III. COUPLET
L, Elle a cessé, cette cruelle absence;
Mais un autre aspire à son cœur.
Ah ! dit Linval, s'il n'est plus d'espérance,
mort! viens finir ma douleur. Puissé-je au moins n'expirer qu'auprès d'elle
En lui révélant mon amour!
Et je mourrai trop heureux, si ma belle
Donne une larme au troubadour.
MD. Mais comme c'est touchant! Laure s'est attendrie; Sur la fin du couplet, sa voix s'est affoiblie. L. Oui, quel qu'en soit l'auteur, d'un véritable amant Ces couplets sont l'ouvrage. D. Un pareil compliment Est bien fait pour flatter. CH, Comment, il remercie! 0, N'est-il pas vrai, mon cher? MD. Pour moi, je suis
ravie.
0. Ah, madame! CH. Monsieur . . D. Que vous avois-je dit? Succès complet. CH. Encor? A. C'est d'un fort bon esprit! D. {à Firmin,) Vous voyez, avec soin j'ai gardé vos pensées. F. (en souriant,) A peu de chose près, je les vois là
placées.
L. Je ne sais qui des deux ... D. {à Laure, en lui montrant Charles.) Doux moment pour l'auteur!" A. Ouvrage de talent! D. C'est beaucoup trop d'honneur.
MD. (relisant avec emphase les deux derniers vers de la
romance.) Et je mourrai trop heureux, si ma belle Donne une larme au troubadour.
(Enthousiasmée, bas à JDorivaL) Dorival, c'en est fait, vous épouserez Laure. CH. Ciel! L. Quoi? A. J'en ai peu vu d'aussi bien faits
encore.
(A demi-voix à Dorival.) Dorival, vous aurez l'ambassade. CH. Ah, mon Dieu! A. Oui, vous serez nommé, j'en réponds, avant peu. C'est d'un homme de bien ce que je viens de lire; Il y règne d'ailleurs un talent que j'admire. D, Pardon; mais je ne sais si je dois accepter; Satisfait de mon sort ... A. Vous devez tout quitter, Si vous êtes ailleurs encor plus nécessaire.
D. Poun-ai-je au moins choisir Firmin pour secrétaire?
F. Quoi! vous me demandez pour secrétaire, moi? D. Oui, je sens que de vous j'ai besoin. CH. Je le croi. A. Nous en reparlerons. Eh bien votre musique? D. Mademoiselle chante avec un goût unique.