‹ Médicaments microbiensChapitre 39 sur 163 · PARALYSIES · texte numérisé non relu

PARALYSIES

la itioLiliU'" rovionl. iiou ù p(Hi et la guôrison est complèlc (in (luelfiues jours, plus rarement en quelques semaines. Les sphincters sont souvent les premiers h recouvrer leur lonicité. vVjoulons (|tie le l'ait d'inlerrompre le Iraitemeiit antirabit|u(!, de le poursuivre ou même de; le renlorcer à l'aide par exemple d'injections intraveineuses, paraît ahsolumenl sans ell'et sur la inarclu! (h; la paralysie. A titre (ixceptiounel, on peut voir cette j)ai'alysi(; se [)orter non sur la mo(;lle iriais sur les nerfs périphériques : l'acial, moteur oculaire commun en particulier, soi( isolément, soit concurremment avec les ncrl's des memhrcs supérieur et inférieur.

La patliogénie de ces paralysies a donné lieu à des interprétations très diflërentes. On a voulu les expliquer par une association microbienne ou par une toxine étrangère à la rage ayant envahi l'organisme par la voie de la morsure ou par celle des émulsions. On a voulu y voir des manifestations hystériques ; à différentes reprises on les a considérées comme une rage paralytique d'origine canine, atténuée et guérie par les inoculations pastoriennes. Tel n'est pas notre avis. Ces paralysies sont attribuables aux émulsions vaccinantes elles-mêmes et aux substances virulentes qu'elles introduisent en grande quantité dans l'organisme. Le virus lui-même doit être mis hors de cause. C'est la toxine qu'il faut incriminer. Toutefois son action paralysante ne peut s'exercer que moyennant une idiosyncrasie tout à fait spéciale, idiosyncrasie indépendante de l'hystérie, de la neurasthénie, del'émotivité et que ne peuvent faire prévoir en aucune façon ni l'âge, ni le tempérament du mordu. Le rùle majeur joué par cette idiosyncrasie rend la prophylaxie des accidents fort difficile. On conseillera aux personnes qui suivent le traitement d'éviter avec grand soin les refroidissements, notés dans plusieurs observations comme cause occasionnelle. L'existence d'une courbature intense avec sensation de faiblesse dans les membres inférieurs permettra de prévoir l'apparition de la paralysie. Le plus sage en pareil cas paraît être d'interrompre le traitement antirabique, quitte à le reprendre lorsque les accidents se seront amendés. Quant au traitement de la paralysie elle-même, la strychnine peut être indiquée ; mais il semble que le médecin doive surtout éviter toute médication active et laisser la maladie suivre son évolution naturelle vers la guérison (E. Uoux). De toutes les observations dont on trouve la trace dans la littérature médicale (environ 60 en 1908), deux seulement se sont terminées par la mort.

Traitement antirabique et états morbides antérieurs. — On peut émettre .sous forme d'axiome l'opinion qu'aucun état morbide ne çontre-indique le traitement antirabicpie. Chez les pcr-

P. REMLINGER. — VACCINATION ANTIRABIQUE.

sonnes ilgéos, |)iii'vcmi(is à un (ÎLal, avancé d'arU'iriosclcii'OSo, il est assez rréquenl, de voii' a[)|)araîlre, au conrs dos inoenlalions, des verliyes, di; l'insomnie, (1(! l'anorexio, de ratnaij,M'issenienl et un degré assez marqué de faiblesse générale. Il peut être indiqué alors d(! procéder avec quel(|ue ménagement et de donner par exemple au malade vingt-quatre heures de repos tous les trois ou quatre jours. Moyennant cette précaution, la cure s'achève toujours sans encomhre. Les accidents paralytiques ne sont pas plus fréquents chez les vieillards ([ue (^hez les adultes.

Les enfants, même âgés île moins d'un an, supportent admirablement, quoi qu'on en ait dit, le traitement antirabique.

La grossesse n'est pas davantage une contre-indication, quel que soit le mois auquel survienne la morsure ; l'allaitement non plus.

