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INJECTIONS PRÉVENTIVES SUIVANT L’AGE

des autres mesures prophylactiques : désinfection et isolement, mais elle les rend à la fois plus faciles et plus efficaces.

Injections préventives suivant l'âge. — Nous n’avons Pas beaucoup à ajouter aux instructions de l'Académie de médecine. Nous dirons cependant que la sérothérapie préventive est surtou utile aux enfants et particulièrement aux trèsjeunes enlants. On peut sans inconvénient injecter b centimètres cubes à des nouveau-nés.

Ce serait une grande faute de ne pas injecter des enfants de moins de deux ans, qui sont dans des milieux contaminés ; car, si ces enfants viennent à contracter la diphtérie, très rapidement ils ont du croup et de la bronchopneumonie, et leur guérison est très difficile à obtenir; on leur donnera 10 centimètres cubes.

Pour les enfants de deux à quinze ans, on donnera 10 centimètres

LUpour les adultes, la même dose est généralement suffisante. Nous conseillons toutefois de ne pas abuser pour eux des injections préventives, car les accidents sériques sont souvent sérieux ; on peut éviter dans bien des cas l’injection préventive, en surveillant les malades et en faisant l’examen bactériologique.

Pour plus de précision, entrons dans quelques détails. U existe dans une famille un cas de diphtérie bénigne qui a été isolé dès le début de la maladie ; il y a des enfants au-dessous de cinq ans et d’autres au-dessus de cinq ans. Que faut-il faire ? En pareil cas, nous injecterons préventivement tous les enfants de moins de cinq ans, et nous surveillerons matin et soir la gorge des enfants plus âgés et des adultes.

Voici, au contraire, un autre exemple où nous avons injecté petits et grands : une mère contracte la diphtérie loin de tout centre médical et pendant trois jours vit avec ses enfants sans prendre aucune précaution, car elle croyait avoir une simple angine. Comme il n’y avait eu aucun isolement, que le médecin le plus rapproché était à 12 kilomètres, nous avons injecté du sérum à toute la famille.

Lorsque la diphtérie revêt un caractère de malignité particulière et aussi en temps d’épidémie, on pourra user des injections pu;ventives largement, inoculer tous les enfants de moins de quinze ans, et les adultes. En résumé, le médecin ne doit pas adopter une règle absolue ; il ne doit pas y avoir des partisans absolus de 1 injection préventive ou des médecins qui la rejettent. Lebon praticien, pour mériter la confiance des tamilles, doit raisonnei suivant les cas, suivant le moment ; car, s il laut éviter la diphtérie, il faut aussi ne pas aller au-devant des accidents sériques lorsqu on peut éviter et la diphtérie et les accidents.

200 LOUIS MARTIN. — SÉROTHÉRAPIE ANTIDIPHTÉRIQUE.

Dans un exemple qui nous est personnel, nous nous sommes servi du diagnostic bactériologique pour éviter la propagation de la diphtérie. Voici les faits.

lin 1903, aux environs de Pâques, nous recevons à l'hôpital Pâleur un jeune homme qui, alleint d’une angine diphtérique tré* grave, succombe rapidement. 11 était employé dans une grande maison de commerce où les employés sont nourris et logés. Deux jours après, le voisin de lit du malade entre à l’hôpital avec une diphtérie sérieuse dont il guérit.

Nous croyons de notre devoir de prévenir aussitôt le médecin traitant et nous lui proposons d’examiner la gorge et d’ensemencer les mucus amygdaliens de tous les jeunes gens qui ont été en contact avec nos deux malades. Ces'jeunes gens étaient en pleine période oe travail ; il était difficile de proposer une injection préventive qui aurait pu, en raison des accidents sériques possibles, les rendre indisponibles un ou deux jours.

Nous avons donc examiné tous ces suspects et nous n’avons pas trouvé d’exsudats. Quelques-uns avaient seulement la gorge un peu rouge ; tous ont été ensemencés. Sur soixante environ, un seul donna une culture positive ; le tube de sérum était recouvert de nombreuses colonies typiques d’un bacille ayant tous les caractères du diphtérique. Quatre autres sujets fournissent une ou deux colonies, d’un bacille court et gros.

Nous fîmes venir immédiatement le jeune homme aux nombreuses colonies et nous trouvâmes que, sans présenter de fausses membranes, il avait une gorge très rouge, les amygdales un peu grosses, un début d’adénopathie et de la fièvre.

Ce malade fut hospitalisé et injecté avec du sérum antidiphtérique : fait très intéressant, c’était le deuxième voisin de lit du malade qui avait succombé.

Il guérit rapidement ; mais il était bien en puissance de diphtérie, contagieux par conséquent, car ses bacilles, étudiés expérimentalement, tuèrent le cobaye en trente-six heures avec toutes les lésions qui caractérisent l’intoxication diphtérique.

Prophylaxie dans les écoles. — L’exemple que nous venons de citer peut s’appliquer à la prophylaxie des agglomérations comme les casernes, les collèges, où les enfants sont déjà âgés ; mais nous ne la conseillons pas pour les écoles où les enfants sont plus jeunes. Ici, nous pensons que le mieux est d’employer l’injection préventive de tous les élèves, elles médecinsqui ont suivi cette pratique en ont obtenu de bons résultats. A propos de la prophylaxie de la diphtérie dans les écoles, nous ne saurions Iropproteslerconlre le licenciement

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