SCENE III
A RIS TE, Mad. DORLIS. (Ils entrent d un côté opposé à celui, par lequel Firmia et Charles sont sortis.)
MD. Quoi! toujours travailler du matin jusqu'au soir!
A. Mais avant tout, il faut songer à son devoir.
Tranquille dans mes champs, j'étois loin de m'attendre
(iue ])our être ministre un jour on vînt me prendre.
Dans un tel poste il faut soi-même s'oublier.
Ce n'est pas trop encor de mon tems tout entier;
Puis du travail j'ai pris une telle habitude,
Que tout en me jouant, je me livre à l'étude.
MD. C'est heureux. Don val, l'as-tu vu? A. Pas encor.
MD. Conviens donc avec moi que c'est un vrai trésor.
P. Eh mais, dans sa partie il paroît fort habile;
Et lorscjue j'arrivai ministre en cette ville.
Ne connoissant encor que mes livres, ma foi.
Rencontrer Dorival fut très-heureux pour moi.
MD. C'est qu'il a de l'esprit, de la littérature;
Qu'il se connoît à tout, en musique, en peinture!
^. Et ma fille? MD. A propos, parlons d'elle, mon fils.
C'est ({u'elle a dix-sept ans, je vous en avertis.
Déjà pour Dorival elle a beaucoup d'estime.
Je renh'e. D. Et moi, je vais .... ^, Mais, Je vous en
conjure . . .
Revenez promptement, je voudrois vous parler. D. C'est que j'ai ce matin beaucoup à travailler. P. N'importe, revenez, tenez, je suis sincère: Un homme honnête, instruit me seroit nécessaire; Vous êtes l'un et l'autre, ou du moins je le crois; Et mes projets sur vous i)euvent être à-l a-fois Utiles à l'état, utiles à vous-même. {Il soi-t.)