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WASSERMANN ET LEBER. — MÉNINGITE ÉPIDÉMIQUE

cuUures,on se serlloujoui'S de jeunes cultures (1(î vingt-qualre heures qu'on émulsioune dans de l'eau pUysiologi(iue. Lepremier Iraitemenl se l'ail avec demi-culture chauffée une demi-heure ù 60» qu'on injecle sub-cutanément.

La fois suivante, on applique une cullurc entière de bactéries luées, et, si celle-ci a été bien supportée, on commence avec les cultures vivantes, d'abord une demie, puis une entière. Enfin on remplace les injections sous-cutanées par des injections intraveineuses en commençant de nouveau par une demi-culture, pour monter consécutivement k deu^-, trois ou même quatre cultures entières. U va sans dire que, pour le cheval polyvalent, on mélange les différentes cultures et qu'on injecte de ce mélange une quantité proportionnelle.

Pour les exlraits à appliquer au troisième cheval, nous nous servons de cultures fraîches sur boîtes de Roux, que nous délayons avec 22 centimètres cubes d'eau distillée stérile. Cet extrait est agité pendant quarante-huit heures, puis additionné de 0,5 p. 100 d'acide phénique, et centrifugé. On détermine la dose mortelle de ce liquide hyaUn, sur des cobayes de 150 grammes, auxquels on injecle dans le péritoine 1,0, 0,5, 0,3, 0,2, 0,i centimètre cube. Pour le traitement, on commence par injecter sous la peau du cheval la dose dix fois mortelle du cobaye. Gomme, avec ce traitement, le danger de l'anaphylaxie est assez grand, c'est seulement après un long traitement sous-cutané qu'on peut se résoudre à injecter la toxine dans les veines.

Les intervalles pour les différentes injections se détermnient uniquement d'après la courbe de la température. Dès qu'elle a baissé, on injecte la dose suivante, pour attendre ensuite une dizaine de jours avant de saigner l'animal. Mais rien n'empêche de répeler l'injection une troisième fois, et nous avons même constaté à plusieurs reprises qu'en procédant ainsi le pouvoir thérapeutique du sérum se trouve renforcé.

Mensuration et titrage du sérum. - Avant de se servir dun sérum, il est absolument nécessaire d'en connaître la valeur. Dans ce but nous suivons deux procédés. , n i . i

En premier lieu, nous déterminons, par la méthode de Bordel et Gengou, la quantité des substances sensibilisatrices, tout en elanl persuadés que ce n'est pas là la inétliodo idéale.

Mais à défaut d'un animal susceptible, cette méthode nous a rendu 'un service utile et des ré.sultals satisfaisants, parallèles a l'intensité du traitement préalable. I

En second lieu, l'expérience sur le cobaye nous sert pour le mcsu- | rage du sérum anli^endotoxique du troisième cheval. Gelui-ci peut

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servir, si 1 centimètre cube de sérum neutralise deux doses léthales de la toxine.

Effets thérapeutiques du sérum spécifique. — Les premiers résultats obtenus par le sérum, qu'on avait fait injecter de prime abord sub-cutanément, ne furent guère encourageants, parce que l'influence salutaire manquait de se produire avec régularité. Mais, dès qu'on cbangea le mode d'injection et que, par des injections inlraspinales, on lit agir le sérum au lieu môme du foyer, on put se persuader bien vite de la haute efficacité de ce traitement (Jochmann).

Ces résultats ont été amplement confirmés depuis lors et surtout par les expériences faites pendant l'épidémie la plus récente dans la Province Rhénane et la Westphalie, publiées par E. Lévy, auxquelles nous nous tiendrons pour ce qui suit.

11 est, naturellement, de la plus haute importance que le traitement spécifique commence au plus tôt, si possible- le jour même du premier malaise ; ensuite il est de rigueur de poursuivre les injections d'une façon régulière, d'après les données que fournit la courbe de la température. A ces conditions, l'effet est stupéfiant, et là, où auparavant on était accoutumé de voir des cas tournant à mal, en dépit des plus grands soins, on a de la peine à croire que c'est la même maladie, puisque, sous l'influence du sérum, elle guérit souvent en peu de jours.

