‹ Médicaments microbiensChapitre 93 sur 163 · PAU · texte numérisé non relu

PAU

A. BESREDKA

Chef (le Uiijoi-aloire h rinslilul l'astcur.

Le sémm antisU-eptococeique, quoique entré depuis déjà plus de douze ans dans la thérapeutique humaine, est loin d'y avou- acquis le droit de cité. Tout au contraire, depuis sa découverte, jamais il n'a soulevé autant de discussions qu'en ces temps derniers. Le lait est que, outre les imperfections que ce sérum partage avec la majorité des sérums antimicrobiens, il a un point faible, qui lui appartient en propre et qui dérive de l'incertitude qui plane de tout temps sur la nature même du streptocoque. ^

Marmorek (i), qui s'est occupé beaucoup de la sérothérapie anlistreptococcique, soutenait, même jusqu'à ces temps derniers, que tous les streptocoques, d'où qu'ils viennent, appartiennent a une seule et même espèce.

Cette opinion, sans être unanime, a été celle que l'on enseignait généralement : dans les traités aussi bien que dans les cours de bactériologie, on parlait couramment du streptocoque.

Aujourd'hui, c'est l'opinion contraire qui semble prévaloir ; il paraîtrait qu'il n'y a pas deux streptocoques qui se ressemblent ; non seulement, les streptocoques varient d'une maladie à l'autre, mais, dans la même maladie, cliniquement bien déterminée, comme la scarlatine par exemple, les streptocoques seraient différents les uns

des autres. . .

On conçoit aisément qu'une divergence aussi profonde d opinions n'est pas sans avoir eu une répercussion sur la sérothérapie antistreptococcique, et voici pourquoi celle-ci a mis tant d'années a se frayer un passage dans la clinique.

11 n'est pas douteux que nos connaissances sur la biologie du streptocoque sont encore imparfaites; il n'en est pas moins certain que la tendance actuelle de voir partout et toujours des streptocoques variés est aussi peu fondée que l'opinion des unicistes hypnotises par la ressemblance morphologique de cocci en chaînettes.

(1) Annales de iinslitut Pasteur, 130o, p. 693 ; 1902, p. 17i.

SÉROTHÉRAPIE ANl'ISTREPTOCOCCIQU E. 269

Le problème qui se pose aujourd'hui est de trouvei- les moyens d'individualiser les streptocoques ; c'est là, pensons-nous, l'avenir de la sérothérapie antistreptococcique, et tant que ce ])rol)ième ne sera pas résolu, ou sei'a réduit à des tâtonnements et à de l'empirisme plus ou moins réussi.

Aujourd'hui, nous ne sommes pas encore en élat d'individualiser les streptocoques par des procédés scienlifiquos purs. Gomme il y a encore beaucoup de savants, et non des moindres, qui croient à l'unicité des streptocoques et d'autres qui sont de l'avis opposé, il ne nous reste qu'à exposer les arguments des uns et des autres et à en faire juge le lecteur.

Après s'être fait une idée personnelle, le lecteut- saura choisir luimême, parmi les différenls types de sérums antislreptococciques, celui qu'il jugera le meilleur; car, on ne saurait trop le répéter, toute la sérothérapie antistreptococcique est dominée par cette question primordiale, à savoir s'il existe un ou plusieurs streptocoques.

Unicistes et pluralistes.

Le problème, placé sur le terrain pratique, se réduit à ceci : oui ou non, un sérum préparé avec un streptocoque déterminé, agit-il contre tous les sti-eptocoques ? Cette formule n'embrasse pas, évidemment, toute la question de la sérothérapie, mais elle vise le point le plus urgent à résoudre.

Toutes les opinions émises à ce sujet peuvent èti-e ramenées à deux : les unicistes estiment que les nuances individuelles que l'on observe entre divers échantillons de streptocoques, s'effacent devant les caractères généraux communs à la totalité des streptocoques; les pluralistes, au contraire, pensent que ces nuances sont essentielles, et que l'englobement de toutes les chaînettes sous la même enseigne n'est rien moins que justifié.

Pour permettre au lecteur de s'orienter dans ces çpinions contra (hctou-es, nous allons exposer les arguments apportés de part et d autre, en évitant, autant que possible, les détails et les chiffres qui ne peuvent que gêner la vue d'ensemble ; nous chercherons à nous rendre compte de la valeur de ces différenls arguments, et si .Ml pesant tous les pro et, contra, le lectoui; arrive à se faireune idée nette et personnelle de l'état actuel de la question, notre etfort sera largement recompensé.

Les principaux points de repère qui ont servi de base aux nomiH-euses discussions dans les deux camps, étaient fournis par l'étude

260 A. BESREDKA. — SÉROTHÉRAPIE ANTISTREPTOCOCCIQUE.

macro- et mici'oscoi)i(iue des slreplocoques, de leur origine, de leurs propriélcs bio-chimiques, de leurs pi'opriélés hémoiytiques, du pouvoir prévenLil' el, eniin, de la propriété lixatrice de sérums untistreptococciqucs.

