LAURE
LAR. Madame, et vous, Firmin, venez, unissons-nous. MD. Pourquoi? LAR. Pour consoler monsieur dans sa
disgrâce.
LAU. Que dit-il? MD. Qu'est-ce donc? LAR. Il a perdu
sa place.
LAU. Grand dieu ! D. L'événement comme vous me surprend.
MD. J'étois loin de prévoir un malheur aussi grand. CH. Ainsi, sur cette terre injuste et corrompue. Le talent est proscrit, la vertu méconnue; L'honnête homme ne reste en place qu'un instant, Et du méchant lui seul le triomphe est constant. A. Jeune homme croyez-moi, le ciel est équitable. Le châtiment atteint tôt ou tard le coupable; D. Mais répondez ; au moins de ce coup imprévu Connoît-on le sujet? LAR. Il n'est que trop connu; Certain mémoire seul cause cette aventure.
F. Un mémoire! Celui dont vous faisiez lecture? D. Où le gouvernement lui-même étoit traité Avec une rudesse, une sévérité?
LAR. Précisément. D. Eh bien, avois-je tort de dire Qu'il est des vérités que l'on doit s'interdire? A. A remplir mon devoir je n'hésite jamais; Et de l'avoir rempli, quoiqu'on soit le succès. Je ne me repens pas. D. Beau sentiment, sans doute; Elle étoit belle aussi la place qu'il vous coûte,
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