Tandis que la mortalité parmi les méningitiques sans traitement spécifique de la Province Rhénane s'élevait à 78-80 p. 100, celle des malades, traités suivant la règle, avec de fortes doses de sérum, ne comportait que 12 à 15 p. 100.

La différence est énorme; mais elle s'explique par les faits qu'on observe au.\ lits des malades, où, souvent, la première dose du sérum est suivie instantanément d'un fort abaissement de la température. En même temps, l'état généi'al s'améliore et les différents symptômes perdent de leur gravité. Aussi, dans la suite, l'influence salutaire du sérum est évidente : les complications sont amoindries, les vomissements moins fréquents, les troubles de l'appareil digestif plus rares. En somme, la durée de la maladie se trouve abrégée et elle-même a perdu son caractère funeste.

Etant donnée la diversité des symptômes, il faut s'attendre à ce que l'influence du sérum s'o.xerce aussi d'une façon diverse dans les différents cas. En général, comme Lévy (à ([ui nous empruntons les courbes des fig. 21 à 23) l'a fait remarquer, on peut observer trois types assez caractéristiques.

Dans In premier type, on observe que l'injection intraspinale de sérum est suivie presque immédiatement d'un abaissement de la tem-

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pél'atui-e. Celle-ci peut remonter, pour reLomber après une seconde injection du sérum, et arriver par échelons à lanoi-male. Siniulta-

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Fig. 21. — Ed'els des injections de sérum aiiliinéningococcicjuc sur la lempéralure (type n« 1).

nément, l'état général s'améliore, et, seule, la raideur de la nucjue ne disparaît qu'au bout de plusieurs jours (Og. 21).

Dans les cas du second type, la fièvre persiste, Lien que les autres symptômes s'améliorent d'une façon remarquable. Les maux de tète

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Fig. 22. — Efl'cts des injections de sérum anliméningococc!quc sur la tompéralure (type n" 2).

et de la nuque diminuent et, ce qui est un bon signe, l'alimentation devient facile et régulière.

Toutefois le danger d'une récidive persiste aussi longtemps (|uela i-aidcur de la nu(]uc et l'élévation de la température n'ont pas complètement disparu (lig. 22).

THÉRAPEUTIQUE

Le troisième type enfin semble, à première vue, ne pas être influencé par les injections du sérum. L'amélioration commence quelque temps après la dernière injection, dont l'influence salu-

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Fig. 23. — Effets des iiijeclions de sérum ;mliiiiéiiiiigococc;que sur la teiii])érature (type n" 3).

taire se démontre uniquement par les données de la statistique (fig.23).

Comme tout sérum, celui-ci cause également quelquefois des elTets secondaires, qui sont de nature passagère et sans importance, tels que des exanthèmes et des douleurs articulaires. Rarement, il se présente, à la suite des injections, des vomissements, des frissons ou des absences, qu'il faut considérer comme une anaphylaxie, produite par les injections antérieures.

Mode d'emploi et dosage. — Les injections de sérum sont faites d'après la technique usuelle des ponctions lombaires, après une injection préalable de morphine. Exceptionnellement, on peut y procéder pendant que le malade est couché; mais il est préférable qu'il soit assis. On laisse écouler par la canule autant de liquide qu'on veut injecter de sérum, ou, si possible un peu plus, pour que la pression dans le canal spinal soit abaissée sensiblement. On injecte, immédiatement et par la môme canule, le sérum, chaufifé à 35-40°. Si la manipulation cause des douleurs, on attend un instant : après quoi, on peut continuer sans difficultés. Après l'opération, on hausse le bassin du malade pour faciliter la diffusion du sérum.

Uuant aux doses, il faut injecter aux enfants au-dessous d'un an lOcentimèti'es cubes, aux enfants au-dessus d'un an et aux adultes, dont l'infection n'est pas grave, 20 centimètres cubes ; aux adultes gravement atteints 30 centimètres cubes. Si les symptômes s'amé-

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