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PRATIQUE DE LA VACCINATION ANIMALE

Ce n'est pas à dire (lue cette vaccination animale fût aioi's une (lôcouverto. Déjà dès 1801 le comité de Reims avait cultivé sur la génisse le vaccin humain, pour le ti-ansmettre ensuite de génisse à génisse, expérience qui fut répétée à Paris, à Lille, à Rennes; et, à la même époque, Troja introduisait à Naples la même pratique, que Galbiati faisait connaître on indiquant de manière fort nette ses immenses avantages, et avant lout : vii'ulencc pcisistante du virus, garantie contre l'inoculation de maladies humaines. C'est à Naples encore que Negri l'instaura de nouveau en 1840, et c'est là ([ue Lanoix et Cliambon vinrent l'étudier, pour l'inti'oduire ensuite à Paris (1864); de là, elle rayonna sur divers points de la France, dans tous les pays d'Europe et hors d'Europe. Elle est aujourd'hui en usage partout, elle a conquis le monde, et il convient de rendre ici un juste hommage à ceux qui furent ses apôtres, Lanoix et Chambon, et Depaul.

Pratique de la vaccination animale. — La production du vaccin animal est concentrée dans des établissements spéciaux, désignés Instituts vaccinaux, Centres vaccinogènes, etc. La pratique de chacun d'eux ne diffère que dans les détails, l'expérience acquise ayant dicté les règles essentielles qu'il est bon de suivre.

Le personnel doit être sain, exempt de toute maladie conlagieuse, et astreint pendant toutes les opérations à l'asepsie la plus rigoureuse.

Les locaux comprennent une salle d'opérations (inoculations et récoltes) ; une salle de manipulations et de distributions, avec une glacière; un cabinet pour le Directeur; autant que possible deux écuries, l'une pour les animaux non inoculés, l'autre poui- les animaux inoculés. La première écurie, destinée à permettre de surveiller les animaux avant toute inoculation (surtout pour dépister la fièvre aphteuse), sera distante des autres locaux, afin d'éviter toute chance d'inoculation accidentelle de vaccin, cette vaccination intempestive pouvant rendre stériles ou imparfaites les inoculations ultérieures. La seconde écurie, destinée aux animaux inoculés, sera construite de façon à pouvoir être désinfectée, et à ce qu'il soit facile de la maintenir en état de propreté : plancher imperméable (céramique, etc.), incliné vers une rigole d'écoulement; mangeoire et râtelier en fonte ; un box pour chaque animal, séparé des voisins par une cloison complète, généralement en bois vei'ni ; canalisation d'eau. Une barre de fer verticale, voisine de la mangeoire, permettra d'attacher les animaux très court, sans qu'ils puissent lécher le champ d'ensemencement.

Dans la salle d'opérations, le sol doit également être imperméable.

E. SACQUÉPËE. — VACCINATION ANTIVARIOLIQUE.

Dans ccUe salle on disposera un appareil producteur d eau sLenlisee, une laWe d'opération, les divers instruments nécessai.'es. La table d'opération (lig. 2), non indispensable mais fort utile, toute en bois, se compose essentiellement d'un supporta quatre i.ieds, d'un plateau mobile, et le plus souvent d'un montant vertical fixe a 1 un des coins postérieurs; le plateau mobile est percé de plusieurs orifices, un plus large et ovalaire (pour se débarrasser à mesure des excrétions de l'animal), d'autres plus petits pour le passage des

Fig. 2. - Table d'opénUiou pour vaccination de la génisse (n.odèle Chambon niodiûé).

sangles et courroies. Pour fixer l'animal sur la table (f.g. 3) on le nkce parallèlement au plateau mis en position verticale e on le fit au plateau d'une patt à l'aide de deux sangles encerclant amwl etîe plateau (une sangle derrière l'aisselle, l'autre devant e PU in^^uinal), d'autre part à l'aide d'une courroie fixée a la patte postériem-e droite de l'animal et glissant en coulisse a son aut e extrémité sur le montant vertical; alors, dïin mouvement sec, on re su Ta courroie en même temps qu'on rabat le plateau en on t e sur cou • patte postérieure droite

position horizo^iUle. ^ ^^^^^^^ les deux'paites antérieures au montant, la patte poslti .eu . ^^^^^

l'UATIQUK DE LA VACCINATION ANIMAL15

soni parlailement k découvert. Vciil-oii inoculci' seulement la région llioracique, le ménlant vertical devient inutile.

L'animal employé est {,a!néralement la génisse de ( rois à six mois, Irès réceplive, commode à manier, facile à nourrir, et rarement tuberculeuse. La vache, utilisée dans certains Instituts (Bruxelles, r.opcnliafjue), donne des récolles plus abondantes, parfois nulles (en raison d'un cow-pox antérieui'); elle est surtout plus diflicile à manier, et plus sujette à la tuberculose. Il est vrai qu'on peut se garer de celle-ci par l'emploi de la tuberculine (Institut de Dresde, etc.}, ou mieux encore en n'utilisant que dos animaux

•''o- 3- — Eiiscnieiiccni6(U de la génisse. Champ thoraco-alMiominal.

destinés à l'abatage immédiat : les constatations du vétérinaire à l'abattoir donnent alors toute sécurité; si l'animal est reconnu tuberculeux, on sacrifie la récolte. A Saigon, on emploie couramment le buftle (Calmette et Lépinay).

Pour nos climats, c'est la génisse qui est le plus utilisée : les bêtes àpoil clair (blond ou blanc) donnent un vaccin plus abondant c' non temté, aussi sont-elles préférées. L'animal doit être en bon état de santé, exempt en particulier de diarrhée et de suppuration ombilicale, et non amaigri ; on le surveillera pendant toutes les opérations, et on sacr.liera la récolte s'il survient quelque maladie infectieuse, ou une diarrhée qui ne cède pas aux moyens vulgaires (régime réduit, un peu de laudanum ou de bismuth). Les animaux étant généralement sevrés, leur noui'riture consistera en avoine, luzerne

72 K. SACQUÉPP.E. — VACCINATION ANTIVARIOLIQUE.

SOU ■ pour 1(!S l)ôl(3S plus jeunes, des œuls, du riz el du lail.

On a lout intérêt à prendre un iarf^e champ d'ensemencement. Dans ce but, plusieurs procédés sont en présence; les uns n'emploient que les régions inguinale et abdominale de chaque cùlé; d'autres utilisent d'un seul cùté les miMiies régions, plus le thorax ; dautres encore inoculent seulement sur le flanc. C'est le deuxième procédé qui paraît à la fois le plus commode et le plus fructueux (lig. .i). Pour pratiquer l'inoculation, le champ d'ensemencement est

pjg 4 liislruments nécessaires .

d'abord rasé, puis lavé à l'eau bouillie el au savon (les antiseptiques sont ici dangereux), rincé à l'eau bouillie et sèche. Avec une lancette mé allique lig. 4 , on pratique alors des scarificat.ons, en ^ne parallèles entre elles, chacune d'elles étant perpend.culan-e à 1 axe de ■animal ; scariflcations superflcielles, qui ne

Chaque incision est séparée de sa vo.sme de 2 a 3 ^"e" '"^ {^^^^^^^ mes u-e la. même longueur. Dans certains établissements (Institu Chln bon etc.), on pratique des scarifications très rapprochées et uÏp tUe'sI 'aide d'un instrument spécial ; celle manière de fan«e Inné un meilleur rendement. On répartit ensuile le vacc.n

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