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CONCENTRATION DES SÉRUMS

Ils y arrivent en choisissant parmi les chevaux ceux qui donnent des sérums très actifs.

On a cherché aussi à concentrer les sérums et différents procédés .ont été indiqués.

Congélation. — 11 en est un très simple qui consiste a congeler le sérum. Si on le laisse ensuite dégeler, on voit que le premier tiers qui se liquéfie contient plus du double d’unités que le sérum primitif; le deuxième tiers a quelques unités de plus que le sérum primitif ; le troisième tiers a perdu à peu près toute sa valeur ; mais, si 1 on étudie de près le phénomène, on voit que, par celte méthode, on a ramené toute la substance albuminoïde dans la première partie et on a concentré les substances toxiques comme les substances actives; il n’y a pas eu concentration de l'antitoxine ; ce procédé ne

peut donc entrer dans la pratique.

Une bonne concentration doit diminuer les substances albuminoïdes et augmenter les propriétés du sérum pour un même volume de liquide. Une des meilleures méthodes est celle de Gibson que Tendron a bien voulu nous résumer, tout en nous donnant les résultats de quelques expériences faites d’après ce procédé.

Procédé de Gibson. — Principe de la méthode. — Chercher à se debarrasser le plus possible de l'albumine en conservant l'antitoxine.

Si l’on ajoute à du sérum un volume égal de solution saturée de sulfate d’ammoniaque, on précipite toute la globuline et on laisse la sérine en solution ; mais l’antitoxine est entraînée par le précipité, donc première élimination d'albumine.

Si maintenant on traite ce précipité par une solution saturée de chlorure de sodium, de façon à n’en dissoudre qu une partie, qui renferme l’antitoxine, d’où seconde élimination d'albumine inactive et concentration de l'antitoxine sur une petite quantité de globuline qu’il est facile ensuite d’isoler et de purifier.

Mode opératoire. — Le sérum est précipité par addition graduelle d'un égal volume de solution saturée de sultate d’ammoniaque. Après une ou deux heures de repos, le précipité est recueilli sur un filtre et redissous dans un volume d’eau égal au volume primitii du sérum. Cette solution est de nouveau précipitée par un volume égal do solution de sulfate d’ammoniaque saturée.

Le précipité est traité par un volume de solution saturée de chlorure de sodium égal au double du volume de sérum dont on était parti ; on laisse déposer jusqu’au lendemain, on décante et on filtre le liquide.

Ce liquide est précipité par addition d’un demi-volume de solution saturée de sulfate d’ammoniaque, ou mieux par une quantité d’acide acétique égale à 0,2b p. 100.

168 LOUIS MARTIN. — SÉROTHÉRAPIE ANTIDIPHTÉRIQUE.

Ce précipité est recueilli sur un filtre, et essoré par compression entre des feuilles de papier buvard ; lorsqu’il est facile à détacher, on le place dans un dialyseur et on dialyse une nuit dans l’eau courante. On neutralise alors (si l’on a précipité par l'acide acétique, et la solution est filtrée à la bougie après addition de-0,25 à 0,50 p. 100 de chlorure de sodium.

La perte d’antitoxine serait d’environ 14 p. 100 seulement.

Les essais de concentration que nous avons faits en nous conformant au mode opératoire ci-dessus nous ont donné les résultat' suivants :

Première expérience. — 500 centimètres cubes de sérum antidiphtérique contenant 300 unités par centimètre cube ont donné 75 centimètres cubes d’un liquide titrant 1200 unités par centimètre cube.

Deuxième expérience. — 950 centimètres cubes d'un sérum à 800 unités ont donné 275 centimètres cubes d’un sérum à 2 500 unités.

Soit une concentration de 2,5 à 3 fois.

Action des différents agents sur l’antitoxine. — Comme on ne peut pas avoir l’antitoxine à l’état de pureté, nous étudierons surtout l’action des agents physiques et chimiques sur le sérum qui contient l’antitoxine.

Lorsqu'on laisse un flacon de sérum vieillir au contact de l'qir et de la lumière, dans une chambre dont la température est voisine de 15°, on voit que bientôt le sérum se trouble et qu'il se forme un précipité dû à des sels, à des substances grasses et à des matières albuminoïdes ; dès lors, le sérum devient trouble quand on l'agite.

Si, au contraire, on conserve le sérum dans un endroit frais, à l’abri de l’air et de la lumière, le sérum reste clair, et ce n’est que très tardivement qu’il se trouble.

Lorqu’on examine des sérums déjà anciens et troubles, on voit que leurs propriétés ont légèrement diminué, mais qu’elles persistent dans de notables proportions ; après cinq ans de vieillissement, on note à peine 1/10 de perte. Si le sérum n’était pas trouble, il pourrait encore être employé, car il a gardé toute son efficacité.

La chaleur, en modifiant la constitution des sérums, altère l'antitoxine ; ces altérations sont déjà marquées à 58°, à 60°; les sérums louchissent et perdent une grande partie de leurs propriétés.

Les agents chimiques qui coagulent l'albumine altèrent les sérums ; car tout précipité entraîne l’antitoxine.

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