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ACTION DU SÉRUM SUR LES GLOBULES ROUGES

Action sur les globules blancs. — En général, on constate que la diphtérie s’accompagne d'hyperleucocytose ; dans ce cas, le sérum occasionne de l’hypoleucocytose. Dans quelques cas graves, Bize et Paris onL vu de l'hypoleucocytose et le sérum cause de 1 hypeileucocylose. Dans les diphtéries bénignes, il n’y a pas de changement et le sérum n’en provoque pas ; les effets du sérum peuvent se résumer ainsi : le sérum ramène les leucocytes à leur chiffre normal.

Quant aux modifications produites dans les diverses variéLés de leucocytes, Besredka signale que les enfants diphtériques en voie de guérison ont, durant douze à quinze jours, une polynucléose, tandis que celle-ci ne se produit pas chez les enfants qui, malgré le sérum, ne doiventpas guérir.

Paris signale un fait intéressant: chez tous les enfants qu il a examinés, les polynucléaires éosinophiles avaient diminué de nombre ou même avaient disparu : leur réapparition ou leur augmentation coïncide avec le début de la guérison, et, dans deux cas graves, au moment où se produisait l’amélioration, on vit une véritable éosinophilie (6 et 8 p. 100) qui persista quarante-huit heuies.

Dans les cas graves, on remarque dans le sang des myélocytes en proportion minime, 0,4 p. 100, et assez souvent des cellules de Tùrk.

Dans la convalescence, la leucocyfose reste sensiblement normale : dans quelques cas cependant et en particulier dans certaines formes de diphtérie toxiques, après une diminution, le nombre des leucocytes augmente d’une façon notable fl G à 20000). Lorsque surviennent des accidents sériques, il y a une hyperleucocytose passagère.

Action sur les globules rouges. — Nombre. — Dans les diphtéries non traitées, il y a, en général, diminution du nombre des globules rouges (4 000 000 à 4500 000). Après le sérum, il existe souvent une hypoglobulie dans les heures qui suivent 1 injection ; mais delà dix-huitième à la vingt-quatrième heure, il y a augmentation des globules, quand le malade doit guérir, tandis que le nombre des globules reste stationnaire ou même diminué dans les cas graves.

Au moment où les malades vont quitter 1 hôpital, ceux qui ont été les moins gravement atteints ont, en général, de l’hyperglobulie et dans les cas graves, de l’hypoglobulie.

Hémoglobine. — Le pourcentage de l’hémoglobine tombe avec le nombre des globules rouges et au même degré relatif ; mais la régénération de l’hémoglobine se fait plus lentement que celle des globules rouges.

Résistance globulaire. — Chez les enfants diphtériques n’ayant pas reçu de sérum, il existe une augmentation de Ri (résistance minima, solution où commence la destruction globulaire) et une

188 LOUIS MARTIN. — SÉROTHÉRAPIE ANTIDIPHTÉRIQUE.

diminution légère de R., (sol ul ion où le sang par ait laqué), ce qui peut s exprimer en disant qu il y a diminution de l’étendue de résistance.

Après 1 injection de sérum, si l’on examine le sang presque immédictement, on voit que Ri, diminue, tandis que R, ne se modifie pas. Si 1 on lait 1 examen dix-huit ou vingt-quatre heures après l’injection de sérum, Rj augmente ou reste normal, R2 reste ce qu’il était.

Durant la convalescence, Ri demeure augmenté et R» reste normal.

Action sur le sérum. — En plus des modifications globulaires que nous venons d’étudier, le sérum antidiphtérique provoque dans le sérum des malades des modifications que l’on a pu préciser. On peut d’abord déceler le sérum de cheval qui existe à l’état de forte dilution dans le sérum de l’individu s’il a reçu du sérum antidiphtérique. Enfin, dans certains cas, on constate dans le sang des malades 1 apparition de précipitines : pour la technique de ces recherches, nous renvoyons le lecteur à la thèse de Lemaire (f) qui a très bien étudié la question et présenté un résumé des travaux de von Pirquet, Ascoli, Linossier et Lemoine, Marfan, Rovère et Le Plav.

Modifications produites dans les urines par Ja sérothérapie. — Les urines sont généralement peu abondantes dans la diphtérie, et, lorsque la maladie est grave et doit se terminer par la mort malgré le sérum, l’oligurie persiste ; nous avons déjà indiqué que, dans les diphtéries très graves, le malade peut mourir de néphrite avec anurie.

Dans les diphtéries moyennes ou bénignes, avec l'amélioration générale, la quantité d’urine tend à se rapprocher de la normale.

Réaction. — L’urine reste généralement acide. René Petit dit toutefois l’avoir vue passagèrement neutre après l’inoculation.

Densité. — Les variations sont peu sensibles dans les cas bénins: dans les cas graves, elle augmente, pour se rapprocher de la normale quand l’état s'améliore ; dans ces variations de densité, il faut toujours tenir compte de la quantité d’urine émise.

Chlorures, phosphates et urée. — Poix, qui a étudié leurs variations, conclut : que les chlorures, augmentés par l’infection diphtérique, diminuent après le sérum, que les phosphates subissent un léger accroissement après l’injection, et que l’augmentation de l’urée est constante après la sérothérapie.

D’après Heckel, il y à toujours peptonurie et Le Gendre signale de Yurobilinurie.

Albuminurie. — Le fait le plus intéressant à étudier est l'influence du sérum sur l’albuminurie.

(1) Lemaire, Thèse de Paris, 1907.

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