Nous allons passer en l'cvue chacun de ces arguments en parti-

Classification basée sur les caractères morphologiques.

On ne s'est pas beaucoup attardé à des distinctions purement morphologiques, surtout d'ordre macroscopi(iue.

L'aspect J/îicroscopjgtte a bien donné lieu à plusieurs classifications; ainsi, on a proposé, entre autres, d'étaldir deux types de streptocoques [lonyus et brevis), en tenant compte de la longueur des chaînettes.

Mais, adopter cette division, c'est avouer n'avoir jamais vu se ti'ansformer de longues chaînettes en courtes, et inversement. Du reste, est-il besoin d'ajouter que toutes ces classitications, soit macro-, soit microscopiques, ne reposent sur aucune basesohde; elles courent au-devant d'un échec certain et ne peuvent être utiles qu'en tant qu'elles prouvent l'inanité de pareilles tentatives.

Classification basée sur la provenance.

L'idée de classer les streptocoques d'après leur orififine, c'est-à-dire d'après la maladie dont ils étaient isolés, avait plus de chances d'aboutir ; ce fut, du reste, l'idée qui s'imposa à l'esprit des premiers chercheurs : aussi a-t-elle été soutenue avec énergie par l<ehleisen qui détendait jalousement la spécificité de son érysipélocoque et ne voulait à aucun prix admettre qu'il fût identique au streptocoque du phlegmon.

De même, Rosenbach afflrmait pouvoir distinguer a coup sur en culture le streptocoque pyogènede celui de l'érysipèle. ^

11 a fallu renoncer à toutes ces distinctions pathogen.ques, surtout après que Petruschky eut provoqué, avec le même slreplocoque, l'érysipèle, le phlegmon et la septicémie générale, aussi bien chez l'homme que chez les animaux.

Du reste, la clinique a fourni plus d'un exemple prouvant que le streptocoque de l'érysipèle pouvait devenir une source d infection puerpérale, en passant par les mains d'une sage-lemme peu soi-

11 se trouve donc ainsi établi le fait qu'une infection streptococ-

CLASSIFICATION DES STREPTOCOQUES.

ciquepeut revêtir diiïorcnLcs formes cliniques, suivant la résistance individuelle du sujet, suivant la structure intime de la région inoculée, et cela tout à fait indépendamment de la nature du streptocoque employé, ou de son origine primitive.

Certes, ces temps derniers, sous l'impulsion des communicalions de iMoser, (1) il s'est dessiné de nouveau une tendance à attribuer un caractère spécifique à certains streptocoques tels que celui que l'on rencontre dans la scarlatine ou dans la variole ; mais à partde rares partisans, cette hypothèse exprimée récemment n'a pas encore reçu la confirmation voulue.

Les tentatives infructueuses pour diviser les streptocoques en plusieurs groupes contribuèrent beaucoup à faire pencher l'opinion générale vers l'hypothèse uniciste, et lorsque, en i895, Marmorek se déclara résolument en faveur de cette dernière, il a eu presque l'unanimité des bactériologistes de son côté. Les chosesne se sontpas passées, il est vrai, sans quelques protestations ; on citait des cas (Van de Velde, Méry, J . Courmont), où l'infection slreptococcique n'était pas justiciable du sérum monovalent de .^larmorek, mais on étaitporté à mettre ces faits plutôt sur le compte de l'imperfection du sérum que de la diversité des streptocoques.

Classification basée sur les caractères bio-chimiques.

Pour répondre à ses contradicteurs, Marmorek (2) a consacré, en 1902, à ce sujet, tout un mémoire, dans lequel il maintient intégralement son opinion uniciste, en l'appuyant sur des arguments nouveaux.

Comme en 1895, il déclare n'attribuer aucune importance aux caractères extérieurs des streptocoques, tels que la grosseur des grains, la longueur des chaînettes ou leur pouvoir de troubler plus ou moins le bouillon de culture. Ce qui importe avant tout, d'après cet auteur, ce sont les caractères bio-chimiques ; or, ceu.x-ci permettent d'établir des liens de parenté entre tous les streptocoques dorigme humanie. Parmi les caractères biochimiques des streptocoques, il insiste sur l'hémolyse, d'une part, et sur l'incapacité du streptocoque de pousser dans un filtrat slreptococcique, d'autre part ; nous propo-sons d'appeler ce dernier phénomène « le si-ne de Marmorek ».

Plus de 40 échantillons de streptocoques d'origine humaine ont

I^LÙ: cit P- «80' ; ^Vienc- Idin. Woclicnsck,:, m->, p. 1086.

262 A. BESREDKA. — SlÎROTHftUAPIE ANTISTREPTOCOCCIQUE.

ôl('ï essayés au poiiil de vue hémolylique; tous onl donni'; des résnllals positifs. Seuls, les sLrepLoc,o([ues isolés d(!S cas de scarlatine iK'Mnolysaieut moins bien, luiiissi faible qu'elle fût, l'hémolyse a été constatée dans tous les cas.

