‹ Méditations évangéliquesChapitre 22 sur 32 · AVEC L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

AVEC L'ÉGLISE

IMAGE ET MODÈLE DtJ LIEN CONJUGAL.

(Discours prononcé dans une bénédiction nuptiale.)

Femméà, Soyez soumises à vos maris comme au Seigneur; car le mari est le chef de la femme, tomme Christ est le chef de l'Église, qui est son corps, et dont U est le Sauveur. Comme donc l'Église est soumise à Christ, que les femmes le soient aussi en toutes choses à leurs propres maris. Fous maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé t Église, et s est livré lui-même pour elle; afin qu'il la sanctifiât, après Savoir purifiée par le baptême (Veau et par sa parole, et qu'il la mit en état de paraître devant lui, Comme une Église glorieuse, n'ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable, mais étant sainte et irrépréhensible. Éphésiens, V, 22-27.

Parmi les titres que Dieu se donne à lui-même dans l'Écriture, pour désigner ses rapports avec nous, il en est un auquel il paraît plus particulièrement se complaire, tm titre qui renferme en soi

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quelque chose de plus intime, et en même temps de plus mystérieux cl de plus solennel, un titre qui, plus que tous les autres peut-être, caractérise le Dieu de la Bible et du christianisme ; ce titre, c'est celui d'Époux. Le nom de Père est bien doux et bien majestueux ; et le Seigneur aime à s'en servir; mais ce nom de Père n'exprime pas encore toute l'intimité des rapports qu'il a daigné former avec les fils de la poussière. Pour la nation qu'il a choisie, pour l'Église qu'il s'est formée, Dieu n'est pas Père seulement, il est Époux. De son coté, cette Église, cette nation est désignée par le nom d'épouse; hélas! et s'il fallait ici recueillir des passages de la Bible à l'appui de ce que j'avance, ceux-là se présenteraient en foule, où la nation élue est représentée comme une fiancée perfide et comme une épouse adultère, mais enfin, mes frères, comme une fiancée et comme une épouse. Ces touchantes et sérieuses dénominations n'ont pas cessé avec l'Ancien Testament : au contraire, c'est en vue d'une nouvelle économie qu'elles avaient été créées; elles désignaient, par anticipation, une alliance dont les rapports de Dieu avec l'ancien peuple n'offrent encore qu'une imparfaite image, un essai, pour ainsi dire; la réalité de ces dénominations, leur accomplissement, leur parfaite application était réservée à l'économie évangélique. C'est sous l'Évangile que Dieu est vraiment époux, et qu'il a vraiment une épouse.

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l II y a eu sur le Calvaire un solennel contrat de ma-? riage entre Christ et son Église : contrat scellé et

- ratifié le jour de la première Pentecôte; contrat d'une union indissoluble, dont les clauses engagent l'éternité. Christ est pour jamais l'époux de l'Église 5 l'Église est pour jamais l'épouse de Christ.

Or, mes frères, si Dieu a montré par là ce qu'il voulait être pour son Église, et ce que son Église doit être pour lui, il n'a pas moins clairement enseigné ce qu'un époux doit être pour son épouse, et ce qu'une épouse à son tour doit être pour 'son époux. Par le nom qu'il s'est donné, il a déclaré à la fois tout ce qu'il y a d'intime dans ses rapports avec l'Église, et tout ce qu'il y a de sacré dans les rapports d'une épouse et d'un époux. Dieu n'a pas pu se servir pour exprimer ses relations avec l'humanité d'une image indigne de lui; et puisqu'il lui a plu d'être appelé époux et d'appeler l'Église son

« épouse, il y a donc quelque chose de grand dans ces noms, et d'auguste dans le mariage. Chaque homme en entrant dans ces liens peut et doit se dire : « Je vais revêtir un titre que Dieu n'a pas dédaigné. »' Chaque femme peut et doit se dire : « Je vais revêtir le titre que Dieu a donné à son Église. » — Quand il n'y aurait dans toute la Bible, sur la nature et les devoirs du mariage, que ce rapprochement, que ces allusions, n'en serait-ce pas assez pour pénétrer d'un profond respect, et pour inviter aux*

