‹ Médicaments microbiensChapitre 126 sur 163 · NEUTRALISATION PU VENIN PAR L'ANTITOXINE · texte numérisé non relu

NEUTRALISATION PU VENIN PAR L'ANTITOXINE

qucsi loachaun-aiLseulcnical vin{,4ou trente minutes plus lard, la toxicité du venin no reparaissai t plus.

J. Morgonrolh ajeté sur laqueslion une vive lumière eu uidi(|uaut ,iue lorsqu'on ajoute une petite quantité d'acide chlorliydn.iue au composé atoxi(iiie venin + antitoxine, le venin récupère la propriété d'entrer en combinaison avec la lécilhine pour former un Iccillnde hémolvsant (P. Kyes), tandis qu'en présence du sérum antiloxique seul, sans addition d'acide, la combinaison lédthine-}- venin — léci- Ihide, ne peut pas s'eTectuer. Dans un autre mémoire,.!. iVlorgenrotli a dén'iontré que le composé venin + antitoxine, cliauiïé à 100 degrés, pendant tiente minutes, en pi'ésence d'une faible acidité chlorhydrique, pouvait restituer la moitié de sa neurotoxine.

J'ai repris récemmentavecL. Massol (1) l'étude de ces phénomènes et aussi celle des dilTérentcs propriétés du composé atoxique sérum +venin. Comme il est vraisemblable que les autres toxines microbiennes, végétales ou animales, ne se comportent pas autrement que les venins à l'égard de leurs antitoxines spécifiques, on peut espérer qu'une connaissance plus approfondie des combinaisons formées par l'une d'entre elles permettra d'aborder plus facilement la recherche des lois qui président à leurs relations.

Nous avons constaté tout d'abord que la substance toxique du venin de Cobra est soluble dans l'alcool à 50 et même à 80° (Gay-Lussac). Par contre, l'antitoxine est insoluble dans l'alcool et, après un faible temps de contact, elle est même détruite par ce réactif.

Mais si l'on opère préalablement le mélange du venin avec l'antitoxine, on voit que celle-ci devient résistante à l'alcool à 80 p. 100. Lechaulfage agit d'une manière analogue: tandis que l'antitoxine seule est détruite à 68°, si on la mélange préalablement au venin, lequel présente une grande thermostabilité, on trouve que ce mélange reste thermostabile jusqu'à 75o. A celte température, du moins pour le sérum que nous avons étudié, le composé atoxique sérum -f- venin est dissocié partiellement, et le venin, en partie libéré, passe en solution. Un peut le mettre en évidence par l'inoculation aux

anunaux.

Inversement, en présence de la' plupart des acides minéraux ou organiques libres et sous l'influence du chautTage à 72°, l'antitoxine des composés aloxiques sérum + venin redevient Ihermolabile et le venin est libéré. Celui-ci n'est pas détruit par l'antitoxine et on peut le récu[térer presque complètement.

On doit donc admetti'e que le composé atoxique sérum -{-venin pos-

(1) Annales de l'ItisiUuC l'asieur; décembre 1907:

nS2 A. C/U.MKTTR. — RfiROTHÉRAPIE ANTIVKNIMEUSK.

sfido iltis jjfopriiHés ncLloinoiiL (liflcrunLos de ccllos de ses composants el que la combinaison du venin avec l'anLI toxine est dissociable.

Influence des doses de sérum antivenimeux injectées et du temps écoulé depuis la morsure venimeuse.

.l'ai indi(iué précédemment (|ue le sérum anli veninumx jtossède un ])ouvoir préventil' et un pouvoir cui'atil' tellement intenses qu'il est capable de communiquer en quelques minutes, aux animaux auxquels on l'injecte, une insensibilité absolue à l'égard des venins les plus fortement neui'oloxiques comme ceux de Naja ou de Bungarus.

J'ai constaté d'autre part que, plus les animaux sont sensibles à l'intoxication par le venin, plus grande est la quantité de sérum antivenimeux nécessaire pour les immuniseï' passivement ou pour les guérir.

Quand on expérimente sur des souris, des cobayes et des lapins, on voit que, pour pi'éserver une souris de 2lj grammes, par exemple, contre l'inoculation de 0™"'',05 de venin, dose dix l'ois mortelle pour ce petit animal, il faut lui injecter préventivement 0",75 de sérum, alors que 0'"',025 de ce même sérum suffit à rendre inolTensive la dose de O^ei-^qs de venin lorque le venin et le sérum sont préalablement mélangés in vitro avant l'injection.

Pour le cobaye, on trouve également que la dose de sérum à injecter préventivement pour empêcher l'intoxication par une dose dix fois mortelle de venin est environ denc fois plus considérable que la quantité de ce même sérum qu'il suffit de mélanger in vitro au venin pour rendre cette dose dix fois mortelle de venin inolTensive.

Si l'on injecte aux animaux le venin d'abord, aux doses calculées pour tuer les témoins de même poids en deux ou trois heures, et le sérum trente minutes après, on constate que la quantité de sérum qu'on doit injecter pour empêcher la mort est environ dix fois }>lus qrun le que celle qui neutralise in vitro la dose de venin inoculée.

On constate en outre que la proportion de sérum curntif que doit nccvoir un animal intoxiqué par le venin est inversement proportionnelle à S'in poids.

Les expériences sur les chiens, laites à l'Institut Pasteur de Lille par mon collaborateur G. Guérin, sont très démonstratives à cet égard.

Un chien de 12 kilogrammes, inoculé avec 9 milligrammes de venin (dose mortelle en cinq à sept heures pour les témoins de même poids), est parfaitement guéri si on lui injecte sous la peau, d'ux heures après l'inoculation venimeuse, 10 centimètres cubes de sérumi

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