MODIFICATIONS PATHOLOGIQUES
Los nianilestations pathologiquns qu'on [ii'iil, ohsi'i'vci' au cours (le la vaccination antirabique sont de doux sortes : locales ou générales.
A. — Manifestations locales.
Il nous suffira de signaler brièvement les premiers de ces symptômes. Imputables à une faute d'asepsie au cours des diverses manipulations qui aboutissent à l'injection de l'émulsion vaccinante, ils peuvent toujours être évités. Ils consistent dans des indurations au point d'inoculation et parfois dans de véritables abcès. Pour regrettables et douloureux qu'ils soient, ces accidents ne présentent aucune gravité. Des bains antiseptiques chauds et des compresses de sublimé tiède amènent assez facilement la résolution des placards indurés. Les abcès guérissent très vite dès qu'ils ont été incisés.
B. — Manifestations générales.
Beaucoup plus difficiles à éviter et souvent aussi beaucoup plus graves sont les phénoriiènes d'ordre général sur lesquels nous devons maintenant attirer l'attention. Ils consistent en éruptions et surtout en paralijsies.
Éruptions.— La plus bénigne des éruptions qu'on peut observer au cours du traitement antirabique est Yurlicaire. 11 est à peu près constant chez les personnes qui, dans certains Instituts, rcc;oivent sous la peau, conjointement avec des moelles atténuées par la chaleur ou la dessiccation, du sérum d'animal hyperimmunisé contre la rage ; mais chez des individus doués très pr'obablement d'une idiosyncrasie particulière, il peut s'observer également, indépendamment de toute injection de sériim. Il se réduit du reste à quelqùes placards à l'endroit oîi les injections ont été faites ; l'éruption n'est que faiblement prurigineuse et son apparition s'accompagne d'une élévation thermique insignilianlc ; tout dispai'aît dans l'intervalle de deux à trois jours.
IJérythcme polymorphe piirpiiriqiie , ïéryf.hcine scarUttiniforme ont été signalés à titi-e tout à fait exceptionnel. Dans une observation, ce dernier érythème s'est manifesté sous une forme épidémi(iu(' fort grave. Quarante personnes sont vaccinées à Varsovie le 20 novembre 1901, vingt-deux tombent malades. Elles pi'é'^entent dos symptômes généraux et dans les flancs une rougeur diffuse dont le
P. nii MLINGER. —
VACCINATION ANTIRABIQUE.
point . de départ est la petite plaie d'inoculation, (liiez quatre cnfanLs, l'éruption est généralisée et simule à s'y méprendre la scarlatine. Tous (|uatr(i succombèrent. Les autres se remirent peu à peu. L'Institut lut formé, désinlecté et les vaccinations ne riii'ent i'(!prises que le 20 décembre avec des moelles IVaiclHis, envoyées de Saint- Pétersbourg-. Il n'y avait guèi'o de douli! en (ïllet que ces accidents n'eussent été produits par une souillure du produit inoculé.
Paralysies. — Les accidents paralytiques sont exceptionnels au cours du traitement antirabique. Nous en avons rassemblé une quarantaine d'obsei-vations sur un total de 107 712 personnes inoculées. Ils se présentent le plus souvent sous le masque assez inquiétant de la myélite aigué. Malgré cela, ils sont essentiellement et .spontanément curables. Sans importance, en raison de leur rareté, au point de vue de la pratique des vaccinations, ces accidents otl'rent par contre un grand intérêt scientifique car leur pathogénie prête aux théories les plus opposées. Le tableau clinique peut se schématiser de la façon suivante : entre le huitième et le dernier joui' du traitement, ou encore pendant la semaine qui suit sa terminaison, une personne présente un état fébrile léger, de l'anorexie, une courbature intense, des douleurs lombaires violentes. Le lendemain, il existe de la parésie des membres inféi'ieurs caractérisée par une sensation de faiblesse, une démarche hésitante et chancelante. Quelquefois, tout se borne là; après quelques jours, le malade s'améliore et sa guérison est complète au bout d'une semaine ou de deux. Plus souvent la parésie augmente rapidement et devient bientôt une paraplégie absolue. Le moindre mouvement est impossible au malade. Les manifestations du côté de la sensibilité sont variables. On note tantôt de l'hyperesthésie cutanée avec exagération des réflexes tendineux, tantôt de l'anesthésie avec abolition. La vessie et le rectum se paralysent à leur tour et on observe de l'incontinence ou de la rétention des matières. Souvent les phénomènes restent localisés aux membres inférieurs et aux sphincters. Mais d'autres fois, la paralysie suit nettement une marche ascendante et revêt le type classique de la maladie de Landry. On observe — précédée par une phase de douleurs lancinantes — une paralysie ou une parésie des membr-es supérieurs. On peut observer également une paralysie des muscles de la face et des troubles bulbaires, tels que dyspnée, tachycardie, dysphagie, etc. Après une période très inquiétante où on se demande si ces manifestations bulbaires ne vont pas amener un dénouement fatal, les symptômes s'arrêtent puis s'améliorent. En un laps de temps qui varie le plus souvent entre dix et vingt jours, les phénomènes paralytiques se dissipent,