CAUSES DES INSUCCÈS APPARENTS
le dixième joui'. Ajoutons que dans les InsUluls (Algérie, Malaisie, iiule, Iiulo-Cliine, etc.), où des in(Ii;j:('''nos soni, soignés côle à cOle avec des Européens, la plus grande rré(|ueiice des insuccès chez les |)reiniei'S (1,31 p. 100 de mortalité à Alger au lieu de 0,43 p. 100) a été altiMbuée, en même temps qu'au nombre plus c()nsidéi'a])l(! de morsui-es à nu, à la luUe beaucoup moins grande qu'ils appoilent à venir suivre le traitement.
Enfui, une dernière circonstance de nalure à iniluer sur les résultats des divei'S Instituts antirabiques est la méthode qui y est appliquée. Les dill'érents procédés d'atténuation des moelles (dessiccation, chauHage, dilution) donnent des résultats sensiblement identiques. Une influence considérable revient par contre à l'inlensité avec laquelle chacune de ces méthodes est employée. De nombreux exemples peuvent être cilés à l'appui de cette opinion. En 1886, les statistiquesde l'Institut antirabique d'Odessa présentaient avec celles de l'Institut Pasteur de Paris un écart considérable. Pasteur émit l'avis que les insuccès constatés tenaient au traitement qui avait été tr'op simple pour des morsures graves. Gamaleïa, qui injectait la série des moelles du quatorzième au cinquième jour, poussa plus avant les vaccinations et tandis que le traitement simple lui avait donné une mortalité de 5,88 p. 100, le traitement intensif donna 0,80 p. 100. Babès à Bucarest applique aux mordus pai des loups la méthode forte de Pasteur et sur 56 cas il a 14 insuccès. Dans une deuxième période, il arrive à injecter du virus fixe déjà au premier ou au deuxième jour du traitement et il inocule de plus grandes quantités de moelles; sur 116 personnes, 17 seulement succombent à la rage. Plus tard, l'administration de doses massives d'émulsions de virus chauffées à 50, 45, 40° et aussi de sérum antirabique permet d'abaisser la mortalité à 6,66 p. 100.
Les insuccès de la méthode pastopienne en général.
a) Causes des insuccès apparents. — Api ès avoir vu les circonstances de nature à produire des variations de résultat d'un Institut à l'autre, nous devons étudier les causes d'insuccès, non plus de tel Institut en particulier mais de tous les Instituts en général. 11 convient d'envisager séparément les insuccès apparents et les insuccès réels.
Ainsi que nous l'avons déjà dit et répété, le traitement antirabique est une lutte de vitesse entre le virus et le vaccin qui, par des voies différentes, cheminent vers les centres nerveux. Il est aisé de déduM'e de là les causes qui peuvent amener la mort pendant
P. nr:MLiNGEn. — vaccination antiuabique.
l(i li'ail.(!in(!iiL ou la (juinzaihc qui suiL la lin du IruilciiKîiil.
Nous retrouvons d'abord ici deux lacleurs signalés au paragraphe précédent : le retard ap|)orlé à venir à l'Institut et le degré de vii-ulencc de l'animal mordeur.
•1" On conçoit que [)our les inaladesquise présentent aux inoctlations dans les premiers huit jours, les chances de mort soient des plus minimes puisqu'elles ne concei-nent que les cas de rage d'uni; incubation inférieure à environ vingt-cinq jours. Les personnes qui ne subissent pas les vaccinations avant la deuxième semaine s'exposent davantage, la maladie pouvant éclater entre le trentième et le quarantième jour, ainsi que cela se voit pour les morsures graves à la face. Enfin c'est commettre une lourde faute que de reculer le traitement à trois semaines après l'accident; le succès des inoculations serait soumis aux chances d'une incubation déjà longue de cinquante à soixante jours. C'est surtout en cas de morsure à la face et âux mains et en cas de morsure de loup qu'il y a une importance capitale à mettre la plus grande diligence à venir suivre le traitement. Les mordus par des loups chez qui les inoculations ne peuvent être commencées qu'après le huitième jour n'ont que bien peu de chance d'échapper à la rage.
2° 11 n'y a pas que le loupdont les morsures comportent une gravité spéciale. Les morsures de renard, de chacal paraissent aussi plus graves qUe celles de chien. Chez le chien même, on rencontre de temps à autre des virus dits « renforcés » capables de tuer le lapin en huit à dix jours par inoculation sous-dure-mérienne et de produire la maladie chez l'homme après un laps de temps très court (quinze à vingt joui's). L'exemple suivant est typique à cet égard. A Novarra, un gros chien reconnu enragea l'inoculation expérimentale mord, les 4 et 5 juillet 1903,9 personnes et un certain nombre d'animaux. De ces 9 personnes, 2 mordues légèrement ne suivent pas le traitement antirabique et échappent à la rage; 3 autres mordues légèrement, elles aussi, suivent le traitement et échappent également à la maladie. Mais 4 personnes plus gravement mordues meurent de rage respectivement vingt, trente, trente-quatre et quarante-quatre jours après la morsure. Deux d'entre elles se trouvaient au dix-seplième jour du traitement lorsque les premiers symptômes firent leur apparition. Chez la troisième, ils se manifestèrent six jours et chez la quatrième vingt-qualre jours après la fin du traitement.
3° Le siège des morsures a une importance considérable. Plus la région est rapprochée des centres d'une part, plus elle est riche en (ilets nerveux d'autre part, plus naturellement le mordu a de chances de succomber avant que le traitement n'ait le temps d'agir. Cer-