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AUTRES PROCÉDÉS

(le poudre. Suivant Hetschet Kutschcr, lacouiplexilé des manipulations expose beaucoup aux impuretôs.

Le. procédé de Shiga et Neisscr (procédé des récepteurs libres) est très analogue au précédent : l'émulsion de bacilles typhiques est chauirée à 60», puis abandonnée à 37° pendant trois jours, et finalement filtrée. C'est le liltrat qui sert aux inoculations.

Bassenge et Maycr, sur l'inspiration de Brieger, ont utilisé des filtrats de cultures vivantes, Les cultures sur gélose d'un bacille très virulent sont émulsionnées dans l'eau distillée, soumises à l'agitation continue pendant trois jours, puis filtrées ; on obtiendi'ait ainsi un produit vaccinant sans être toxique, les substances virulentes restant lixées sur le corps bacillaire (?). On pratique une seule injection de 2 centimètres cubes de liltrat, soit les produits solubles d'un tube de culture.

Mac Fadyen et Rotuland congèlent les cultures à l'aide de l'aiiliquide; elles sont ensuite triturées, et le liquide ainsi obtenu est fdtré. Le filtrat serait immunisant.

Les procèdes de Friedberger et Moreschi, de Wassermann, de Shiga et Neisser, de Bassenge et Mayer ne demandent qu'une seule inoculation.

Réactions symptomatiques consécutives. — Dans tous les procédés étudiés, les inoculations faites chez l'homme sont suivies de réactions plus ou moins vives. Ces réactions sont locales (au point d'inoculation) ou générales ; elles ont été maintes fois assez intenses, sans jamais être dangereuses quoad vitam (1).

On peut prendre comme type le procédé de PfeitTer-KoUe, minutieusement étudié par lietsch et Kutscher, et suivi par eux dans plusieurs centaines de cas.

Localement, trois à douze heures après le début, la région inoculée (on choisit d'habitude le côté antérieur gauche de la poitrine) devient le siège d'une tuméfaction rouge, bien limitée, large comme la paume de la main, sensible à la pression, accompagnée d'adénite axillaire et sus-claviculaire, parfois de raideur de la nuque ou de douleur dans le bras ; tout disparait après trente-six ou quarante-huit heures. Une seule fois (sur 97 inoculations) la tuméfaction rouge envahit tout le côté gauche de la poitrine (2). Mêmes réactions, plus tardives, après les 2"= et 3" inoculations.

Parmi les réactions générales, la plus caractéristique est la fièvre, va-

(1) Kolle signale toulefois que, cliez Ips anciens paludéens, la vaccination anlityphiqiie peut provoquer un accès.

(i) Suivant Bassenge et Mayer, le vaccin do Pfeiffer et KoUc, conservé quelque temps, pourrait provoquer des réactions « insupportables ».

E. SACQUÉ PÉE.

VACCINAtlON ANTITYPIIIQUE.

l iai)!,. «lanss(.ninLcnsiLÔ(37"4à40o:i);eIloap|)araî(,(louxà(iualrcheurvs après I iii.jcclion, oxcepLionnolIcmonL elle csl tai'dive (après Lrontc-six heures). L'élévation thermique est le plus souvent transitoire la courbe est en clocher (fig. 24); plus rarement elle dure deux ou même trois jours,ou bien se reièveledeuxième jour (lig. 25j. Avant la fièvre le sujet se plaint souvent de frissons (une demi-heure à une heure après l'injection) avec céphalée el fatigue générale; dans 19,4 p. iOO des cas il survient des vomissements. D\iutres symptômes sont plus rares : coli([ues, diarrhée, arthralgie, dyspnée, albuminurie, éruption vésiculeuse de la langue et des lèvres. La deuxième inoculation est suivie des mêmes réactions générales, le plus souvent moins marquées; la hèvre peut cependant être élevée quand elle a été faible ou nulle la première fois.

Avec la méthode de Wright, la réaction locale serait souvent plus élendue, la fièvre plus tardive (apparaît après trois heures ou trois heures et demie) et un peu plus prolongée (quarante-huit heures).

mour

Z^Jour

3%ur

matin

soir

matin

soir

matin

Fig. 24. — Réaclion habiluelle, Fig. 23. — Réaclion plus rare,

coui-be en cloclier. fièvre prolongée.

Réaclion fébrile après vaccinalion antityphique (d'après Hetsch el Kutscher).

Au point d'inoculation, il persiste souvent pendant des semaines un nodule gros comme un pois. Chose curieuse, si le sujet vacciné prend ultérieurement la fièvre typhoïde, la région inoculée redevient douloureuse. Contre les accidents locaux l'usage interne du chlorure de calcium.

