G. Eh! bien, monsieur
MM. Au eontraîre; je sais de bonne part, moi, qu'ils se sont séparés les meilleurs amis du monde.
CH. Mais je ne le savais pas, moi; mon dévouement pour mon maître m'a fait tout entreprendre, et j'ai tant fait, que bientôt je me suis vu à la tête de deux gardes, dont Tun était chargé de suivre tous les pas de M. de Lormeuil, et l'autre, de reconduire mon maître jusqu'à Strasboui'g. Ne voilà-t-il pas que le maudit garde s'obstine à prendre l'oncle pour le neveu, l'entraîne presque malgré lui dans la chaise de poste, et puis, fouette cocher, à Strasbourg.
MM. Comment, Champagne, vous faites aller mon oncle à la place de mon fi*ère? mais vous n'y pensez pas.
CH. Si fait, madame, j'y pense très - bien. L'Alsace est un fort beau pays; je crois que M. Dorsigny n'a pas encore voyagé de ces côtés-là; c'est un petit agrément que je lui procure.
MM. 11 plaisante encore; et M. de Lormeuil, que fait-il?
CH. Il s'amuse à promener son garde.
MM. Pauvre jeune homme ! je ne m'étonne plus de l'intérêt qu'il m'inspire.
CH. Allons, madame, du courage; quand mon maître aura épousé sa cousine, nous couiTons après M. Dorsigny. Dans un instant je vous amène mon maître, et, pour peu que vous vouliez me seconder tous les deux, je le marie, ou je ne suis qu'un sot.