Quant au deuxième caractère — le signe de Marmoi'ek, — il est également conunun, d'après ce savant, a tbus les sli'eptoco(|ues. Si l'on ensenrierice lë streptocoque dans une culllire en bouillon, lilti ée, de ce même échantillon ou d'un échantillon étrangei', le bouillon ne se trouble pas, alors que tout autre microbe, tel que le staphylocoque ou le pneumocoque, ensemencé dans le même bouillon filtré, donne une culture abondante.

La grande majorité des chaînettes essayées par Màrmorekonl répondu à ce desideratum bio-chimique; elles appartiennent donc à une seule et môme famille. Les sti-eptocoques rencontrés dans la scarlatine s'écartent un peu de cette règle ;ils peuvent donner, dans les conditions indiquées, une culture, bien que très faible. Quant au streptocoque de là gourme, il se distingue nettement de tous les autres : dans un filtrat streptococcique, il cultive presque aussi bien qu'un riiicrobe étranger. En plus de ces deux réactions bio-chimiques, Marmorek voit un troisième argument en faveur dé l'unité des streptocoques dans l'action spécifique de son sérum (antitoxique) contre tous les streptocoques, y compris celui de la scarlatine. (Sous ce rapport, également, le streptocoque de lagournieest le seul ([ui se singularise, le séruni n'ayant aucune action sur lui).

Vu cet ensemble de faits, Marmorek n'hésite pas à rattacher tous les streptocoques, celui de la gourme excepté, à une même espèce, et cela, répétons-le, parce que tous ils hémolysent les globules rouges de lapin, tous ils se montrent incapables de pousser dans un fdtrat streptococcique, et tous ils sont justiciables du même sérum antistreplococcique.

Classification basée sur les capactèpes hémolytiques.

Il est vrai que le phénomène auquel nous avons donné le nom dé Marmorek, na jusqu'ici soulevé aucune objection. 11 n'en est pas, malheureusement, de même pour ce qui concerne les deux autres qui sont passibles de critiqués. Là conclusion de Marmorek ne peut donc être acceptée qu'avec réserves. Ainsi, pour l'hémolysine, le fait ne semble pas aussi général cpie le croyait Marmorek.

Schlesinger (1) a souvent observé des streptocoques soit palho-

{i)ZeiCschr. f. llij'j., iao:i, vol. XUV, p. 428.

CLASSIFICATION DES STREPTOCOQUES.

gènes, soil non pathogènes, (lui n'IiémolysnienL pas du fout. Nousmêmes avons souvent rencontré, au cours ilo nos études sur le sérum anlistreptococcifiue, des écliantiilons qui non seulement ne dissolvaient pas les hématies in vivo, ce qui est, du reste, fort rare, mais ne déterminaient pas de diffusion d'iiémoglobine invilro, même après vingt-quatre heures de contact avec les globules. Si, par conséquent, cette propriété d'hémoiyser ou de ne pas hémolyser les liémafies de lapin devait avoir l'importance que veut lui attacher Marmorek, on aurait dû voir là plutôt un argument sérieux contre l'unité des streptocoques.

Nous nous garderons cependant bien de tirer des conclusions d'aucun genre de ce fait car, pour nous, la propriété de cultures entières de streptocoques de dissoudre les globules rouges est un phénomène de peu d'importance et ne mérite pas d'entrer en ligne de compte dans la discussion qui nous préoccupe.

Ne savons-nous' donc pas aujourd'hui que presque tous les microbes sont doués d'un pouvoir hémoly tique, à un degré plus ou moins prononcé. Si, à l'exemple de Marmorek, on voulait tirer un parti de cette propriété des streptocoques, il aurait mieux valu, pensonsnous, s'adresser non à des cultures entières, mais à des cultures filtrées, c'est-à-dire au produit que nous avons décrit (1) sous le nom de strcptoco lysine; ce produit seul porte en lui un cachet de spécificité : cette streptocolysine filtrée présente des caractères qui ne permettent de la confondre avec aucune autre hémolysine: de plus, la plupart des microbes cessent d'être hémoly tiques aussitôt qu'ils sont filtrés.

Classification basée sur l'agglutination.

Nous voulons passer maintenant aux arguments tirés de l'étude des propriétés des sérums anfistreplococciques, notamment de leurs propriétés agghttinalives, préventives et fixatrices.

Ciiaque fois que les caractères morphologi(iues d'un microbe prêtent à des doutes sur son identité, on a grand avantage à s'adresser à des sérums spécifiques. Ce fut le cas pour les différentes races de vibrions que l'on a appris à distinguer, surtout grâce aux sérums; ce procédé s'est montré souvent très utile pour les cas du B. typhique, du B. de la dysenterie, du colibacille. 11 était tout naturel (|ue l'on essayât également pour le streptocoque.

