HISTORIQUE
ment réfractaii'cs a poriiiis dos recherches intéressantes, mais n'a jamais donné de résultats pratiques.
La séroliiérapi»! est dovenui! une i)uissante nuHliode tiiérapeuti(iu(! h' jour où Belii'ing i!t Kilasato (!) nous liront connaître les remar- (pialiles propriétés du sérum des animau.x vaccinés contrôle tétanos et la (liphlérie; voici leurs principales conclusions :
1" Le san{( d'un lapin, l'ondu léfractaire au tétanos, est capable de détruire les to.xines du tétanos;
2° (lotte propriété peut se démontrer ])our le sang extrait des vaisseaux et pour le sérum .seul;
3" Cette propriété est si durable qu'elle persiste, même après la transfusion dans l'organisme d'autres animaux ; elle permet ai'nsi un traitement de l'aircction.
C'est à la lin de l'année 1800 que Behring et Ritasato publièrent leur grande découverte des antitoxines tétanique et diphtérique, et aussitôt les savants de tous les pays se mirent à étudier les propriétés des sérums des animaux vaccinés contre le tétanos et la diphtérie.
Les e.\périmentateurs,en étudiant d'abord le sérum antitétanique, cédèrent à un désir d'agir vite et sûrement; car le tétanos était une maladie facile à reproduire chez les animaux, avec tous les caractères qu'on trouve chez l'homme; et, on savait couramment préparer une bonne toxine tétanique. Cette facilité dans l'étude avait fait oublier que toute tétanisation témoignait d'une lésion cellulaire avancée, et que vouloir guérir un tétanos déclaré était une entreprise difUcile, pour les débuts d'une méthode thérapeutique.
Heureusement les dillicnllés n'étaient pas les mêmes pour la sérothérapie antidiphtérique. Dans la diphtérie, l'empoisonnement est consécutif à l'angine, à la laryngite. 11 y a d'abord une maladie locale et consécutivement une intoxication générale; en outre la lésion siège sur des parties du corps facilement accessibles à l'examen; les symptômes qu'elle provoque sont faciles à reconnaître el on diagnostique la diphtérie avant qu'elle ne se manifeste par les signes de l'empoisonnement. Cette circonstance que la diphtérie est une affection localisée, naissant sous les yeux du médecin, aurait dû inciter les travailleurs à étudier de préférence la sérothérapie antidiphtérique ; il en fut autrement parce qu'il était plus difficile de reproduire la maladie chez l'animal avec tous les caractères qu'on rencontre en clinique et surtout parce qu'on ne pouvait pas prépai'er d'une façon régulière et suivie des quantités suffisqnles de toxine diphtérique prpsentaqt upe môme activité.
(I) Dcuisrh. meti. ]\'oc/i., ilécfnibie 1890, ii»» 49 cl 50.
Médic. niicrobiens.
130 LOUIS MARTIN. — SlilllOTHlÎRAPIR ANTIDIPHTÉRIQUE.
Les propriétés du sérum (lépoiiduiiL eu gi'ando |)iirlj(; de; l'aclivilé des loxines, \nmv jtréparer uu hou séi'uin, il faut, avant loul, avoir des toxines en (juantité sul'lisauLe et diî (jualilé |)arfaite. Ca'. |)rol)l('iM(! avait préoccupé MM. Iloux et Yersin et c'est ciirtaiueuient grâc(! à la connai.ssance approfondie de la préparation de la toxine diphtérique ([ue M. Houx et ses collahoraleurs ont pu préparer <1(!S sérums actifs en ([uantité suflisante ; dès lors on a pu étudier l'action du séi-uin sur de nombreux malades, et des résultats complets furent présentés au Congrès de Budapest en 1894.
Dans cotte communication M. Roux a su pai' sa çlai'té,sa pi-écision, convaincre les hésitants et faire adopter par tous la sérothérapie antidiphtérique.
11 est donc naturel de commencer notre étude par un exposé des caractères du bacille diphtérique et des propriétés du poison qu'il élabore.