Au Transvaal, on inocula à diverses reprises par erreur des doses trop fortes, qui provoquèrent des frissons, des nausées et une tendance au coUapsus.

Wright recommande

RÉACTIONS HUMORALES.

Le procédé de Bassenge-Maycr donne des i-éacLions générales sensiblement identiques aux précédenlcs, avec des signes locaux moins accusés (Bischoll'). Inversement, les phénomènes généraux sont faibles, mais les symptômes locaux sont marqués après les inoculations do Bassenge-Himpan et de Neisser-Shiga : ce dernier procédé donne naissance à une inflammation tellement semblable à lerysipèle, ([u"un des 3 sujets inoculés dut être hospitalisé avec le diagnostic d erysipèle (Hetsch et Kutscher). La poudre de Wassermann serait le mieux supportée, en ce sens que les réactions consécutives sont très atténuées. L'inoculation intraveineuse de Friedberger et Moreschi provoque aussi de la fièvre, des frissons, etc.

Réactions humorales: Les anticorps. — Devant l'impossibilité où l'on se trouve de démontrer directement l'apparition de l'immunité, au moins chez l'homme, — le seul procédé irréfutable de démonstration étant l'inoculation d'une dose microbienne sûrement dangereuse — on a cherché à tourner la difliculté. Différents travaux, ceux de Pfeiffer et KoUe entre autres, avaient montré que le sérum des convalescents de fièvre typhoïde renferme certaines substances, des anticorps ; les mêmes substances se retrouvaient dans le sérum des animaux vaccinés. On paraissait dès lors fondé à considérer comme immunisé tout individu — ou tout animal — dont le sang renferme ces anticorps : substances bacléricicles, acjglutinines, stimuUnes, opsonines, etc.

En réalité, quoi qu'il ait été dit à ce sujet, il est hors de toute contestation que l'immunité n'est pas liée à l existencedans l'organisme des anticorps. Pour les agglutinines, par exemple, Widal et Sicard ont bien montré qu'elles existent au cours de la fièvre typhoïde humaine, alors qu'elles diminuent pour disparaître ensuite au moment de la convalescence et après la guérison, c'est-à-dire au moment où précisément l'immunité apparaît ; c'est d'ailleurs pour avoir compris que l'agglutination est une réaction d'infection (et non une réaction d'immunité) que Widal et Sicard ont pu mettre au jour le séro-diagnostic.

De même, les substances bactéricides, abondantes chez les typhiques en évolution, disparaissent, en général, chez les convalescents ; et des typhiques guéris, dont le sang était exceptionnellement bactéricide, n'en ont pas moins présenté des rechutes (Stern et Korte, Jûrgens). Les différentes propriétés spécifiques du sérum peuvent d'ailleurs être dissociées : ainsi, d'après llarrison, le vaccin chloroformé immunise très bien l'animal et développe chez lui les propriétés bactéricides, alors que les agglutinines augmentent fort peu ; Pfeiffer et Kolle ont constaté le môme fait pour leur vaccin quand il

E. SACQUÉPÉK. ~

VACCINATION ANTITYl'HIQ UJÎ

est conservé depuis f|uel(|iie l(im|)S ; iiiveisemeiit, l>(!rroiie avance ([ue l'injection de bacille tyiilii(iue relVoidi l'ait upi)araUie le jmuvoiia{^f,4utinanl, sans conlérer l'immunité.

Kn réalité, les anticoi'ps sont des témoins de rinfeclion ; cette inlection à son tour est généralement suivie de l'immunisation. C'est donc à titre indirect que l'étude des anticorps peut être utile : ils accompagnent l'infection, sans toutefois mesurer le degi'é de cette dernière ; ils permettent de prévoir, plutôt que de démonti'er, l'apparition de l'immunité. Leur recherche présente néanmoins, on le conçoit, un grand intérêt.

L'étude des anticorps (1) a été faite avec beaucoup de soin par

(1) Pour la rechorche dii pouvoir bncléricide, consuUer l'afticle de Saliml)ciu sur le choléra (même volume, page 347). Voici des notions générales concernant la recherche (lu pouvoir agglutinant et du pouvoir opsonique.

