuve de Schribaux, réglée à 50-52°. Les séances étaient de trois quarts d’heure, ce qui permettait de maintenir à 43°, pendant quinze à vingt minutes, la température des animaux en expérience. Tous, sanexception, ont succombé avant les témoins.
Dans une deuxième série de recherches, des lapins ont été trépané?avec du virus fixe, puis, au quatrième jour (nous avons démontré que le cerveau était virulent dès le deuxième), nous avons mis ces animaux à l’étuve sèche réglée à 58-60°. La température rectale n'a pas tardé à atteindre 45-46°. La mort suivit rapidement. Le bulbe de ces lapins a servi à faire des passages sous la dure-mère d’autres lapins. Ceux-ci ont tous succombé dans le délai classique de dix jours. Du fait d'une température sûrement mortelle pour les animaux en expérience, le virus rabique n'avait donc pas subi la moindre atténuation. Les résultats plus ou moins favorables obtenus par Buisson dans le traitement préventif de la rage s’expliquent par d’heureuses coïncidences, les résultats obtenus dans le traitement curatif par des erreurs de diagnostic.
Dans ces derniers temps, le radium a fait naître de nouvelles espérances, bientôt déçues également. Tizzoni et Bongiovanni ont avancé que, si on inoculait des animaux, des lapins ou des chiens en particulier, avec du virus rabique sous la dure-mère et si on dirigeait ensuite des rayons de radium dans l’œil de l’animal, il échappait à la rage. Le traitement réussissait alors même que la paralvsie du train postérieur avait déjà commencé. La paraplégie rétrocédait et les animaux guérissaient alors que tous les témoins succombaient. On était, dès lors, en droit de se demander si le traitement prophylactique de la rage n’avait pas vécu et si, désormais, on n'attendrait pas l’éclosion de la maladie pour la traiter par le radium au même titre qu’un lupus ou un épithélioma. Cet espoir, hélas ! fut de courte durée. Aucun des auteurs qui cherchèrent à reproduire les expériences de Tizzoni ne put y parvenir. Il fut démontré, par contre, que l’application du radium au niveau de l’œil était loin d’être inoffensive et qu’elle était susceptible de produire, du côté des paupières et de la cornée, les lésions les plus graves.
Entre la méthode de Buisson et celle de Tizzoni, il y a place pour une quantité de tentatives, toutes plus infructueuses les unes que les autres: inoculation sous-cutanée de substance cérébrale normale à