L'agglutination des streptocoques a été signalée pal' Van de Velde (-2). En immunisant des chevaux avec différents streptocoques, il a

(I) Annales de l'instiliil Paslciir, Ifllll, p. 880. (-) Archives île méilec. exjiérim., 1S!)7, p. SD.-i,

264 A. BESREDKA. — SËROTHÉHAPIE ANTISTREPTOCOCCIQUK.

remarqué ([ue le sérum élaiL à la l'ois prévenlil' eL agglutinant vis-àvis des slreptocoques employés el poinl vis-à-vis d'autres. Ce pai-allélisme fut tel qu'il se demanda << si on n'aurait pas dans l'aggluLinalion un moyen sûr et facile de savoir si un mici'obe donné est justiciable ou non d'un sérum donné ».

Les mêmes espérances ont été encore récemment formulées parTavol(l). Nous savons aujourd'hui que ces deux pri)i)riélés — préventive et agglutinante — n'ont rien de commun, et ces espérances ont d'autant moins de chances de se réaliser que l'agglutination des streptocoques est un phénomène éminemment changeanl. Déjà Van de Velde a remarqué que l'on a là un réaclif peu stable et que le même streptocoque peut s'agglutiner dliféremment suivant le cas ; « ce fait, dit-il, est de nature à enlever une grande partie de sa valeur à la réaction d'agglutination comme critérium de classification ».

Cette remarque n'est intéressante que parce qu'elle a été faiite il y a plus de dix ans et qu'à celle époque-là déjà on s'est aperçu que l'agglulinalion ne saurait être ulilisée pour la dill'érencialion des slreptocoques.

Cela n'a pas cependant empêché beaucoup d'auteurs de revenir plus tard sur ce phénomène avec l'espoir de Laser sur lui une classification rationnelle.

Ainsi, Meyer (2), en 1902, a cru pouvoir diviser les streptocoques d'après la propriété agglutinalive, en deux groupes : dans le premier, il place les streptocoques des angines (scarlatine, rhumalisme, angine simple) ; dans le deuxième groupe, il range les streptocoques des infections pyogènes.

Mais c'est surtout à la suite de la communicalion retentissante de Moser (3) que cette question qui semblait jugée et tombée définitivement dans l'oubli, fut de nouveau appelée à l'ordre du jour. Les tentatives pour démontrer la spécificité du streptocoque scarlatineux ou sa non-spécificité nous ont valu une série de travaux, dont quelques-uns fort remarquables; ils portent les signatures d'Aronson, Neufeld, Weaver, Moser et von Pirquet, Baginsky etSommerfeld, Tavel, Wlassiewski, Solge et Ilasenknopf, Dopter, etc.

On devine que les principaux arguments apportés par ces auteurs pour ou conli'c la spécificité du streptocoque scarlalineux roulaient autour des chilfres exprimant le titre agglutinalif de divers

(1) Deutsche mediz. Wocli., 1003, p. 950, 97!).

(2) Deutsche mcdiz. Woc.h., 190i, p. 73.

(3) Loc. cit.

CLASSIFICATION DES STREPTOCOQUES. 265

sérums vis-à-vis de divers sLfeploco(|ues. Nous n'cnlrcrons pas dans ces détails, daulanL plus que la conclusion j^énérale (jui se dégage de tous ces travaux, même de ceux qui sont favorables à la spécificité, est que l'agglutination n'est pas de taille à trancher cette question.

Kn effet, si l'on faitabstraction de quelques observations cliniques de Solge et Ilasenknopf (1) qui auraient vu le sérum des malades agglutiner le streptocoque de la scarlatine dans la i)rofiorfion de 1 : l;iO, on ne connaît aucun autre fait clinique du même genre.

Moser lui-même, en collaboration avec von Pirquet, a examiné le sérum de 51 malades atteints de scarlatine et un grand nombre de sérums d'autres personnes. « L'agglutination », disent-ils en manière de conclusion, « se voit plus souvent chez les scarlatineux que chez les non-scarlatineux ; plus souvent dans les cas graves que dans les cas légers ».

On conviendra qu'une pareille conclusion n'est pas de nature à entraîner la conviction en faveur de la spécificité. A côté de cela, Daginsky et Sommerfeld(2), Weaver (3), et, tout récemment, Dopter (4) n'ont constaté que des résultats négatifs.

Tels sont les renseignements puisés dans la clinique.

Quant à l'agglutination des streptocoques scarlatineux par le sérum des animaux immunisés, elle n'est pas non plus en faveur de Moser. 11 nous suffira pour cela de citer un exemple parmi des quantités d'autres; c'est au travail d'Aronson que nous l'empruntons. Ce savant a immunisé un cheval avec un streptocoque de la scarlatine et un autre cheval avec un streptocoque isolé d'un cas de septicémie. Lorsque, à la fin de l'immunisation, Aronson essaya les deux sérums vis-à-vis d'un nouvel échantillon de streptocoque scarlatineux, il vil que ce dernier s'agglutinait mieux par le sérum du cheval septicémique que par celui du cheval scarlatineux.

