‹ Médicaments microbiensChapitre 71 sur 216 · RÉACTION DU CHEVAL · texte numérisé non relu

RÉACTION DU CHEVAL

Madsen et Dreyer (1) inoculent aux chevaux un mélange de toxine et de sérum antitoxique et ils obtiennent un sérum actif.

Dernièrement W. Parle a bien voulu nous communiquer les bons résultats qu’il obtenait avec la méthode des mélanges de toxine et de sérum antitoxique. Mlle Steinhart nous a donné le protocole de l'immunisation et nous avons obtenu rapidement de très bons sérums.

Voici comment nousavons procédé sur les indications de W. Parle : Vaccination méthode W. I’ahk.

Les chevaux sont vaccinés le jeudi et le lundi.

IIC injection 25 c. c. sérum +25 c. c. toxine (2).

sérum + 25 c. c. toxine.

toxine pure.

Réaction du

cheval. — Quand un cheval reçoit de la toxine

diphtérique, il

a au

point d’inoculation un œdème qui est peu

important si la dose est faible,

qui est considérable si la dose esL

forte. Cette réaction locale se reproduit dans les injections suivantes, même si le cheval est très bien immunisé. Quand le cheval doit supporter la dose de toxine injectée, l’œdème se montre dès la douzième heure, il augmente jusqu’à la trente-sixième ou la quarante-huitième heure, il reste mou ; la peau n’est pas tendue, la partie œdématiée est sensible, mais n’est pas très douloureuse; puis, si la dose est très faible ou si le cheval est Irès bien vacciné, l’œdème disparaît et la peau redevient souple.

Si la dose a été trop forte, au lieu de disparaître, l’œdème devient dur, la peau est tendue, la partie œdématiée est douloureuse, ensuite l’œdème gagne les parties déclives et la peau devient parcheminée; il est rare qu’une escarre se forme au point d’inoculation,

(!) Congrès de médecine , 1900, Section de bactériologie.

fi) Cette toxine tue au centième u/i cobaye de 500 grammes en 36 heures. Le sérum a 200 uni lés.

154 LOUIS MARTIN. — SÉROTHÉRAPIE ANTIDIPHTÉRIQUE.

car le cheval succombe avant la formation de l’escarre. II est excessivement rare d’avoir un abcès après une injection de toxine diphtérique. Avec ces symptômes locaux, il existe toujours une élévation de la température qui se montre dès la douzième heure, persiste un ou deuxjours, lors des premières vaccinations, est passagère lorsque le cheval est bien immunisé. Cette élévation de température est de 2 ou 3 degrés chez les chevaux très sensibles, ou lorsque la dose est très forte; elle peut être de quelques dixièmes chez les chevaux peu sensibles ou chez les chevaux bien immunisés.

Sensibilité propre à chaque organisme. — Quelle que soit la méthode d’immunisation employée, on voit que chaque animal réagit à sa façon ; pour les mêmes doses employées, les uns sont très sensibles et réagissent très fortement, les autres réagissent très peu. Les chevaux, qui réagissent peu, reçoivent beaucoup de toxine rapidement, donnent plus vite un bon sérum. Au contraire, un cheval qui est très sensible ne peut recevoir que peu de toxine à la fois ; s’il donne un sérum actif, ce n’est qu’après longtemps.

Si l’on examine les chevaux peu sensibles, on voit qu'il en est qui donnent rapidement un sérum très actif; d’autres, au contraire, ne donnent jamais un bon sérum; aussi conseillons-nous de les éliminer.

Dans les chevaux qui donnent rapidement un sérum actif, les uns conservent longtemps celte propriété et nous les gardons; les autres, après quelques mois, donnentdes sérums peu actifs, nous les éliminons.

11 est impossible de prévoir ce qui arrivera quand on commence l’immunisation d’un cheval ; l’organisme de l’animal a une part prépondérante qu’il conserve, quelle que soit la méthode d'immunisation employée.

Entretien des chevaux immunisés. — Quand un cheval donne du bon sérum, dans plusieurs Instituts on le saigne à blanc, on obtient ainsi 20 à 25 litres de sang et par suite environ 12 litres de sérum.

A l’Institut Pasteur, nous conservons les chevaux. Huit jours après la dernière injection de toxine, on leur prend 6 litres de sang et, quatre jours après cette première saignée, on leur fait une seconde saignée de 6 litres de sang, puis on les laisse reposer. Tieize jours après la dernière saignée, ils reçoivent en une seule lois, sous la peau de l’encolure ou à la naissance de l’épaule, 300 centimètres cubes de toxine, et, quatre jours après cette injection, du côté oppose, sous la peau, 500 centimètres cubes de toxine.

Us se reposent huit jours et sont saignés à nouveau; ce procédé est plus économique, à la seule condition d éliminer les chexaux qui ne donnent pas du bon sérum.

propriétés du sérum antidiphtérique.

Accidents survenant pendant la vaccination. — En général, on ne note pas, au cours des vaccinations antidiphtériques, de phénomènes d’hypersensibilité (syndromes de Behring); cependant nous en avons observé deux cas chez deux chevaux parfaitement immunisés qui d’habitude recevaient de la toxine dans les veines; depuis plus de trois mois, ces chevaux n’avaient pas reçu de toxine sous la peau; nous leur inoculâmes en une fois 200 centimètres cubes sous la peau et aussitôt un fort œdème se forma, les chevaux tombèrent presque immédiatement, mais après un quart d’heure ils purent se relever ; ceci se passait en octobre 1894. Nous n eûmes pas alors l’explication de ce fait que nous n’hésitons pas à attribuer aujourd’hui à l’hypersensibilité.

11 est plus fréquent de voir des chevaux bien immunisés mourir d’accidents paralytiques et par conséquent d'intoxication diphtérique, huit ou quinze jours ou même trois semaines après la deiniète

injection de toxine. . (

On remarque, dans ce cas, que l’animal maigrit; bienlotapiès, il vacille sur les jambes de derrière, son train postérieur est paralysé, et, après quelques heures, le cheval tombe et meurt.

Page 1