PRÉPARATION DES VACCINS. CULTURES CHAUFFÉES
Tauyer (1818). De loiilcs ces teiitalivcs aucune ne fut suivie d'acci-
'''inVon tut pas de mùme en Éfjyplo où 5 personne.s .sur C mouruient de peste à la suite d'inoculations pratiquées par Ceruli (1824).
L'oubli se lit sur ces premiers essais de prophylaxie et ce n'est <iu'après la découverte du bacille de la peste et les expériences de vaccination sur les animaux faites par Ycrsin, Calmette et Boirel ,,ue l'on songea à ai)pli(iuer chez rhonuncdes méthodes analogues à celles ius(iue-là employées dans les lahoratoires.
Picparatioii des vaccins antipestcux. — Les procèdes proposés pourlobtention des vaccins antipesleux sont nombreux, comme on peut en juger d'après la liste suivante dans laquelle ces vaccins ont été groupés et décrits selon le mode de préparation
adopté. . , 1 , 1
Cultures chauffées. - L' » antiplague prophylactic » de Haffkine (1) qui a été le premier vaccin appliqué aux Indes sur une ..rande échelle, consiste en cultures de peste en bouillon tuées par diauiVage. Ce bouillon est préparé d une façon spéciale atin de ne pas aller à'^l'encontre des croyances religieuses des sectes de Tlnde. Comme il est impossible de se servir de peptone commerciale à base d'e<;lomac3 de porcs, on peptonise de la viande maigre de chèvre (1 kilo- <a'amme) en présence dacide chlorhydrique (80 centimètres cubes) à k température de 70° pendant trois jours. Cette macération après chauffage à 100° est additionnée d'eau jus(|u'à concurrence de trois litres. Ce bouillon neutralisé est réparti en ballons et stérilisé. Après onsemencement, on ajoute une trace d'huile de coco afin de faciliter la formation du voile. Les ])allons sont placés dans de vastes chambres et y séjournent pendant huit semaines à 27-30° (température moyenne de Bombay). En vue d'augmenter la richesse bactérienne par formation de voiles successifs, les cultures sont agitées à plusieurs reprises.
Puis les ballons subissent un chaulfage à 00° pendant un quart d'heure et les cultures sont additionnées ensuite d'acide phénicpie dans la proportion de 1/2 p. 100. La répartition du vaccin se fait dans des tubes à longue eflilure ([ue l'on scelle. Dix jours après, ces tubes sont secoués atin de faire pénétrer (|uelques gouttes deli(|uide dans la partie eirdée que l'on sépare ensuite d'un trait de chalumeau,l'ormantainsiuneami)oulequi sera consei'vée pour un contrôle ultérieur. Le vaccin n'est livré (jue deux mois après la répartition, en ayant eu soin de prati(iucr auparavant l'examen bactériologi(iue
(1) Haffki.nk, TIk' i)liii;iic pro|iliyl,K:lic niiid {Itril. mal. .louninl, IS!)7). — IIaifkink, On thc liiescnt ccnililioii uf niMuirm-liire of llie pl isiiiî pri>iiliylHClic. lionihay, liWO.
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d'une coi-Laine ([uanlité des ampoules lémoins. Les plus grandes pi-écaulioiis sont donc prises afin d'éviter la contamination du iitiuide vaccinal qui pourrait être la cause d'accidents ])ost-opératoires chez les inoculés.
Le dosage de la lymphe llall'kine est basé sur la température de la réaction vaccinale chez l'homme, qui ne doit j)as dépasser 102 F. (env. 39° C). Ces inoculations d'essai ont été prati(|uées sur une douzaine de sujets et ont permis de fixer une dose « Slandart » dont l'opacité, dépendant de la richesse mici'ohienne du milieu, sert à étalonner le vaccin. La dose fixée pour l'homme est de b centimètres cubes.
Jatta et Maggiora (i) proposent pour accélérer le développement microbien, de faire des cultures en bouillon en couche très mince. De cette façon, déjà au bout de quatre jours, le milieu est suffisamment riche pour être uUlisé. Après avoir été chaufTé à 63° et additionné d'acide phénique, il peut être injecté à l'homme à la dose de d centimètre cube.
