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I,’ AUSTÉRITÉ DU CHRISTIANISME RÉPOND AUX BESOINS

de e’ame humaine. — On reproche au christianisme son coloris sombre, on l’accuse de tout expliquer dans le monde par le crime et la douleur, et de reléguer dans un avenir inconnu ces ineffables félicités , ces vives et enivrantes joies dont notre âme est avide. Mais la vie offre-t-elle un autre tableau dans ses redoutables réalités? Tout

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souffre, tout gémit ici bas, et le christianisme, dans les faits historiques, dans les dogmes sur lesquels il s’appuie, dans la morale (pii en découle, a résumé d’une main divine l’irréfragable et profonde misère de l’homme. L’enseignement du Christ s’adresse particulièrement aux coupables et aux faibles, hélas! tous les hommes sont l’un ou l’autre; sa religion appelle surtout les malheureux, voilà pourquoi elle est universelle. Elle détache du bonheur, n’est-il pas impossible? Elle bénit les larmes, avons-nous un autre héritage? Le christianisme nous annonce le Dieu trois fois saint, à qui il n’a pas suffi de créer l’homme, de le protéger, mais dont la miséricorde est descendue à l’aimer, à l’aimer le premier, à ne demander en échange de ce glorieux amour, qu’un amour qui soulage notre pauvre cœur de cette soif immense de bonheur, seul débris de sa grandeur primitive. En se donnant à lui, le Dieu des chrétiens donne à l’homme la certitude de pouvoir toujours aimer sur la terre, il ouvre devant lui l’espérance d’une vie de félicité, d’harmonie et de paix, il lui révèle le secret de ces désirs vagues et mystérieux qui, jusque dans les destinées les plus heureuses, entraînent puissamment vers un but innommé.

Le christianisme, c’est la solution de tous les

problèmes au fond de l’àme humaine, c’est la dernière raison de Dieu. Son point de départ, c’est que l’homme trompant les magnifiques desseins de Dieu, a fait son sort ; c’est encore, que la profonde misère, dont il est l’artisan, modifiée sans cesse par une main réparatrice, peut s’élever de degrés en degrés à une réhabilitation complète.

Et quand il serait libre à vous de nier le bienfait du remède, le mal qu’il est venu guérir en subsisterait-il moins? Quand vous retrancheriez de cette terre en bannissant le christianisme, toute solide, sincère et intime grandeur, toute réelle et haute spiritualité, tout sacrifice consciencieux fait du présent à l’avenir; quand vous frapperiez par cela même le ciel de néant, la nature humaine porterait-elle moins sa large et saignante cicatrice? en serait-elle moins ce que l’abjection du péché l’a faite? En écartant le premier dogme du christianisme, l’homme coupable et malheureux par sa volonté, vous devrez en conclure que la pensée de Dieu s’est résolue tout entière dans une œuvre imparfaite, et vous êtes forcé de convenir que tout ce qui nous afflige, accuserait son impuissance. Ah, il n’en est pas ainsi ! l’univers est trop plein des preuves de la puissance divine pour que des lois sévères ou de légers désordres, soient autre chose que l’écho ou le reflet d’une

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prévarication primitive, qui, lorsque les temps de lutte et d’expiation seront accomplis, feraplaceau règne dont chaque jour nous rappelons la promesse.

La bonté de Dieu pour l’homme éclate en preuves trop nombreuses, pour que cette bonté même ait été enchaînée autrement que par le respect envers une volonté créée libre. N’oublions jamais que le suprême honneur de l’homme est dans la liberté morale; on pourrait presque dire que Dieu a passagèrement sacrifié à cet honneur et sa propre gloire et le bonheur qu’ii destinait à l’homme.

IMMUTABILITÉ DU CHRISTIANISME. Que de mCnaCCS

de chute, de décadence, de renversement total, n’ont pas frappé le christianisme depuis son établissement jusqu’à nos jours? Que de forces invoquées contre lui , que de calculs limitant mathématiquement sa durée , que de profondes et insidieuses recherches pour découvrir et assigner en lui-même le principe de sa destruction ! Et cependant, il est là le christianisme, il est encore là, debout au milieu des clartés de la civilisation et de la science, éclatant de majesté, de

I)U CHRISTIANISME

force et de beauté, inébranlable et toujours semblable à lui-même. Au milieu des erreurs, des contradictions qu’on lui oppose, les masses ne se maintiennent que par lui, ses blasphémateurs vivent de ses bienfaits; il règne tandis que ses ennemis conspirent.

LE CHRISTIANISME

ET

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