On se serait attendu à autre chose d'un streptocoque spécifique. Du reste, l'agglutinabilité des streptocoques par des sérums prépar-és est extrêmement changeante et ne se prête guère à une précision voulue.

Ainsi, Neufeld (ii) a pu constater que quelquefois un sérum agglutinait mieux un streptocoque étranger que celui avec leciuel il avait été préparé; la présence, dans le sérum, de certaines substances comme

(I) Centraibl. f. BalHer., l. XXXll ; Refcr. p. C43. {!) Hurlin. klin. Wocli., 1900, p. 5S8, GIS.

['■l).fournnl of infect, dhcasex, lOO'i, p. 91, Journal of mctlic. 7-escarc/i., 190;!, p 2VG. (i) Comptes rendus Soc. Iliologie, 190.1-, p. 787, (r.) Zell.iclir. f. Ilug., 190:), p. 10|.

266 A. BESJIKDKA. — SÉROTHÉRAPIE ANTISTREPTOCOCCIQUE.

l(î (ricruHol, sulïil [)our diUruire son pouvoir agglutinant; ce dernier varié sous l'influence du moindre changement de réaction du milieu; et, chose curieuse, le même streptocoque, suivant qu'il est plus ou moins virulent, manifeste un tili'C agglutinatif dillëreni . Neui'elda pu s'en assurer en prenant deux streptocoques de même origine (F), mais de virulence différente.

Le sérum de Moser, dit antiscarlatineux, se montra li'ès agglutinant (1 : 20.000) pour la variété atténuée; mais, dès (|u'on le mit en contact avec la variété virulente, iln'y eutpas d'agglutination, môme à la propoi-tion de 1 : 100. Lorsque l'auteur exalta la virulence de la culture atténuée, en la faisant passer plusieurs fois par la souris, le streptocoque, devenu virulent, perdit la propriété de s'agglutiner.

L'agglutinahilité du streptocoque étant ti'ès labile, ne convient donc pas à un dosage rigoureux, ce qui lui enlève une grande partie de sa valeur au point de vue auquel nous nous plaçons. Ajoutons à cela que souvent les streptocoques poussent en amas, en donnant de gros grumeaux qu'il est nécessaire de ti'anslormer préalablement en une émulsion homogène, avant de procéder aux essais d'agglutination ; cette opération préalable varie nécessairement avec chaque expérimentateur, ce qui rend les résultats peu compai'ables.

Vu toutes ces difficultés, il serait hasardeux de vouloir baser sur le phénomène de l'agglutination seul des conclusions au sujet de l'unité ou de la multiplicité des streptocoques.

Classification basée sur l'action préventive du sérum.

Comme nous l'avons déjà fait remarquer au début de cet article, si l'on a tant cherché à être fixé sur cette question, c'est surtout parce qu'elle est liée à une question pratique fort importante qui touche au mode de préparation du sérum antistreptococcique. Mais alors, il eût été plus simple d'aborder le sujet de face et de voir si un sérum monovalent agit vis-à-vis de tous les streptocoques ou non; car, en somme, c'est là le point aboutissant voulu de toutes les discussions que nous avons résumées plus haut.

La question, en fait, fut posée sous cette forme plus d'une fois; mais il y fut répondu de dilférentes façons.

Après que Marmorekeutannoncé (189D)quele séi'um préparé avec un seul sii'eptocoque, très vii'ulent pour le lapin, préservait cou Ire (ou le infection streptococcique, IVléi'y (1) d'abord (tS'JC), J. Courmonl (2)

(1) Compf. rciiil. Hoc. liiologir, IRflli.

(2) Co7ni>t. rend. Soc. JJiologic, 1S9.S,

CONCEPTION UNTGISTE. 267

ensuite (i898) publièronl, des ohscrvalions qui ne cadraicnl pas avec celte manière (le voir. Le streptocoque, employé par Méry, a été isolé chez un entant atteint de scarlatine, pendant la vie ; injecté à des animaux, ce streptocoque déterminai! une infection mortelle, et cela aussi bien chez les animaux traités par le sérum que chez les témoins. Ce fait s'élant reproduit chez plusieurs animaux, Méry en conclut que « l'unicité du streptocoque, qu'on l'cnconti'c en pathologie humaine, lui paraît définitivement infirmée ».

Deux ans plus tard (1898), Courmont a observé un phénomène analogue avec d'autres streptocoques. 11 essaya sept échantillons dont un était celui de Marmorek : seul, ce dernier fut influencé par le sérum de Marmorek. Ce résultat lui fit penser que « les streptocoques représentent une famille microbienne niai différenciée, composée d'une série de variétés impossibles à distinguer; le sérum qui immunise contre l'une, n'immunise pas contre l'autre ».