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plus sérieuses réflexions les hommes et les femmes, qui se disposent à contracter ces liens? et conçoit-on que des chrétiens forment souvent ces nœuds avec une légèreté dont on rougirait dans des affaires d'intérêt et dans des études d'une importance passagère î Mais il y a dans la Bible, sur ce sujet, plus que des allusions, des rapprochements et des images. Cette leçon indirecte est transformée en enseignement direct dans les paroles de mon texte. Saint Paul nous y présente Christ, l'époux de l'Église, comme le modèle des époux, et l'Église, épouse de Christ, comme le modèle des épouses. Il veut que le mari, dans son affection pour sa femme, se règle sur l'exemple de Christ ; que sa femme, dans son obéissance à son mari, suive les traces de la vraie Église. Voilà, je pense, une doctrine claire, forte et complète; et l'on voit, d'après cela, quelle idée doit se faire du mariage quiconque se dit chrétien. Mais pour le mieux voir, mes frères, arrêtons-nous • sur le tableau que nous trace l'apôtre des rapporte de Christ et de l'Église. Arrêtez-y surtout votre attention, vous, mon frère et ma sœur, qui êtes venus dans ce temple vous lier l'un à l'autre par un engagement sacré, vous qui allez promettre à la face de cette assemblée, l'un d'être pour sa compagne ce que Christ est pour son Église, l'autre d'être pour son ami ce que l'Église doit être pour Christ*

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Quels spat Içs sentiments de Jésus-Christ pour son Églisel JfotfÇ texte nous l'apprend assez, en nous rappelant ce qu'il a fait pour l'Église. Il s est livré lui-même pour elle. Pour elle seule, mes frères? Non, dans un certain sens; car Dieu, est-il <Ut, a tant aimé le monde, qu'il a donné son fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. Mais cet amour incomparable ne déployant ses effets que pour ceux qui croient, que pour ceux qui l'acceptent, c'est-à-dire pour l'Église, l'Église étant celle qui y répond, et qui lui fournit un objet, il est vrai de dire avec l'apôtre, que Jésus- Christ s'est livré pour elle. D'ailleurs, mes frère», en admettant que Jésus-Christ est venu au monde pour le monde, nous ne saurions perdre de vue qu'il ne peut aimer le monde qu'en Dieu et selon Dieu ; que la gloire de Dieu son père est son premier objet, que tout ce qui est contradictoire à la gloire de Dieu fait horreur à son âme sainte ; que par conséquent il ne peut aimer dans le monde que ce qui appartient à Dieu, ou ce qui peut lui appartenir j mais que ce qui est inimitié avec Dieu ne saurait être l'objet de l'amour de Jésus-Christ. Cet amour, dont l'immensité embrasse en principe tout le genre humain, se fixe définitivement et se repose avec complaisance sur les amis de Dieu, je veux dire *ur son Église. Et cette Église, quelle est-elle? Écartons les idées grossières, mais aussi les jugements précipités. Cette

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Église invisible et spirituelle n'est ni dans une congrégation ni dans une autre : elle est dans cette vaste et mystérieuse communauté de tous ceux qui, renonçant à mériter le salut, vivent dans une foi humble à la miséricorde gratuite de l'Eternel, et invoquent sur eux le sang d'un Sauveur. C'est pour cette Église, ou, l'aimez-vous mieux? c'est au profit de cette Église, que Jésus-Christ s'est livré lui-même; et cette preuve d'amour est immense. — Son puissant amour a jeté les fondements de cette Église: son puissant amour la conserve. Cette affection ne saurait se ralentir ni s'éteindre ; car cette Église, qu'est-elle autre chose que l'ensemble de ceux qui adorent Dieu en esprit et en vérité? qu'est-elle autre chose que le règne de Dieu et sa gloire sur la terre? Pour cesser de l'aimer, il faudrait que Jésus cessât d'aimer son Père, ce qui est absurde et blasphématoire. Jésus aimera donc son Église, tant qu'il aimera son Père, c'est-à-dire éternellement, et comme il aime son Père, c'est-à-dire d'un amour infini. S'il y a une Providence générale pour le gouvernement du monde, il y a une Providence spéciale sur les destinées de l'Église. Objet des éternelles dilections de Celui qui l'a sauvée, il la garde comme la prunelle dt son œil, il la défend contre les ennemis du dehors et les ennemis intérieurs, il la protège alors même qu'il semble la livrer à la fureur de ses adversaires; médecin éclairé autant que charitable, il lui appliqué à