1° Aggliiliiialion. — Les travaux deWidal et Sicard ont montré que le sérum d'individus atteints de maladies diverses, possède la propriété d'agglutiner les microhes spécifiques de la maladie en cause; ainsi, le sérum des typhiques agglutine le liac. d'Eherth. L'agglutination consiste en ce douWe fait que, mis en contact avec les sérums actifs, les microhes, d'abord jiiohilcs et isolés, s'immobilisent et se réunissent en amas. — Comme procédé de recherche, on fait généralement agir le sérum sanguin, soit sur une culture de bacille typhique eu bouillon, soit (de préférence) sur une émulsion dans l'eau physiologique d'une culture sur gélose. On mélange I p. de sérum à 50, 100... etc. parties de culture ; après une demi-heure environ de contact, à la température ambiante, on examine au microscope : s'il y a agglutination, on constate l'existence d'amas, formés de bacilles agglomérés (procédé microscopique). — On peut encore (/jrocerfe m ar?'osco/J!(7we) mélanger aux mêmes proportions culture et sérum, placer le mélange en tube eflilé, et attendre quelques heures ; s'il y a agglutination, le mélange s'éclaircit, en même temps qu'il se fait au fond un dépôt granuleux. — Un dernier procédé, peu employé aujourd'hui, ne peut être utilisé que si le sérum est absolument stérile ". on ajoute 10 gouttes de sérum à un tube de bouillon, on ensemence avec du bacille typhique, on place à l'éluve pendant vingt-quatre heures ; au bout de ce temps, si le sérum est agglutinant, le bouillon est clair, les microbes sont réunis en amas floconneux au fond du tube. S'il n'y a pas agglutination, le liquide est uniformément trouble. — Le taux d'agglutination,ou index agglulinatif, c'est-à-dire la dilution la plus forte à laquelle le sérum produit encore l'agglutination, varie beaucoup suivant les malades et suivant les microbes ; il s'élève volontiers à plusieurs mille pour le bacille typhique, et ne dépasse souvent pas quelques unités pour le pneumocoque (Besançon et Griffon).

2" Opsonines. — Wright et Douglas ont conslaté que le sérum des malades, atteints de maladies infectieusjs, possède la propriété de favoriser la phagocytose des microbes spéciliques de la maladie, quand on met ces microbes en contact avec le sérum spécifique. — La technique actuelle est la suivante (Jodsskt, Bulletin médical, mai t!)07): on prépare des globules blancs, d'homme ou d'animal (en provoquant un exsudai dans le péritoine du cobaye par injection de bouillon, d'aleurone, etc. ; en centrifugeant du sang oxalaté, etc.) ; on prépare également une émulsion microbienne dans l'eau salée à 1,5 p. 100 (émulsion de cultures sur gélose) ; enfin, on a entre les mains d'une part du sérum humain normal, d'autre pai t, le sérum humain à expérimenter. — On mélange fi i)arties égales globides blancs, émulsion microbienne et sérum du malade; le mélange est i)lacé vingt minutes à 37"; au Ixnil de ce temps, on étale le mélange sur lames, on colore: les globules blancs ont absorbé dos microbes. Le coefficient phag oc glaire est le nombre de microbes englobés par leucocyte. Par exemple, si 50 polynucléaires ont absorbé 181 bacilles, le coefficient phagocytaire est

— = 3,62. — On répète la même expérience, en substituant au sérum du malade le sérum

normal (soit un mélange globules blancs -|- microbes -]- sérum normal). On obtient ainsi le

coefficient phagocytaire normal. Ce sera par exemple -77-= 3,25. — On désigne sous le nom

RÉACTIONS HUMORALES.

nombre d'auteurs : Wright, Leishman, Ilelsch cl Kutschor, Harri- SOH, etc. Ces divers travaux montrent que le pouvoir bactéricide du sérum augmente à la suite des inoculations ; mais rélévation ne se l'ait guère sentir avant le septième jour. Suivant Metscli et Kutscher, chez les sujets vaccinés par la méthode de Pfeill'er et Kollc, le pouvoir bactéricide, qui atteint au plus 1 p. 10 avant l'expéi^iencc. monte à 1 p. 100, 1 p. 300, même 1 p. 1000 au septième jour après la première injection ; il s'élève souvent à nouveau après la deuxième. Les substances bactéricides seraient beaucoup moins abondantes après l'emploi des méthodes de Basscnge et Rimpau, de Neisser et Siiiga, de Wassermann, de Wright (1 p. 10 à 1 p. 100); il faut toutefois signaler que d'autres auteurs ont donné des chiffres sensiblement différents.

Le vaccin de Bassenge et Mayer donnerait, suivant ces derniers, un pouvoir bactéricide intense, mais tardif, atteignant 1 p. 100 à 1 p. 10000 après quatre semaines; Bischoff toutefois conteste ces assertions, et réduit à 200 ou 600 le taux bactéricide.

