‹ Médiocre et rampant: ou, Le moyen de parvenir und Encore des ménechmesChapitre 3 sur 98 · L. {d'un air triste) Moi-même. F. Qu'avez-vous? L. Vous · texte numérisé non relu

L. {d'un air triste) Moi-même. F. Qu'avez-vous? L. Vous

allez au bureau?

Vous êtes bien heureux; pour moi, le tems est beau. Je vais me promener toute la matinée.

F. Quoi ne seriez- vous plus? . . . L. Non, ma place est

donnée; D'hier au soir, je suis supprimé tout-à-fait. CH. Ah, bon Dieu! L. Pour ma femme encor c'est un

secret :

N'allez pas en parler, le coup seroit terrible. Elle en mourroit au moins; car elle est si sensible! CH. Oh! nous ne dirons rien. F. Peut-on savoir pourquoi? L. A-t-on un seul reproche à faire contre moi? C'est que, sans vanité, j'en vaux d'auti*es, je pense. Pour tenir un registre, une correspondance.

Point de dettes, des mœurs; tous les jours, dieu merci, AiTivé le premier et le dernier sorti; Et l'on me congédie. F. Oh! je vous rends justice. CH. Qui donc a pu vous rendre un si mauvais service? L. C'est un trait d'amitié de Dorival. CH. Vraiment? L. Sûr: d'un ami je tiens certain renseignement. F. Mais encor. L. Dorival est né dans mon village; Nous sommes tous les deux à -peu -près du même âge. S'il sait écrire, c'est presqu'à moi qu'il le doit. Mon oncle étoit alors magister de l'endroit.

C'est par mes soins qu'il a commencé sa carrière. Je l'ai fait recevoir expéditionnaire Dans mon premier bureau: pour me récompenser. Voilà qu'il me renvoyé, et cela pour placer Je ne sais quel parent de Michel, domestique Du ministre nouveau. CH. Voyez la politique!

F. Mais ne poun'oit-on pas réparer ce malheur? L. Oui, j'ai compté sur vous; je connois votre cœur, Et je viens tout exprès. Parlons avec franchise: Ce n'est pas à ma place, entre nous, que je vise; Je vise à me venger. Ce Dorival si fin

Pour ses supérieurs, si doux, si patelin,

A cru qu'il pouvoit faire impunément offense

A son ami Laroche, homme sans importance;

Mais je vous prouverai bientôt, cher Dorival,

Qu'un plus petit que nous peut vous faire un gi*and mal:

Dussé-je pour jamais renoncer à ma place.

En le perdant, il faut que je me satisfasse;

Autant pour mes amis je suis alerte, actif;

Quand on m'offense, autant je suis vindicatif.

F. Permettez; la vengeance à rien du tout n'est bonne,-

Puis à ses ennemis il faut que l'on pardonne.

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