Les vaccinations ne sont nullement contre-indiquées chez les albuminuriques, chez les diabétiques, chez les tuberculeux, les cardiaques, etc.. Chez les paludéens, il arrive fréquemment que le traitement antirabique réveille la diathèse et provoque de nouveaux accès. C'est généralement du quatrièmeausixième jour du traiitement que ces accès se produisent; ils sont bénins et cèdent rapidement à la quinine qui, employée préventivement, les empêche de se manifester. On voit quelquefois, sous l'influence du traitement, le paludisme l'éapparaître chez des personnes qui n'en avaient plus eu de manifestations depuis un très grand norribre d'années. Tels le virus de la peste bovine ou celui de la horse-sickness jouent visà-vis de la piroplasmose latente chez le boèuf et le cheval un véritable rôle d'agents provocateurs. On connaît les rapports étroits des virus de la rage, de la peste bovine et de la horse-sickness qui tous trois traversent les filtres.

Par la constipation qu'il "détermine, le traitement antirabique a paru avoir, dans quelques cas, une influence heureuse sui- certains états diarrhéiques.

La disparition des douleurs fulgurantes des tabétiques, signalée par Shembo, est peut-être plus sujette à caution.

Babès a observé que des neurasthéniques, des mélancoliques, voire des épileptiques, se trouvaient parfois notablement améliorés par le traitement pastorien. Le fait toutefois est loin d'être constant. Nous avons vu au contraire, chez une femme de cinquante-cinq ans, épileptique, très gravement mordue, le traitement intensif être suivi de crises subintraiïtes qui entraînèrent la mort.

Chez les hystériques, on observe assez fréquemment au cours du traitement antii-abique des manifestations souvent bruyantes et tumultueuses. Le point de départ paraît en être la morsufe avec la

•rilAITEMENT ANTIRABIQUE ET MALADIES INTERCURRENTES. lO'J

craiiUo de ses conséquences, bien pIulAl (]uc le LraitemonL lui-môme. Une sufigestion aitpmpriée en vicnl, d'ordinaire l'acilemenlà bout. II arrive (lueccs manil'eslalions simuhnit la rage de liu;,on plus ou moins parfaite et soient prises pour elle (hystérie rabil'orme). Le diagnostic peut présenter les Pjlus sérieuses dil'licultés et la confusion a été faite pai- les spécialistes les plus éminents. Dans les cas douteu.v, il ne faut pas se hâter d'émettre une opinion forme ; au bout de quelques heures, la mai'cjie de la maladie, fatalement progressive, s'il s'agit de la rage, permettra de faire le diagnostic.

Traiteineiit 9.iitiral>iqiic et maladies iiitereurrentes. — De même qu'aucun état pathologique ne dispense de soumettre au traitement antirabique les sujets chez lesquels celui-ci est indiqué, de même il n'existe aucune maladie qui, survenant au cours de la cure pastorienne, doive la faire interi'ompre.

Le traitement antirabique doit être poursuivi quoi qu'il arrive, quelle quesoit la situation médicale ou extra-médicale qui se présente. 11 n'existe à vrai dire d'autre contre-indication à la continuation des injections que la survie dûment constatée de l'animal mordeur ou que l'apparition chez le mordu de la rage elle-même. Rappelons qu'en cas de paralysie, il est peut-être plus sage d'interrompre le traitement mais que ce n'est nullement indispensable. A part cela, la vaccination contre la rage est une lutte de vitesse entre le virus et le vaccin ; toute interruption de traitement peut permettre au virus de devancer le vaccin ; cette considération doit primer toutes les autres et faire poursuivre la cure dans tous les cas, malgré le surcroit de fatigue et d'ennui qui peut en résulter pour le patient. Le flux menstruel, l'apparition d'une pneumonie, d'une lièvre éruptive, d'une dothiénentérie, l'accouchement même doivent faire poursuivre les injections. Le traitement antirabique n'exer'ce du reste sur toutes les maladies intercurrentes qui peuvent se présenter d'influence d'aucune sorte; il n'est ni utile, ni nuisible, il est indifférent. Inversement ces maladies n'ont aucune action sur le traitement; elles ne diminuent en rien son efficacité; il est par conséquent iimtile de l'atténuer ou de le renforcer; il convient de ne le modifier en aucune façon.

p. IIEMLINGER.

— VACCINATION ANTIHABIQUJ2.

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