WASSERMANN ET LEBER. — MÉNINGITE ÉPIDÉMIQUE
amygdales, lil (|ui porle à son bout recoiifl)é un lain])ou d'oiiule ' (lig. 20) qu'on lail, avancer jusiiuc, dans le i)liai-yn.\, (iu contournaid le voile du palais.
Des examens très étendus i'ails parmi l'entourage des malades de méningite ont révélé un fuit très important pour l'épidémiologie de
Fig. 20. — Fil (le platine pour ensemem emcnt de la cavil(; nasale.
cette malâdie. Albrecht et Ghon avaient déjà trouvé le diplocoque à l'occasion d'une épidémie de méningite sur la muqueuse nasale d'un individu tout à fait sain. Ce fait s'est conlirmé dans de nombreu,\ autres cas et fut considéré conime preuve que l'inlection se produisait surtout par le nez. De fait, le méningocoquese trouve ^égulièrement parmi l'entourage des malades méningiliques et s'y propage à un tel point, qu'il n'est pas rare que, pour un malade, on puisse compter soixante individus sains porteurs de coques.
Par conséquent une des conditions essentielles à observer dans la lutte rigoureuse contre la méningite, c'est de faire les examens bactériologiques de la plupart des personnes de l'entourage des malades, puisqu'il faut admettre que c'est précisément par ces individus a])paremriient sains porteurs de coques que l'épidémie se propage. Malheureusement, il n'est guère possible d'isoler ces personnes, ce qui serait le seul moyen efficace pour arrêter le développement de l'épidémie.
Anatomie pathologique.
Comme le nom l'indique, les altérations anatomiques se trouvent surtout dans les méninges, qui paraissent, sur toute leur étendue, hyperémisées et sans reflets. L'espace subarachnoïdien se trouve rempli d'un liquide séreux ou purulent, souvent mêlé de flocons tibrineux, qui peut s'étendre jusqu'au bulbe et même dans le canal rachidien.
Des recherches, faites par Westenhoffer dans le but de trouver le lieu de l'inflammation primitive, ont l'ait constater que c'est en général la région de l'entrecroisement des nerfs optiques, la partie au-dessus de l'hypophyse et celle en dessous du tubercule cendré, qui doivent être considérées comme lieux d'oi igine de la
ANA'i'OMlE PATHOLOGIQUE,
méningite. C'est dans ces environs que le méningocoquc se localise et qu'il se développe pour se répandre ensuite, en avant sur les nerfs optiques, laléraleuient sur les fosses sylviennes et la face inférieure des lol)es temporaux, en arrière sur l'isthme et le bulbe rachidien et eniin même sur la moelle épiniére. Un fait digne de remarque, c'est ((ue, dans les cas aigus, on ne trouve guère d'inflammation ou de pus aux alentours des bulbes olfactifs, au-dessus de l'os etbmoïde et à la surface inférieure des lobes frontaux.
Les parties do la dure-mère, qui, en passant du cerveau sur les nerfs, servent de couverture à ceux-ci, facilitent le passage de l'inllammation sur le tissu du nerf. De fait, les méninges des nerfs révèlent les mômes altéi-ations que celles du cerveau, avec la seule particularité que l'inflammation s'arrête souvent là où le nerf traverse la capsule osseuse. Néanmoins, il n'est pas rare que le processus continue et se propage entre les fibres nerveuses.
Ainsi la propagation à un des nerfs moteurs de l'œil peut causer un phlegmon de l'orbite ou une panophtalmie purulente.
Dans le tissu même de l'encéphale, on trouve principalement des iiémorragies et des lésions locales. Les ventricules se remplissent d'exsudat purulent qui, dans les cas subaigus, change de caractère [lour donner lieu à une hydrocéphalie interne.
Les voies respiratoires supérieures qui, très vraisemblablement, doivent être considérées comme portes d'entrée, présentent toujours une inflammation générale de la muqueuse, se propageant du pharynx au nez; une forte hyi^ertrophie et hyperémie de l'amygdale du pharynx et un gonflement de la trompe d'Eustache. Le plus souvent, c'est une simple infiammation, caractérisée par l'hypersécrétion et l'hyperémie, mais ne produisant que rarement des bourbillons. Toutefois les vaisseaux lymphatiques paraissent gonflés et gorgés de lymphocytes, à tel point c|u'on trouve de ces amas cellulaires encore dans la paroi musculaire du pharynx.
Parmi les cavités voisines, c'est surtout l'oreille qui participe à l'afTection, et, comme WestenhofTer l'affirme, ])ar une propagation directe des microbes à travers la trompe d'Eustache. C'est précisément cette otite moyenne qui est souvent cause de la surdité : à ce qu'il paraît, il existe des endémies méningitiques, dontle symptôme principal est précisément cette afl'ection de l'ouïe.
En dehors de ces symptômes, l'organisme ne présente guère d'autres anomalies que celles que nous sommes habitués de voir presque toujours dans les autres maladies infectieuses.
Médic, microbiens.
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Symptomatologie clinique.