Gosio (2) emploie de même les cultures en couche mince. Pourprécipiler la substance active, il se sert de sérum antipesteux fortement agglutinant. La masse bactérienne rassemblée et séparée du liquide ambiant subit un chauffage à 05° pendant une heure. Le sérum ne joue dans cette préparation qu'un rôle mécanique pour facihter la récolte des microbes, car la température élevée à laquelle est porté le vaccin détruit toute l'antitoxine contenue dans le sérum.
L'auteur, pour s'assurer de l'efficacité de la stérilisation et rendre évidente une contamination possible, ajoute à son vaccin une trace de tellurate de potasse. La présence de germes étrangers est décelée par la présence de flocons brunâtres. Cette réaction très sensible s'obtient avec des doses infinitésimales (1 pour 100000). La dose vaccinale pour l'homme serait évaluée à 2 ou 3 centimètres cubes représentant environ 3 milligrammes de substance bactérienne desséchée.
La commission allemande (3) composée de Gafi"ky, Pfeiffer, Sticker et Dieudonné et envoyée dans l'Inde pour l'étude de la peste, reconnut la supériorité des cultures sur milieu solide pour l'obtention rapide d'un vaccin antipesteux. Après avoir étudié connnent se comporlent les émulsions microbiennes en présence d'agents chimiques, elle remarqua que l'acide phéni(|ue même en solution étendue à 1/2 p. 100, détruit la substance immunisante si les cultures sont
(1) Jatta et iMagcioiia, Vacciimzioni e sieroprofilnssi nella infezione peslosa, Roma, 1904. {2) Gosio, Zcils. f. I/yg., 1905, B. L, p. nIO.
(3) BericlU (/cr ilcutsch. Pcstkommission. Arb. ans dem Kais. Gesundiieitsamte, B. XVI, 1899.
PRÉPARATION DES VACCINS. EXTRAITS MICROBIENS. 33S
vivantes et récentes; au contraire; 'elle reslc^iiltacle si la solution j)liéni(|U(''e est njoiitre à ces inôiiios culluros préalahiciiiont tuées; d'où la reooiuniandation de ne niellre cet antisoi)li(|iie (|u'aprèscliauiïage. Le cldoroforme tue le l)acil!e et épargne la substance vaccinante. Mais, cest aux énuilsions niicroiiicnnes tuées par la chaleur que la Commission donne la préférence, et après en avoir conti'ùlé l'action sur les singes, estime c|u"un tube de culture sur gélose est la dose h em|)loyer dans la vaccination humaine.
f,e procédé n'est autre que celui dont on fait usage depuis longtemps il l'institut Pasteur pour l'immunisation des chevau.v en vue de l'obtention du sérum antipesteux et qui consiste en cultures faites sur gélose en boîtes de Roux. Le vaccin se l'ait de même. Après la récolte microbienne par raclage, l'émulsion est chaufl'ée au bainmarie à 65° pendant trois quarts d'heure. On l'additionne ensuite d'eau physiologique à 7 p. 1000 dans une proportion telle que les microbes recueillis dans chaque boîte soient dilués dans 200 centimètres cubes de liquide. Gomme une culture en boîte équivaut à 45 à 50 centigrammes de corps microbiens desséchés, chaque centimètre cube représentant une dose contient environ 2™", 5 de substance active.
Cette émulsion répartie en tubes subit un nouveau chautTage à 05" pour assurer la pureté du vaccin qui n'est d'ailleurs additionné d'aucun antiseptique.
IP Le procédé de l'Institut de Manguinhos, à Rio-de-Janeiro, se rapproche du précédent. Le dosage se fait d'une manière plus rigoureuse. Un volume déterminé d'émulsion microbienne est desséché et on se base sur le poids exact des corps microbiens pour ajouter la solution saline de telle façon que 2'"",5 de substance immunisante soient contenus dans 2 centimètres cubes de liquide, dose pour l'homme adulte; 1/2 p. 100 d'acide phénique est ajouté en outre au vaccin brésilien.