Ces critiques n'on pas cependant ébranlé la conviction de Marmorek qui, dans son mémoire de f 902, persiste à affirmer que son sérum, préparé avec la toxine de son streptocoque virulent, est actif vis-à-vis de tous les streptocoques ; c'était même là, pour lui, une preuve, comme nous l'avons déjà dit, de l'unité de tous les streptocoques, celui de la gourme excepté.

Conception uniciste d'Aponson et de Neufeld.

Cette thèse, présentée sous la même forme, a trouvé récemment des partisans convaincus en la personne do deux autres bactériologistes de valeur, Aronson et Neufeld, qui ne peuvent pas cependant être soupçonnés de teildresse pour le sérum de Marmorek.

Aronson (t) nie catégoriquement la multiplicité des streptocoques. D'après lui, il existe une parenté « extraordinairement grande » entre tous les streptocoques et, à l'appui de son dire, il cite son sérum qui, quoique préparé avec un seul streptocoque, protège contre tous les streptocoques, quelle que soit leur origine.

De même, Neufeld (2), qui a réussi à vacciner des lapins par un pi-océdé très rapide, déclare que son séi'um, obtenu avec une seule espèce virulente, préserve les souris, non seulement contre cette espèce, mais mêine contre les streptocoques étrangers, tels qile ceux d' Aronson ou de Marmorek.

(\) /li-rlin. Iclin. Uoc/i., 1902, p. 979, 1000 ; JJcu/sche medisinische Woch., 1903, p. .i:!9.

(2) Loc. cit.

268 A. BESREDKA. — SÉROTHÉRAPIE ANTISTRRPTOCOCCIQUE.

Voici donc deux savants (|ui opi'îi-ent sur des animaux différents, cm])Ioicnt des procédés d'immunisation difl'éiHînts et arrivent à là même conclusion que Marmorek a toujoui's J'ail sienne, c'est-à-dire que le streptocoque est unique, parce que le sérum monovalent agit contre tous les streptocoques humains.

Tel est le dernier mot dit sur la question, d'après les travaux les plus récents.

Critique de la conception d'Aronson.

Est-ce que réellement la question se trouve ainsi résolue ?

Pas du tout. Ni les expériences d'Aronson, ni celles de Neuleld ne démontrent l'unité des streptocoques.

Expliquons-nous. Commençons par Aronson.

Ce savant a immunisé des chevaux avec un streptocoque qu'il avait rendu extrêmement virulent en le faisant passer de souris à souris. 11 a obtenu de la sorte un sérum d'une très grande activité, non seulement pour le streptoco(iue qui a servi à l'immunisation, mais encore, dit-il, pour d'autres streptocoques de divei-ses provenances : ainsi, il a pu constater que le streptocoque de la scarlatine est également justiciable de ce sérum, au même titre que son propre streptocoque.

En règle générale, les streptocoques qui sont isolés directement chez l'homme, ne sont guère pathogènes pour la souris; pour les rendre virulents, Aronson a été naturellement obligé de les faire passer plusieurs l'ois par la souris. Ceci fait, il vit que, quelle que fut l'origine primitive du streptocoque, le sérum était toujours actif. Nous connaissons la conclusion qu'en tire l'auteur. Eh bien, c'est là où gît l'erreur.

En prenant des streptocoques de provenance différente et en les faisant passer par l'organisme de la souris, en vue d'exalter leur virulence, Aronson leur a enlevé leur individualité et les a transformés tous en une seule espèce, pathogène pour la souris.

Si le sérum monovalent d'Aronson se montre actif vis-à-vis de tous les streptocoques essayés, ce n'est pas parce qu'ils appartiennent, dès leur origine, à la mèmel'amille, mais parce qu'Arouson les a uniformisés artificiellement, par des passages successifs de souris à souris. Il n'est dès lors pas surprenant que son sérum, qui avait été préparé avec un semblable streptocoque, ayant fait de nombreux passages parla souris, se soit montré actif vis-à-vis de celte espèce unifiée d'Aronson.

Et cela est si vrai que lorsque cet expérimentateur s'adressa à un

CONCEPTION UNICISTB.

streptocoque qui est d'emblée pathogène pour la souris, comme c'est le cas du microbe de la gourme, le sérum n'eut pas d'action sur lui. Mais, quand le même microbe eut fait plusieurs passages par la souris et que sa virulence se trouva de la sorte exaltée, le même sérum, d'inactif devint actif.

11 y alà un fait qui pai'ait paradoxal :un sérum qui n'a pas d'action sur un streptocoque peu virulent, devient actif dès que ce streptocoque augmente de virulence.

L'explication en est cependant très claire. Le streptocoque de la gourme, tel qu'on le rencontre dans la nature, étant différent de celui d'Aronson, n'est pas justiciable du sérum d'Aronson; mais ce même streptocoque de la gourme, dès qu'il perd son individualité et se trouve transformé par la souris en un streptocoque particulier que nous appellerons volontiers un streptocoque de passage, devient justiciable du sérum préparé avec un streptocoque semblable, c'està-dire avec un streptocoque de passage.

