‹ MédineChapitre 7 sur 8 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

La Gliatu^iiîesse.

Madame de***, chanoinesse du chapitre noble de Sainte-Anne de Bavière, étaii une grande dame, dans toute Taccpplion aristocriitique de ce mot. Alliée aux plus anciennes familles, elle avait préféré la vie modeste et retirée k Teclat du monde. Puissamment riche, elle avait donné la majeure partie de sa fortune à sa jeune sœur, la princesse Tzaritzinn, Tune des perles de la société de Paris et de Saint-Pétersbourg.

La chanolnesse était pi is qu'une grande dame, c'était une sainte femme, modèle de piété et de bienfaisam e. Elle (^iunait, à tout instant, un démenti sublime h ses détracteurs du bien, q- i ne trouv(^nt la vertu nulle part, et croie .t rencontrer le vice partout. Ses mains secourables portaient du pain au pauvre .ians son plus affreux réduit, et qu'elaieui chtique jour, avec une lulatigable Cuarité,

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pour ces clnsses trop souvent oublieuses, quelquefois Ingrates, toujours à plaiiulre, qui vivent des aumônes du riche en tout leuips c.ilouinif'^.

La elinnoinesse dont l'Arhi, seul, nous avait fait un porlrail peu ress^^nihlant, s'était riahlie dans un couvent dont elle n'avaii pas la direction innucdiate, mais (prdle admihislrajl cl soutiuiait néanmoins, tant par ses conseils que par si'S olVrandes, son exemple et le respect dont on l'y enlouiait.

I.orsipie MiMÎine avait été envoyée en Fr..nce, le correspondani d«» son père, M. Guricrr, qui avait été en relatioiis d'alTuires av^'c la chanoinesse, s'adressa à elle pour le choix d une maison d'éducation.

Saisissant l'occasion de* gagner une âme au christianisme, et séduite par Ls qualités de la jeune iMusulmane, la chanoinesse l'avait prise sous sa protection, et grâceli cette haute intervention, Medme avait été reçue, comme pensionnaire, en dehors des classes chrétiennes. Madam.î de*** s'était attachée de jour en jour à la i)elle néophyte, et s'en était brusquement séparée avec le double regret de n'avoir pas encore purifié son cœur profane, et de perdre une compagne digue de tout son intérêt .

Au mois de s'^ptembre 1844, vers midi, la chôUoinesse, qui se levait un peu lard d'habituJe, se trouvait dans le petit salon où elle avait r çu la visite du baron de La Gaide. Llle av it, devant elle, un guériJoa sur lequel é.alenl posés son ournal, quelques lettres et des livres de pîéié.

Tout en prenant son chocolat, madame de*** enleva la bamk^, de sa feuille favorite, et en digne (ille d'Eve, courant aux nouvelles, elle lut à deini voix :

<( Ou écrit de Marseille : Une cérémonie touchante vient d'édifier les fidèles de notre églse. Une jeune musulmane, d'une !)eauté ravissante, arrivée d'Afrique par le dernier paquebot, a reçii le baptême, iiier dimanche, à l'église paroissiale de... MoiiS.igneu/i'evcque de... aaàniinistré le sacrement, ella churmaule chrétieiiiie a répan u de riches

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aumônes, qui lui ont gagné les cœurs des malheureux. »

« Le Sémaphore ajoute : Mademoiselle Médine (tel est le nom de la jeune et be le converlie), doit sous peu partir pour Paris, où son arrivée fera sensation dans le monde élégant, car elle a été, pendant Thiver de 1843, le plus bel ornement de raristocratie parisienne. »

La chanoinesse, après avoir lu et relu cet art'cle, avec une incrédule émotion, ouvrit une lettre de faire part qui ^e trouvait sur sa table, et elle crut rêver en y trouvant :

« Madame la marquise de Candeuil a l'honneur de >ous faire part du mariage de mons eur le capitaine marquis de Candeuil, son fils, avec mademoiselle Médine d'Ulm. »

MéJined'Llm! s'écria la chanoinesse... Ah! çà .. mais... c'est un conte des Mille et me Nuits i't ce pauvre baron delà Garde?.. •

Un valet de chambre entra et annonça :

— Monsieur le marquis et madame 1 \ marquise de Candeuil.

Médine et Je capitaine entrèrent.

La marquise de Candeuil courut à la clianoincsse et l'embrassa tendrement.

— Expliquez-moi cette énigme, ma chère enfant, dit mada : e de***, le feu est-il au couvent?

Lecteur, si vous vous la rappelez, veuillez raconter mou histoire ; la chanoinesse vous écoute.

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