Extraits microbiens. — Lustig et Galeotti (1) emploient des agents chimiques pour extraire des corps microbiens la substance toxique et vaccinante. Les bacilles pesteux provenant des cultures de quarante-huit heures sui' gélose sont mis en contact avec une solution de potasse caustique à 0,75 p. 100 et y sont laissés pendant douze heures à une température ba.sse (lOo-ia»).
La dissolution microbienne, qui est muqueuse et opalescente, l'sl neutralisée avec de l'acide acétique ou chlorhydri(|ue et le ])récipilé floconneux qui se forme, est i-ecueilli sur filtre, desséché
(I) LusTia el G*i.i;arTi, Deutscli. mal. Wocli., 1S07, p. 2i7 cl ^SO.
33G DUJARDIN-BEAVMETZ. - VACCINATION ANTIPESTEUSE.
dans le vide siiKïii'iquc cl pulvérisé. Cedt; nucléo-protéide ainsi obtenue coulienL la subsLance vaccinante. Pour l'emploi, cette poudre est redissouto dans une solution de carbonate de soude à 1 p. 100 et donnée chez Thomme à la dose de 2 à 3 milligrammes.
L'institut de Berne (Tavel, Krumbein et Glûcksmann) (1) a proposé une variante à ce procédé. La culture utilisée qui est une culture en bouillon, datant de un mois et chauffée comme dans la méthode préconisée par HafTkine, est additionnée de sulfate d'ammoniaque. Le précipité obtenu est redissout dans une solution potassique à 1 p. 100. La neutralisation se fait au moyen d'acide acétique et la suite de l'opération est analogue au procédé précédent.
On peut aussi mentionner l'action immunisante de produits solubles provenant des corps microbiens. Le filtrat des cultures en bouillon datant de plusieurs semaines contient une to.xine active pour la souris et le rat, et capable de vacciner les animaux moins sensibles, il en est de même de l'endotoxine extraite par macération des microbes recueillis .sur gélose et tués à une température peu élevée (60°). Enfin les corps microbiens eux-mêmes, devenus << aloxiques », après macération, jouissent de propriétés vaccinantes (Besredka) (2).
Exsudais chauffés. — Terni et Bandi (3) injectentdans le péritoine de cobaye ou de lapin de petites quantités de cultures de peste sur gélose diluées dans du bouillon. La péritonite consécutive provoque la mort en trente-six ou quarante-huit heures. On sacrifie l'animal pendant l'agonie afin d'empêcher la transmigration dans le péritoine des microbes intestinaux. On recueille soigneusement la sérosité abdominale en la délayant dans de l'eau physiologique si elle est ti'op dense et on laisse à l'étuve à 37° pendant douze heures, pour activer le développement des germes. Puis on la soumet à la stérilisation fractionnée, en l'exposant pendant deux jours consécutifs et pendant deux heures chaque jour à la température de 50°-o2°. On obtient ainsi une stérilisation certaine du vaccin et on empêche la coagulation des séro-albumines qui y sont contenues. On y ajoute ensuite 0,5 p. 100 de solution aqueuse d'acide phénique, 0,2."j p. 100 de carbonate de soude et 0,73 p. 100 de chlorure de sodium, afin d'empêcher la souillure possible du vaccin et d'en faciliter l'absorption.
La dose fixée pour l'homme est de 2 centimètres cubes à 2,5 centimètres cubes.
(l)T/vvKi., KniiMBEiN el Gi.ucksma.nn, Zeits. f. Ilijg.. B. XL, 1902. (J) Besukoka, .1/1)!. Jiist. Pasteur, 1005, t. XIX, p. 477. (3) Tkum et Banui, Deutsch. mcd. Wocli., l'JUO, p. 4G:i.
PRÉPARATION DES VACCINS. CULTURES ATTÛN i;.S. 337
'l'erni cl IJaiuli foiil valoii- la suiH'rioriLô de. loui' vaccin en co (iiiu riiniminité ([u'il coiilcro s'éLablil. i)lus rapidcmciiL (]u avec les vaccins piécédi'iils. Les animaux vaccinés, inocules (jualro jours après, riisislenl à ["inlcclion expérimcntalo, alors ([u'avoc les cullures chaultV'os riminunilc n'ost manircsl(î ([u'après dix à dou/c joui's.
