VII. — Recherches sur le mécanisme de l'action des microbes
lactiques.
De tout ce (lui précède, on a le droit de conclure (jue la bactériothérapie, bien que de date toute récente, a lait déjà ses preuves dans les maladies intestinales de diverse nîiture et se présente comme un moyen très sérieux dans la lutte contra les putréfactions du tube cli-^estif etlesauto-intoxications. Seulement, comme c'est un chapitre tout nouveau de la thérapeuti(iue, bien des points restent à étabhr d'une façon plus précise qu'il n'a pu être fait jusqu'à présent.
Il faut notamment éclaircir le mécanisme par leciuel agissent les microbes bienfaisants. On parle de la désinfection intestinale, de l'action antiputride de l'acide lactique produit par les microbes ou bien de quelque induence empêchante {antitoxique ou autre) de certaines bactéries sur d'autres ; mais toutes ces notions sont encore plus ou moins vagues et doivent être remplacées par des données expérimentales bien établies. 11 ne faut pas oublier que nos connaissances des putréfactions intestinales que l'on vise constamment, sont encore très imparfaites.
Bien avant la période bactériothérapique de la science médicale, on avait essayé de démontrer que le régime lacté, précon..sé depuis longtemps dans beaucoup de maladies, amenait un appauvrissement de la llore intestinale. Ainsi Gilbert et Dominici (1) ont établi que le ré-ime lacté fait notablement réduire la quantité des microbes aérobies dans les matières fécales. Récemment cette question a été reprise par Weinert (2) dans le service du professeur Javorovsky à Cracovie par rapport au lait aigri. Malheureusement, dans ce travail aussi i n'a été tenu compte que des microl)es aérobies et cependant c est parmi les anaérobies qu'il faut chercher les vraies bactéries proteolytiques et partant les instigateurs des putréfactions intestinales
proprement dites. • . . . . i i
D'après les évaluations du D-' Weinert, le lait aigri prépare de la façon ordinaire est déjà capable de diminuer notablement le nombre des microbes aérobies dans le contenu intestinal; mais lelail, ensemencé avec le bacille bulgare et le strepto-baciUe en symbiose, agit d'une façon encore plus marquée. Les aérobics diminuent en plus forte proportion et le relour au taux normal après la cessation du traitement ne se produit que beaucoup plus tard qu'avec le lait aign ordinaire.
(1) Comptes rendus de la SoeAélf. de biologie, ISOi, p. 1 17 et 377. (i) Prcejldd leknrski, 1007,