Poiii" ce qui regarde le lableau clinique de la méningite, nous ne pouvons en donner à cette place qu'une courte esquisse, d'autant plus, que le chapitre suivant, consacré plus spécialement à la sérotiiérapie, nous fournira l'occasion de revenir sur certains poinis. La méningite attaque surtout la jeunesse, les conscrits, les domestiques et, très souvent, des individus vivant nombreux ensemble, tels que les ouvriers mineurs. En ce qui concerne la disposition et les voies d'entrée du méningocoque, il faut tenir compte surtout de l'état lymphatique, que présentent la plupart des individus atteints de l'épidémie, chez lesquels, le plus souvent, on a observé une inflammation générale des voies respiratoires supérieures. Commecette inflammation ne montre guère de prédilection particulière pour une seule et même partie de cette région, on admet à présent que le méningocoque peut entrer dans l'organisme partout où l'état de la muqueuse pharyngienne lui en procure l'occasion. Dès lors, il se propage, soit par les vaisseaux lymphatiques, soit par les vaisseaux sanguins pour se localiser le plus souvent à l'entre-croisement des nerfs optiques.
La maladie commence, le plus souvent, d'une façon aiguë, avec de la fièvre, des maux de tète et des vomissements. 11 n'est pas rare qu'avec des frissons la température s'élève brusquemment audessus de 40°. Un des premiers signes caractéristiques est la raideur de la nuque, qui empêche tous les mouvements de la tête. Bientôt, un ou deux jours après les premiers symptômes, il s'en développe un autre, non moins caractéristique, le phénomène de Kernig, qui consiste en ce que les jambes, par suite de l'hypertonie générale des muscles, se courbent, dès que le tronc se penche en avant.
En outre, on trouve des troubles de la part du système nerveux, de l'absence de connaissance, des crampes qui commencent sous la forme de convulsions cloniques et auxquelles succèdent, vers la tin, des convulsions toniques. Tous ces troubles, de même que ceux de l'œil et de l'ouïe, dépendent de la localisation et de la propagation que prend l'exsudat.
Souvent, après un ou deux jours, la maladie prend une fin brusque; mais il se peut aussi que sa marche se prolonge et prenne un caractère chronique. Dans ce cas, la lièvre est tout à fait irrégulière (febris i-emittens), de même le pouls, qui est d'ailleurs accéléré. Comme, dans cet état, les rémissions et les rechutes sont fréquentes, le pronostic est douteux, même dans les cas où, par l'abaissement de la température et par l'amélioration de l'état général, on pourrait s'attendre à une convalescence rapide et facile.
THÉRAPEUTIQUE
C'est précisément chez ces individus que les complications ne sont pas rares, surtout de la part des organes de la vue et de l'ouïe. A l'œil, on observe, outre les anomalies de la pupille, d'origine centrale, des oplilalmies et des irido-cyclites, dont la cause est sans doute une propagation du méningocoquepar les vaisseaux sanguins. Il on est de même de l'otite moyenne qui est souvent le premier ou même l'unique symptôme de la maladie.
De celte façon, il arrive que la méningite est de longue durée et qu'elle persiste pendant plusieurs semaines, pendant lesquelles se développent les complicalionsavec des suites irréparables, telles que les altérations de la vue, de l'ouïe ou de la parole, ou môme l'hydrocéphalie, qui s'explique par l'élévation de la pression cérébrale.
D'après ce que nous venons de dire, le diagnostic est facile chez les enfants un peu plus âgés et les adultes et peut être posé d'après les symptômes cliniques et l'examen bactériologique. Chez les nourrissons, qui ne présentent que rarement la raideur delà nuque et le phénomène de Kernig, l'examen bactériologique décidera la question.
En tous cas, le pronostic est douteux et la mortalité, qui varie selon les différentes épidémies, s'élève à un pourcentage de 30 à 80.
Thérapeutique.
Aussi longtemps qu'on était réduit, pour le traitement de la méningite, à de simples moyens non spécifiques, tels que la morphine et l'aspirine, les guérisons étaient très rares et la maladie constituait un des plus terribles fléaux, pour les régions qu'elle afRigeait.
Ce fait, et notamment l'expérience qu'il est possible de produire dans le sérum du cheval desagglutinines pourle méningocoque, furent le point de départ pour la recherche d'un sérum spécilique.
Nos expériences se fondant, en premier lieu, sur le sérum que nous avons obtenu d'après les données de Wassermann au service sérologique de l'Institut Royal pour l'étude des maladies infectieuses à Berim, tout ce que nous avancerons dans la suite se rapporte à ce sérum et à son effet salutaire.
Fabrication du sérum. — La méthode que nous suivons à présent pourobtenirun sérum,éminemmentantitoxique, estla suivante • ^ous traitons simultanément trois chevaux par des injections répétées, de façon que le premier ne reçoit que des microbes d'une seule Cl même race, le second reçoit coïncidemment des bactéries de plusieurs races, soit cinq à six, et le troisième cnlin est traité avec des extraits toxiques. Pour les deux premiers chevaux, traités avec des