Fi iedberger et Moreschi disent que leur inoculation iniraveineuse est aussi active en ce qui concerne la production des substances bactéricides, que l'inoculation sous la peau de doses jusqu'à 24 000 fois plus fortes.

Les wjglutinines se développent également. Hetsch et Kutscher trouvent, au septième jour, des index agglutinatifs de 100 à 1000 après la première inoculation du vaccin de Pfeiffer et Kolle ; la deuxième inoculation n'augmente généralement pas le pouvoir agglutinant. Les chiffres seraient moins élevés pour les autres méthodes essayées (20 à 200). Pour la méthode de Wright, le taux d'agglutination peut atteindre 2 000 à 4000, du vingt-deuxième au vingt-cinquième jour après l'inoculation (Leishman). Tous les auteurs sont d'ailleurs d'accoi'd pour déclarer que les divers procédés de vaccination antityphique exaltent, à des degrés variables, les propriétés agglutinantes des sérums.

Les stimulincs et les bactériolysines augmentent de même, d'après Leishman, ainsi que les opsonines, d'api-ès Ilarrison. Avec le sérum de lapin inoculé, l'épreuve des opsonines donnerait comme chiffre moyen de bacilles par leucocytes, 5 pour le vaccin stérilisé à SS" 4,4 pour le vaccin chLoi'oformé, 3,1 pour le vaccin stérilisé à OO"' au heu de 2,2 pour le sérum de lapins normaux.

Ces diverses propriétés du sérum ne persistent pas indéhniment;

A-i,ule.v.oi,sonique le rapport du coefficient phagocy taire .U, niaNuleau roerficient nonnal. 11

sera, dans notre exemple, de ^ z= | 1.

Mùilic. miciobicns, an

306 K. SACQUÉPËE. — VACCINATION ANTITYPHIQUE.

elles s'atténuent pou ù peu, et finalement dispai'aissent. Wanl toutuCois aurait constaté la persistance du pouvoir hactéricidc et de l'agglutination après quatre ans unquart; de même, liarrison trouve encore un taux bactéricide de 1 p. 40 (taux normal 1 p. 10) et un index agglutinalif de 1 p. 20 chez un sujet vacciné six ans auparavant, et qui n'avait jamais présenté de lièvre typhoïde.

Mous verrons plus loin que, parfois, les sujets vaccinés se trouvent être pour quelques jours en état de phase néijalive : cette même phase négative se retrouve éventuellement dans l'évolution des anticorps. Ainsi, Helsch et Kutscher signalent que, chez quelques-uns de leurs sujets, le pouvoir bactéricide et l'index agglutinatif étaient moins élevés sept jours après la deuxième injection que sept jours après la première; mais la réaction n'est que relardée, car les chilTres s'élèvent ensuite vers le quinzième jour. Wright avait antérieurement fait les mêmes observations et montré que la phase négative est généralement d'autant plus durable que la dose inoculée est plus forte. Friedberger et Pfeiffer ont constaté chez le cobaye que, même peu de temps (8 à 36 heures) après l'injection, les animaux inoculés se montrent plus résistants que les animaux témoins, ce qui tendrait à faire penser que la phase négative du début n'augmente pas leur sensibilité à l'infection ; mais certaines observations (voir plus loin) démontrent qu'il n'en est pas de même chez l'homme.

Suivant Leishman, il y aurait parallélisme entre l'élévation du pouvoir bactéricide et l'élévation du taux d'agglutination; remarque intéressante, car la recherche de l'agglutination, beaucoup plus facile, suffirait à mesurer, très approximativement d'ailleurs, le degré de l'infection. Mais Hetsch et Kutscher estiment au contraire que les deux courbes ne sont nullement parallèles; la question reste donc à l'étude.

L'immunité. — Le but de la méthode est de procurer à l'organisme l'immunité contre la fièvre typhoïde. Que celle immunité existe réellement, c'est ce que semblent bien démontrer les résultats des inoculations chez l'homme, rapportés plus loin. Mais elle n'apparaît pas d'emblée; entre le moment où se pratique l'inoculation et le moment où se réalise l'immunité, il s'écoule un certain temps, un septénaire au minimum, variable suivant les sujets; cette période d'attente peut être dangereuse dans certains cas, l'individu inoculé se trouvant dans la phase ncqutivc, c'esl-à-dire plus sensible à la maladie typhique que ne le sont les sujets normaux. Wright le premier, avec une louable franchise, a reconnu et signalé ce danger; d'autres auteurs depuis, en particulier Stcndcl dans les

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