11 s'ensuit donc que tous les essais de sérum, faits par Aronson sur des streptocoques de la scarlatine, de l'angine, etc., n'ont été faits en réalité que sur un seul streptocoque, celui de la soui-is, c'està-dire sur le streptocoque de passage.

Quant à savoir si ce sérum monovalent, mis en présence de streptocoques originels de la scarlatine ou d'autres streptococcies humaines, se montrerait efficace, c'est là un problème qui reste encore ouvert.

Aronson lui-même s'en rend compte car, pour immuniser ses chevaux, il adjoint maintenant à son streptocoque virulent d'autres streptocoques qui n'ont pas fait de passage par l'animal.

Critique de la conception de Neufeld.

Quant aux recherches de Neufeld, elles n'autorisent pas non plus, nous semblc-t-il, à conclure à l'unité des streptocoques.

Un exemple concret fera mieux comprendre notre pensée.

Cet auteur nous parle d'un lapin 17, qu'il avait immunisé par son procédé rapide, contre un streptocoque très virulent, F.

Le sérum de ce lapin se montra très actif non seulement vis-à-vis de ce streptocoque F, mais encore vis-à-vis de deux autres streptocoques, celui d'Aronson, isolé de la scarlatine, et celui de Marmorek, isolé de l'angine. D'où la conclusion, facile à tirer, en faveur des sérums monovalents.

Mais voyons cette expérience de près. D'abord, qu'est-ce que ce streptocoque F? Il provient, nous dit l'auteur, d'un phlegmon et tue

270 A. BESnrcbKA. — SÉHOTttÉllAi?lJi ANTISTRlîi?TOCOCCIQtJE.

le lapiuci) li enle-six heures, à la dose de 0,00001 deceijtimèlre cube; il n'eu (lil pas davantage.

El cei)endaul il y a un détail de première Importance que nous désirerions bien connaître et qui concerne le passé de ce 1''.

(le streptocoque F a-t-il passé par l'animal ou non? Cai' c'est là tout l'intéièt de l'expérience de Neufeld.

On sait, et nous l'avons déjà dit plus haut, que les streptocorjues qui proviennent directement de l'homme sont rarement pathogènes pour les animaux, et nous avons tout lieu de croii-e que ce streptocoque F était dans le même cas, qu'il n'est devenu si meurtrier pour les lapins qu'après avoir fait des passages par le lapin ou la souris. S'il en est ainsi, on comprend sans peine pourquoi un sérum, préparé avec le streptocoque F, se monti'e également actif vis-à-vis du streptocoque d'Âronson et de celui de Marmorek ; ces trois streptocoques n'en font en réalité qu'un seul, le streptocoque de passage, bien que l'un ait pour ancêtre un streptocoque de la scarlatine, un autre, un streptocoque d'angine, et le troisième, un streptocoque de phlegmon ; tous ces caractères ancestraux ont eu le temps de s'effacer depuis longtemps, pour céder la place aux caractères nouvellement acquis du streptocoque de la souris.

Ce raisonnement n'est juste, évidemment, qu'à la .condition que notre hypothèse sur l'origine de F soit vraie, et nous avons d'autant plus de raisons de la croire telle que ce streptocoque F se comporte, même au point de vue agglutinatif, pareillement à ceux de Marmorek et d'Aronson.

La preuve de l'unité des streptocoques basée sur l'action préventive des sérums est donc à faire tout entière.

La fera-t-on jamais par ce moyen ? C'est peu probable, et cela parce que l'on ne possède pas actuellement d'animal pour lequel les streptocoques humains soient pathogènes d'emblée; certes, de temps à autre, on isole chez rhomjTie un streptocoque qui lue le lapin ou la souris ; mais ces .cas sont e.xceptionnels.

Classification basée sur la nature des fixateurs.

Ainsi, aucun des procédés employés pour résoudre le problème d'uuicité ou de multiplicité des sti'eptocoques n'a apporté d'arguments décisifs.

Faut-il donc renoncer à tout jamais à pénétrer celte (jucslion et nous résigner à immuniser les chevaux au petit bonheur, .sans savoir au juste ce qu'on leur injecte ?

Nous ne le pensons pas. 11 existe encore une ressource sur laquelle

OHOOL OF MEDICINI

PllÊPARATIpN DU SÈUUM. ^ t r- P\-yr^

. ?NiV[^R31TY QF LEEDS.

nous fondons un grand espoir. Nous voulons parler des Iixaleurs ou sensibilisatrices dont il a été si souvent question ces temps derniers.

