PRÉVENTION 1)U TÉTANOS CHEZ L’HOMME
Si aux chiffres de Nocard el de Labat on ajoute ceux de notre statistique, on voit que sur 16917 animaux traités préventivement, un cheval a présenté des symptômes tétaniques! 11 serait difficile de fournir une preuve plus convaincante de l’efficacite du sérum. Son action préservatrice s’applique aussi bien aux interventions clnrurmcales qu’aux traumatismes accidentels, et ces derniers cas, dont le nombre est aujourd’hui considérable, sont particulièrement suggestifs: ils démontrent toute l’étendue des services que l’on doit attendre du sérum puisque, intervenant plusieurs jours apres le traumatisme infectant, il empêche le développement du tétanos avec une constance qui ne paraît pas se démentii .
En vérité, la sérothérapie préventive représente une des conquêtes les plus heureuses de la médecine vétérinaire; on peut mesurer, en quelque sorte, la confiance qu’elle inspire à la progression continue des doses de sérum annuellement délivrées aux praticiens qui, de 1 300 en 1896 ont passé à 87 26'* en 1906.
La technique de l’inoculation est simple : « On injecte sous la peau de l’encolure 10 centimètres cubes de sérum liquide pour le cheval et les bovidés adultes, 3 à 5 centimètres cubes pour le mouton, la chèvre et le porc. 11 est indiqué, en général, de pratiquer deux injections successives à dix ou douze jours d’intervalle. Chez les animaux porteurs de plaies persistantes, exposées à des infections renouvelées par le sol ou les fumiers, il est prudent de faire une troisième et même une quatrième injection. L’emploi préventif du sérum ne dispense pas du traitement des plaies. Les surfaces souillées sont l’objet d’un nettoyage aseptique rigoureux. Les corps étrangers sont enlevés avec soin ; leur séjour dans les tissus pourrait provoquer une infection tardive, après la disparition de l’immunité passagère conférée par le sérum » (1).