Or on sail aujourd'luii, à la suilc des exi)crii'nces de Ikil, ([uc les exsudais périlonéaux et pleuraux d'animaux ayant reçu dans ces séreuses des cullures, contiennent une substance toxique et vaccinante provenant des corps microbiens injectés et que l'on désigne sous le nom d'agrcssine ; les résultats encourageants de Terni el Randi s'expliquent par la présence de cette substance dans leui' vaccin.
llueppeelKikucbi (1), répétant les expériences de Bail, ont recherché si l'agressine pesteuse seule pouvait être employée comme vaccin. Les résultats chez les animaux sont médiocres et aucune vaccination n'a été faite chez l'homme, d'après ce procédé.
Organes d'animaux. ■ — Klein (2) prélève chez les cobayes morts de peste, les bubons, rate, poumons et l'oie, les coupe en tranches minces qu'il fait dessécher en présence d'acide sulfurique à la température de 46''-47" pendant trois jours. Ainsi traités, les bacilles pesleux sont tués. Puis ces organes desséchés sont broyés, pulvé-
isés et soumis à une nouvelle dessiccation pendant deux à trois
ours à 37°.
Pour l'emploi, il éraulsionne dans l'eau physiologique et, d'après les expériences sur les animaux, il évalue à 5 à 7 milligrammes la dose à injecter chez l'homme.
Mallanah (3) utilise de même les organes de lapins, non pas morts de peste, mais, au contraire, solidement immunisés par des injections répétées de cultures chauffées, puis vivantes. Les animaux sont sacrifiés; les ganglions, rate, foie et capsules surrénales sont broyés et desséchés à 47° pendant trois à six jours. Les résultats expérimentaux ont été peu satisfaisants.
Cultures vivantes atténuées. — Songeant à l'emploi, pour la prophylaxie de la peste, d'un procédé appUcable à la façon de la vaccination jennérienne, Yersin (4), en collaboration avec Carré, "echercha dans les anciennes cultures sur gélose des colonies microiennes atténuées. 11 obtint ainsi une race dénommée C, tuant 0 p. 100 des rats inoculés et vaccinant ces animaux dans la propor-
(1) HoEPPE et KiKuciii, Cnntrnll/l. f. Bakt., Oiig., 1905, p. 010.
(2) Ki.Eis, liril. mcd. Joui-iuil, 1900, p. 155.
(3) iMAi,L\N\ii, Centralbl. f. liakl., 1000, p. 471.
(4) Yehsin cl CAiinii, Congris lui. méd., Paris, sous-sccl. coloniale, 1900, ]). 51.
Mudic. niicrobicns. 22
338 DUJAUDIN-BKAUMliTZ. - VACCINATION ANTIPESTEUSE.
liun (le 90 p. 100. Yersiii a d'ailleurs essayé sur lui-même racliou de ce bacille aUénué, eu s'iuoculanL à la lancelle. Il n'a eu ni nodule local, ni bubon correspondant. Un peu de courbature et de fièvi-e le deu.xièmc jour' ont été les seuls symptômes généraux obscrvés.
Yersln a aussi souvent remarqué, dans le cours de ses recherches, qu'une culture virulente ne tue plus, si elle est impure, mais vaccine alor's parfaitement contre une nouvelle inoculation du bacille virulent en culture pure. Ce procédé de vaccination consisterait donc à associer au bacille de la peste un bacille non pathogène convenablement choisi.
KoUe et Otto (1) proposèrent aussi de vacciner avec des cultures atténuées. Prenant comme point de départ une race peu virulente, qu'ils atténuent en la cultivant soit à W-iS", soit dans du bouillon auquel on ajoute des doses croissantes d'alcool (0,5 à 5 p. 100) d'après le procédé de Iletsch (2), ils obtiennent ainsi une culture dénuée de toute virulence puisqu'on peut l'injecter impunément dans le péritoine du cobaye. Les animaux ainsi vaccinés résistèrent à une inoculation de virus actif dans une proportion beaucoup plus considérable que si l'on, avait fait usage de cultures chaulfées.
