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IV. — IMMUNISATION DES ANIMAUX

Nous avons vu, en étudiant la toxine diphtérique, qu'on pouvait atténuer ses ellets en employant la chaleur ou en la mélangeant a divers agents chimiques.

Les premiers expérimentateurs, qui ont voulu, avec la toxine, vacciner des animaux, ont éprouvé de grandes difficultés parce qu ils ont voulu immuniser de petits animaux, surtout des cobaxes.

IMMUNISATION DU CHEVAL.

Cependant Cari Frænckel, le premier, est arrivé à immuniser les cobayes contre la diphtérie en leur injectant, avec ménagement, de la toxine modifiée par un chauffage à 70°. D’autres expérimentateurs se sont ensuite servis des lapins; Bardach et Aronson ont utilisé les chiens; MM. Roux et Nocard, des moutons, des chèvres. Après Ehrlich, ils ont essayé les bovidés, mais toutes les tentatives faites sur ces différents animaux n’ont pas été poursuivies, lorsqu’il a fallu produire de grandes quantités de sérum, car tous les animaux que nous venons d’énumérer sont très sensibles, et leur sérum est moins bien toléré par l’homme queleséruin de cheval, car il estplus toxique.

Immunisation du cheval. — On peut employer différents procédés. Après avoir utilisé le mélange de toxine et de triçhlorure d’iode, Behring a recommandé l’injection de petites doses de toxine pure. Il ne nous est pas possible d’indiquer d’une façon absolue comment on doit opérer, car la marche de l’immunisation dépend beaucoup de la force de la toxine ; il faut toujours commencer par une dose faible incapable de tuer le cheval le plus sensible; par exemple, pour les toxines actvies au centième pour le cobaye, on inoculera 1 /20 de centimètre cube à un cheval, et progressivement on augmentera les doses, tout en évitant de rendre le cheval trop malade.

Certains chevaux très sensibles succombent malgré toutes les précautions; d’autres, au contraire, peuvent supporter très rapidement de fortes doses de toxine pure.

Pour éviter la mort du cheval, lout en injectant des doses progressivement croissantes de toxine, MM. Roux et Vaillard avaient essayé, lors de leurs recherches sur le tétanos, un mélange de toxine et d’iode.

On peut employer le même procédé pour la diphtérie et obtenir de très bons résultats. Lorsqu'on recourt à cette méthode, il faut d’avance faire une provision de toxine pour que les mélanges iode et toxine aient toujours la même valeur.

Nous donnons ci-dessous un exemple d’une vaccination par ce procédé; la toxine employée tue en trente-six heures au centième de centimètre cube un cobaye de 400 à 500 grammes.

Toxine iodée.

Chevaux inoculés pour la première fois le 30 janvier 1907. Vaccinations 3 fois par semaine

c. c. mélange

2/3 liqueur de Gram

1/3 loxine

la

152 LOUIS MARTIN. — SÉROTHÉRAPIE ANTIDIPHTÉRIQUE.

■1 c. c. mélange.

1/2 liqueur de Gram.

Loxin

1/2 e. c. toxine pure.

Mélange de toxine et d’antitoxine. — Pour obtenir une immunisation plus rapide, et cependant tout aussi sûre, plusieurs expérimentateurs ont conseillé de mélanger la toxine avec le sérum antidiphtérique.

C’est Babès (1) qui, le premier, propose de vacciner les animaux en donnant des mélanges de toxine et d’antitoxine.

Nikanaroff (2) emploie un autre procédé; il sature d'abord le cheval de sérum antitoxique ; du 10 mai au 29 août, il injecte en plusieurs fois 1902 centimètres cubes de sérum ; puis, du 14 septembre au 27 novembre, le même cheval reçoit sous la peau 2044 centimètres cubes de toxine et il obtient, un sérum de 300 unîtes.

Arloing, Nicolas et Antoine reprennent cette question en 1( t 3 et concluent que les résultats ne sont pas très favorables.

(1) Academie de médecine, 13 août 1893.

(i) Archives des sciences biologiques de Saint ! ctrrsbourg. (3) Société de Biologie, 1901, j>. 13 cl 36.

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