Leurs propriétés sont assez connues pour que nous n'ayons pas besoin d'en parler ici ; rappelons seulement qu'aussi bien pour les cellules que pour les microbes, les fixateurs se sont montrés jusqu'à présent dune spécificité remarquable. On lésa trouvés dans presque tous les sérums antimicrobiens ; le sérum antistreptococcique est à peu près le seul où le fixateur n'ait pas été obsei'vé. Il y existe cependant et, dans certaines conditions d'expériences, que nous avons indiquées ailleurs, il est facile de le mettre en évidence. Le fixateur streptococcique, comme tous les autres, est spécifique ; il y a des streptocoques dont chacun possède un fixateur particulier; il y en a qui ont un fixateur commun. Ainsi, nous avons pu constater (1) un fixateur commun à trois sti-eptocoques, de provenance tout à fait différente : un de ces streptocoques fut isolé chez un enfant mort de septicémie ; un autre, dans un cas d'érysipèle, et le troisième, chez un enfant mort de scarlatine. D'autre part, nous avons obseï- vé plusieurs fois que deux streptocoques, provenant fous les deux du sang du cœur de scarlatineux, réagissaient différemment vis-à-vis du même fixateur.

On aura peut-être là un nouveau point de repère pour établir une classification naturelle des streptocoques.

Ces recherches, à peine commencées, ont besoin d'èlre poursuivies longtemps et variées le plus possible, avant que l'on puisse se prononcer d'une façon définitive. Mais d'ores et déjà le peu d'expériences faites dans cet ordre d'idées amènent à conclure qu'il en est des streptocoques comme des vibrions ou des spirilles, c'est-à-dire qu'il n'y a pas un seul streptocoque, mais un certain nombre de variétés dont quelques-unespeuvent être aussi distinctes les unes des autres que l'est le vibrion choléi'i(iue du Vibrio MeLchnikoKi ; de plus, que les streptocoques que l'on rencontre au cours d'une maladie, la .scarlatine, par exemple, peuvent appartenir à plusieurs variétés ; enfin, que la même variété de streptocoque peut se rencontrer au cours de maladies cliniquement distinctes.

Préparation du sérum. Milieu.

S'il en est ainsi, il ne nous reste à l'heure actuelle qu'à vacciner les chevaux contre le plus de streptocoques possibles. Si dans le

(l) Annales de VInstilut Pnsieur, 190*.

272 A. BESREDKA. — SÉROTHÉRAPIE ANÏISTREPTOCOCCIQUE.

nombre il s'en trouve plusieurs qui sont idenlicjues et contre lesquels les ciievaux vont réagir de façon ideiitii|ue, le mal ne sera pas grand.

En revanche, en multipliant le nombre d'éciiantillons, nous augmentons les chances d'avoir un sérum réellementpoly valent, c'est-àdire, le seul qui réponde aux besoins de la pratique journalièi'e.

En discutant le problème de l'unicité ou de la multiplicité de streptocoques, nous avons indiqué, chemin faisant, les principaux types de sérums actuellement employés. Nous allons décrire maintenant celui de l'Institut Pasteur et les détails de sa préparation (1).

La question du milieu a été pour le streptocoque toujours une de celles qui préoccupaient le plus les bactériologistes. Marmoi'ck, (jui essaya un grand nombre de milieux, s'arrêta finalement au bouillonascite. Plus près denous, Aronson, au([uel nous devions le sérum le plus actif jusqu'à présent connu, se sert de bouillon glucosé, milieu excellent, mais fort capricieux. D'autres bactériologistes ontemployé des milieux plus ou moins compliqués, mais toujours à base de bouillon.

Nous avons dérogé à cet usage, et nous opérons, autant que possible, sur des streptocoques cultivés en milieu solide. Or, .sur gélose, le streptocoque forme des colonies très petites et souvent, comme c'est le cas pour le microbe de Marmorek, c'est à peine si l'on y distingue une trace de culture. Il faut cependant, pour immuniser les chevaux, avoir de grandes quantités de corps microbiens.

Pour cela, nous avons eu recours au procédé suivant.

Tous les échantillons de streptocoques — et nous en possédons plus de 40 — sont ensemencés et conservés dans un mélange de parties égales de bouillon Martin et de sérum chauffé (06" — 1/2 heure) de cheval; dans ce milieu les streptocoques restent longtemps vivants et conservent très bien leur virulence.

Après s'être ainsi habitués à vivre en présence de sérum, les streptocoques poussent ensuite très abondamment sur la gélose que l'on a eu soin d'arroser préalablement avec un peu de sérum de cheval.

Nous faisons nos cultures dans des boîtes de Roux, ay'ant22 centimètres de longueur sur 11 centimètres de lai-geur. Une heure avant de procéder à l'ensemencement, on ajoute dans chaque boîte de gélose l-l",5 de sérum chauffé de cheval; sur une gélose ainsi préparée, puis largement ensemencée, on a, vingt-quatre heures après, une culture si riche que, pour être injectée dans les veines d'un

(1) Annales de l'Instilul Pasteur, juin 1901.

Page 1