‹ Méditations et prières journal de sa conversion SwetchineChapitre 22 sur 56 · XJ · texte numérisé non relu

XJ

Qu’il est heureux le catholique ! le sol de ses ancêtres dans la foi est partout. Il ne saurait poser le pied sur aucun point du monde civilisé, sans rencontrer des fondations solides, profondes, résistantes, la pierre et le ciment , toute la force enfin des constructions romaines. Le catholicisme seul donne aux peuples un passé dans l’histoire, un centre indestructible contre lequel l’erreur vient incessamment se heurter, que ne puis-je dire se briser!

Il est évident que nous sommes uniquement faits pour ce que nous ne possédons pas encore.

DANS LE CHRISTIANISME

Tâchons (l’être heureux, ce sera le plus doux et le plus expressif des éloges donnés à celui que nous aimons. Les vrais chrétiens oublient trop qu’ils doivent aux autres , non pas seulement leurs vertus, mais l’exemple de leur bonheur.

Les vertus et les vertus aimables , sont le seul langage de la foi qui inspire quelque respect pour elle aux esprits peu croyants. Dès lors, combien ne sommes-nous pas coupables de ne pas prêcher Dieu de la façon dont il peut être entendu !

Plus on avance dans la piété et plus on sent l’action de la grâce ; plus on devient fort, et plus on reconnaît à quel point on est faible.

UE LA PIETE

L’Église est le seul lieu où l’on n’altend pas. On y trouve toujours celui qu’on y cherche.

XVH.

Seigneur, si vous étiez un homme, je croirais, à la puissance de vos coups et à leur inépuisable violence, que vous voulez me perdre. Mais vous êtes Dieu , en vous la pitié se mesure à notre faiblesse, l’épreuve à notre résistance. Plus donc vous frappez, plus je souffre et mieux je sens que vous voulez me sauver.

XVUl.

Pourquoi, mon Dieu, me plaindrais-je, puisque tout ce que vous m’ôtez, je vous le donne ! et tout ce que je ne vous ai pas donné, ô mon Dieu, je vous le dois.

DANS LE CHRISTIANISME

Voyez s’il y a place pour le désespoir entre l’éclair qui blesse et fuit, et l’éternité qui récompense et demeure.

J’accepte, ô mon Dieu, j’accepte le passé, le présent, l’avenir inconnu , mes chagrins de toute taille et de toute nature, et enfin je m’accepte moimême, c’est tout dire! J’userai à mon égard de support, d’indulgence, quelqu’imparfaits que puissent être mon indulgence et mon oubli.

Si j’étais Dieu, je me pardonnerais en Dieu, entièrement, parfaitement, comme vous pardonnez, ô sauveur des hommes! mais je ne suis qu'une infirme créature dont la faiblesse et l'impuissance se montrent jusque dans l’acte par lequel je m’absous.

DE LA PIÉTÉ

Je nie récuse moi-même. Je ne veux pas plus me défendre que je ne veux me complaire. Je vous prends, ô mon Dieu, pour mon défenseur, pour mon seul défenseur. Je ne veux pas me défendre ni que les autres me défendent, et n’en ayant pas moins besoin d’être défendue, il faut, 6 mon maître, mon maître chéri, que vous couvriez cette chétive et faible créature du bouclier de votre amour.

Ce que j’aime immédiatement après les consolations de Dieu, ce sont ses châtiments. Ce qui importe, c’est de sentir la présence d’une main adorée; quand elle frappe, c’est qu’elle est encore là. Même ce qu’il renverse, croyez-vous que le Christ le haïsse?

XXTV.

L’ordre, la solidité, la vérité, attirent tous les

biens accessoires; quand vous laissez Dieu vous bâtir une maison, toutes choses la meublent.

Les bons sont bons par la grâce de Dieu, les méchants sont méchants malgré sa grâce.

Avec raison je considère la souffrance comme une expiation; mais quand elle est forte, aiguë, intense, on s’y confie trop comme en un mérite. On ne sait pas assez qu’elle peut être une tentation. Autant qu'aucune autre chose elle a besoin d’être purifiée par la prière.

Je parle aux autres, mais avec qui est-ce que je m’entretiens, ô mon Dieu, si ce n’est avec vous ?

DF. LA PIÉTÉ

xxvm.

Ce qui nous regarde personnellement n’est presque jamais notre affaire; c’est celle de Dieu. 0 mon Dieu, de tous mes vœux n’écoutez que ceux qui me rendraient plus agréable devant vous.

Dieu parle, il parle toujours, et quand on prie sincèrement et ardemment, il faudrait être athée ou absurde, pour penser qu'il ne répond pas. 11 n'articule pas des paroles, mais il effectue en vous ce qu’il veut.

Quel mal peut arriver à celui qui sait que Dieu fait tout, et qui aime d’avance tout ce que Dieu fait?

DANS LE CHRISTIANISME

Dieu nous avait donné de quoi vivre par l’àme et par le cœur jusqu’à la vieillesse la plus avancée; la provision est calculée pour aller jusqu’au bout, mais nous gaspillons, nous vidons le flacon avant le temps.

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