Strong (3), se basantsurles expériences précédentes et considérant que l'immunité conférée est en rapport avec le degré de virulence du vaccin, estime que toute culture de peste suffisamment atténuée pour ne plus tuer un cobaye de 250 grammes en injection souscutanée à la dose de un tube de gélose, peut être considérée comme inofTensive et employée chez l'homme; c'est d'ailleurs la dose qu'il recommande dans la vaccinjation humaine.
Méthode mixte ou séro-vaccination. — Le reproche, que l'on peut faire aux vaccins précédemment décrits, est la lenteur avec laquelle s'établit l'immunité. L'expérimentation montre que ce n'est qu'après un intervalle variant de quatre à douze jours, selon les méthodes employées, que l'animal peut être considéré comme vacciné. En outre, pendant les premiers jours qui suivent l'injection vaccinale, l'organisme se trouve momentanément sensibilisé à l'égard d'une infection, même légère, comme le démontrent les expériences de Calmetle et Salimbeni. Aussi ces auteurs conseillentils de mélanger une petite quantité de sérum antipesteux aux cultures tuées; de cette façon, l'immunité conférée par le sérum
(1) Koi.r.K et Otto, Zeits. f. Ilijg., B. XI.V, 1903, p. 307.
(2) Koi.bii, Hetsch el Orro, Zcils. f. Jlijg., H. XLVIll, 1904, p. 368.
(3) K'oi.LE et Stbong, Deutscli. mcd. Wocli.. 1900, p. 413. — Strong, Philippine Journal of Scietice, 1907, p. 155.
SÉ RO-VACCINAÏION.
met le vacciné pendant cotte période dangereuse à l'abri d'une atteinte de peste possible.
Kolle et Otto, en prati([uant le même procédé avec des cultures atténuées, ont obtenu chez les animaux des résultats très satisfaisants.
Il y a lieu de l'aire remarquer (|ue le mélauf^e de mici'obes et de sérum doit toujours être l'ait au moment de l'injection ; sans quoi, on obtient, par suite de macération prolongée, ou la neutralisation de reiidoloxinc pesteuse par le sérum spécifique ou, si le sérum est en ([uautilé insuffisante, la production de toxine soluble dont les propriétés vaccinantes se manifestent dans le même laps de temps qu'avec les cultures chaufTées ordinaires.
D'autres auteurs ont recommandé d'injecter simultanément, mais séparément, corps microbiens et sérum. Shiga (1) adopte pour la vaccination humaine la technique suivante : La masse bactérienne provenant de cultures sur gélose de trois jours est mélangée à une solution saline physiologique dans la proportion de trois anses pour 3 centimètres cubes de liquide. Cette émulsion est ehaulFée à 60" pendant une demi-heure, puis additionnée d'acide phénique à 1/2 p. 100. Pour l'emploi, on mélange à parties égales, sérum et émulsion, et on injecte ce séro-vacein à la dose de O^^ô à 1 centimètre cube. Cette première inoculation est suivie d'une nouvelle injection d'émulsion microbienne non additionnée de sérum.
En tout cas, il est très important en matière de séro-vaccination que la quantité de sérum soit minime et ne dépasse pas 1 à 2 centimètres cubes. On s'exposerait, en augmentant la dose de sérum spécitique, de masquer complètement l'elTet du vaccin. R. Pfeiffer et Friedberger, dans leur étude sur le vibrion cholérique, ont démontré combien l'influence du sérum était nuisible dans la production de l'immunité.
Aussi Besredka (2), se basant sur les travaux d'Ehrlich et de Morgenroth, se proposa de fixer sur les corps microbiens la quantité d'anticoi'ps qu'ils peuvent retenir et de rejeter le reste du sérum.
Voici la technique qu'il a adoptée : 11 se sert de cultures sur gélose de quarante-huit heures. Les microbes sont émulsionnés dans un peu d'eau physiologique et chauffés à 60° pendant une heure. Cette émulsion épaisse est versée sur les pai'ois d'un vase cylindrique contenant du sérum très agglutinant et n'ayant par conséquent subi aucun chauffage. La couche microbienne ([ui se maintient au-dessus du sérum, se désagrège peu à peu et tombe en
(1) Sjhua, Ber. iiber die Pest in Kobe und Osiika, Tokyo, 1900. (i) BBsntDKA, Ann. Inst. Pasteur, 1902, t. XVI, p. 918.