VIII. — SÉROTHÉRAPIE PRÉVENTIVE
Dès les débuts de la sérothérapie, on s’est servi des injections de sérum antidiphtérique pour immuniser les enfants qui étaient re<;upar erreur au pavillon de la diphtérie, Déjà même, à l'ancien hôpital Trousseau, plusieurs enfants, frères et sœurs de malades, recevaient en 1894 des injections préventives de 10 centimètres cubes de sérum antidiphtérique, et les injections préventives auraient conquis droit de cité en même temps que le sérum curatif sans la publication de plusieurs cas de mort attribués au sérum. Depuis, on a reconnu que les cas publiés pouvaient être discutés, qu’ils n’avaient rien d'absolument probant, et les injections préventives de sérum ont été préconisées par la Société de pédiatrie, et Seveslre, à l'Académie de médecine, a précisé leur mode d’emploi et leurs indications. On trouvera tous les détails historiques dans le rapport présenté au Congrès d’hygiène de 1903, à Bruxelles, par Netter.
Voici les propositions qui ont été votées le 28 avril 1902 par l'Académie de médecine :
1° Les injections préventives de sérum, à la dose de 3 ou au plus de 10 centimètres cubes, ont une action manifeste ; elles produisent l’immunisation chez les enfants exposés à contracter la diphtérie. Elles n’ont jamais donné lieu à des accidents sérieux et produisent tout au plus, dans un certain nombre de cas, des éruptions passagères, plus rarement encore quelques douleurs articulaires. Malheureusement la période d’immunisation n’a qu’une durée peu prolongée, trois ou quatre semaines au plus. Dans des cas rares, malgré l'injection, la diphtérie est survenue; elle était particulièrement bénigne:
2° Les injections de sérum sont particulièrement indiquées dans les familles où s’est développé un cas de diphtérie, pour préserver de la contagion les autres enfants ;
3° L,es injections préventives sont également indiquées pour les enfants appartenant à une agglomération (école, crèche, salle d’hôpital) dans laquelle a été signalé un cas de diphtérie ;
4» Même en l'absence d’un cas de diphtérie constatée, elles peuvent être indiquées dans certaines conditions spéciales (services de rougeole, de scarlatine). Toutefois, pour la rougeole, l'action préventive paraît moins certaine, les doses de sérum doivent être plus fortes et plus souvent répétées ;
5° La pratique des injections préventives ne dispense nullement