PRÉFACE. III
« On peut avec sécurité travailler aujourd'hui à ranimer et à propager la foi chrétienne, car la liberté, la liberté religieuse et civile est là pour empêcher que la foi n'enfante la tyrannie et l'oppression des consciences : autre impiété. Les amis de la liberté de conscience peuvent retourner sans crainte au Dieu des chrétiens : il n'v a plus, il n'y aura plus désormais de captifs ni
d'esclaves autour de ses autels Que
la foi et la piété chrétiennes reviennent donc ; elles ne ramèneront à leur suite ni l'injustice, ni la violence. Il y aura sans doute bien des soins à prendre, bien des combats à soutenir pour que la liberté religieuse demeure intacte au milieu de la ferveur religieuse renaissante; mais cette belle harmonie sera atteinte et fera l'honneur de notre temps. Entre les chrétiens des communions diverses, il ne peut plus y avoir désormais que des luttes de foi et de piété libres, seules permises par la loi de Dieu et seules dignes de ses regards, »
Ces paroles ont été remarquées , et soit approuvées, soit combattues, dans des sens fort contraires, par des philosophes et par des chrétiens.
IV PRÈFACK.
Le lendemain dn jour où elles avaienl été prononcées, M. Louis Veuillot disait dans rc/w/t^ers.
« jVL Guizot a prononcé un discours que nous avons lu avec un sentiment de respect et de sympathie mêlé de quelque douleur. Il nous serait impossible de ne pas honorer hautement l'homme qui fait, même à propos d'une œuvre que nous n'aimons pas et qui n'est pas bonne, une si belle profession de foi chrétienne. Il nous est impossible de ne point regretter hautement qu'un si grand et si généreux esprit, si bien fait pour comprendre l'unité, si naturellement appelé à s'y soumettre, non-seulement ne s'aperçoive pas qu'il n'est point à sa place parmi les membres séparés de l'Église-mère, mais encore préside une œuvre qui fut et qui est toujours une machine de guerre contre l'enseignement de cette Eglise. Qu'est - ce que le christianisme ? C est l'autorité. Qu'est-ce que le protestantisme? C'est le libre examen; et la Société biblique protestante est la pratique du libre examen poussée jusqu'à son dernier et plus inconcevable excès. »
Le même jour, M. Charles Gouraud disait dans V Ordre :
PKEFACE. V
«( Le discours de M. Guizot respire tout ensemble la foi à la révélation et l'amour de la liberté religieuse Mais il faut conformer sa conduite à ses maximes. Si on estime qu'il n'y a point de différence sérieuse à faire entre un rationaliste, si convaincu et si honnête qu'il puisse être, s'appelàt-il Platon, ou Descartes, ou Leibnitz, et un athée ; si l'on pense que, hors des enseignements de l'Église, toute croyance religieuse est superficielle et bien près d'être vaine ; alors, il n'y a pas h hésiter ; c'est dans le giron de la véritable Église , de cette grande Église catholique qui, de Saint-Paul à de Maistre, a courbé sous la même discipline tant de fiers courages et de grandes âmes, qu'il faut aller demander pardon et asile. Car s'il est permis d'insinuer que l'athéisme est un rationalisme logique, il l'est encore bien davantage de dire que le protestantisme n'est qu'un rationalisme inconséquent. Ou le sens propre, en i'ffet, a l'empire dans les choses de la foi ; et alors il l'a tout entier, car qui peut se (latter de faire sa part au libre examen, et de lui dire : « Tu iras jusque là et tu n'iras pas plus loin ! » Ou bien c'est l'autorité qui a cet empire : mais, pas plus que le sens propre, elle ne peut l'avoir :\ demi ; il faut (piVlle l'nil on qu'oljo no j'nit