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L. VAILLARD. — SÉROTHÉRAPIE ANTITÉTANIQUE

animaux peuvent être préservés par l’injection de ce sérum. Les mêmes- effets se produiront chez l’homme. Pourquoi le médecin appelé à soigner une plaie contuse souillée de terre, ou ces traumatismes des extrémités que l’on sait particulièrement favorables à 1 infection tétanique, n injecterait-il pas de l’antitoxine à titre préventif? De petites doses suffisent à prévenir; de grandes doses ne guérissent pas les formes graves. Cette pratique mériterait d'être appliquée à la chirurgie journalière ; si elle se généralisait, assurément bien du sérum serait employé inutilement, mais assurément un certain nombre de blessés lui devraient la vie. Dès ce moment, quelques chirurgiens, comme Guinard, appliquèrent systématiquement le sérum dans des cas de plaies suspectes; mais c’est surtout la communication de Nocard ( 1 895) sur les premiers résultats obtenus en vétérinaire qui excita les médecins à marcher dans cette voie. En 1896, Bazy (1) porte la question devant la Société de chirurgie. Après avoir observé 4 cas de tétanos au cours d’une seule année dans son service de Bicètre, Bazy résolut d’appliquer l’injection préventive de sérum (10 centimètres cubes) à tous les traumatismes avec plaie, et depuis lors il cessait de voir le tétanos se produire, bien que leblessures en cause fussent de celles qui en fournissent le plus. La méthode apparut rationnelle et devint bientôt d’un usage très répandu dans tous les grands services de chirurgie, en France et à l’étranger. Au Congrès de chirurgie de 1902, J. L.Championnière, Bazy, Schwartz, Guinard, Maunoury, Vallas, Keboul déclaraient avoir fait disparaître le tétanos de leur pratique en soumettant systématiquement aux injections préventives de sérum tous les sujets porteurs de plaies suspectes. Et Vallas (2) traduisait bien l’impression générale lorsqu'il terminait une parLie de son rapport sur le tétanos par la conclusion suivante : « Un fait indubitable se dégage: c’est la prévention possible de cette redoutable maladie. La sérothérapie préventive possède une action certaine. Le traitement préventif est formellement indiqué dès qu’on se trouve en présence d’une plaie suspecte. L’abstention, en pareil cas, est une faute. » — « Dès que l’indication est posée, il faut faire une injection de 10 centimètres cubes le premier jour, une seconde injection le troisième jour, et enfin une troisième le dixième jour. Si la plaie létanigène persiste plus longtemps, surtout s’il existe des complications locales qui, par des associations microbiennes, favorisent la végétation du bacille tétanique, il sera prudent de renouveler l’injection préventive tous les quinze jours. »

Kr afft (de Lausanne) porta de nouveau la question devant le Congrès

(1) Hazy, De In sérothérapie dans le tétanos (Soc. rie Chir., 1 S06. p. (S6).

(2) Vallas, Traitement du tétanos ( Congres français de chirurgie. 1902).

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