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propos des remèdes douloureux ; mais c^est alors que l'Église ranimée témoigne avec le plus d'éclat de la force et de la vie qui sont en elle ; et les gémissements qu'elle pousse sur la terre retentissent dans le ciel en chants de triomphe. Tandis que les dynasties et les empires se fondent et s'écoulent comme des torrents, seul au milieu de leurs vagues écum&ntes, le rocher de l'Église demeure debout; une main puissante qui dédaigne de défendre les choses humaines contre leur mortalité, soutient avec amour l'Église du Crucifié; et les catastrophes qui bouleversent le plus profondément le terrain de la société, respectent cette religion éternelle qui n'a rien à redouter de l'inconstance des opinions et du cours des siècles. Ce n'est pas même dire assez : tel est l'amour dont elle est aimée, que toutes choses dans ce monde sont subordonnées à ses intérêts, à son triomphe définitif; c'est pour elle que le monde subsiste encore } c'est par elle qu'il est préservé de la colère toujours imminente du juste Juge; un monde où il n'y aurait plus d'Église, plus d'amis de Dieu, plus d'âmes à conquérir au Seigneur, serait une création sans objet qui ne pourrait subsister un instant de plus, et que le néant avide s'empresserait de réclamer. De quel amour l'Église est-elle donc aimée, puisque effacée de la terre, elle effacerait la terre de l'univers, et puisque présente dans le monde, elle préserve et soutient le monde l

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Mais fie l'Oublions pas, mes chers auditeurs, IV mour de Jésuâ-Christ pour son Église est un saint amour. Nous Pavons déjà dit : c'est la gloire de son Père, c'est son Père qu'il aime en elle. Or, où est la gloire du Père hors de sa sainteté? Il faut dûtic que l'Église soit sainte, pure; et c'est en la sanctifiant, en la purifiant, que Christ lui témoigne incessamment son amour. Après s'être livré lui-même jmr elle, il la sanctifie par sa Parole, pour la faire paraitrt devant lui une Église glorieuse , n'ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable, ,mais étant sainte et irrépréhensible. — La preuve perpétuelle de l'amour de Christ pour son Église , c'est la perpétuelle sollicitude de son Esprit pour elle : c'est cette abondance de grâces diverses qu'il répand dans son sein, suivant le cours des choses et la nécessité des temps. C'est cette patience héroïque dan* Ietf temps de persécution , et cette piété fervente dans les jours de paix; c'est cette lumière dans les temps de ténèbres, et cette sobriété d'esprit aux époques de culture; c'est cette humilité chez les grands et cette généreuse élévation chez les petits; c'est, pour parler plus généralement, cet esprit de foi, d'obéissance, de douceur et de zèle, qui se prête à tous les temps, s'applique à toutes les situations, porte ses fruits dans les individus et dans la société, dirige sûrement l'homme privé et l'homme public, et pourrait être l'âme vivifiante de la société civile, comme il l'est

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de la société domestique dans l'Église du Seigneur, Ce n'est donc pas en vain que Christ a proféré cette douce parole : Je suis avec vous jusquà la fin du monde; car depuis les premiers temps jusqu'à nous, il s'est manifesté parmi les fidèles par des effets si glorieux, par des signes tellement irrécusables, qu'il faudrait fermer les yeux pour ne point voir le Sauveur éternellement présent dans son Eglise.

Maintenant, mes frères, il faut parler de ce qu'est l'Eglise par rapport à Christ. Ce que nous avons dit Ta déjà fait comprendre ; mais nous ne saurions négliger de faire remarquer à quel terme saint Paul ramène les devoirs de l'Église : VÉglise, dit-il, est soumise à Christ. Ce terme de soumission correspond exactement au grand ,fait proclamé par l'Évangile. L'Église jl été rachetée ; elle appartient à Celui- qui l'a rachetée; elle ne peut avoir une volonté différente de la divine volonté qui l'a sauvée ; obéir est son partage, son bienheureux partage. Et cette soumission reconnaît en Jésus-Christ deux sortes d'empire, deux droits distincts : le droit de l'enseigner par sa parole, le droit de la diriger par ses dispensations. Dans la parole de Christ, l'Église trouve sa règle de doctrine, de conduite et de mœurs, la solution de tous les doutes, l'arbitre de tous les différends; premier trait de sa soumission. Mais de plus l'Église se soumet aux dispensations de son Maître. Sûre qu'elle est aimée d'un amour éternel et que le*

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portes de V enfer ne prévaudront point contre aile, elle accepte sans défiance tout ce qui lui est envoyé d'en haut, la rosée du ciel et les pluies d'orage, les rayons du soleil et les éclats de la foudre. L'opprobre, les persécutions du glaive, celles de la calomnie, celte des lois, tout ce qui épouvante le monde, n'ébranle point l'Église, ne la détache point de son Époux: c'est la loi de son être, c'est la condition de son établissement, c'est son lot sur la terre. Loin de craindre ces choses, elle les appellerait peut-être par ses vœux, si elle ne craignait que dans cet empressement même il n'y eût un commencement d'insubordination, et elle doit réprimer quelquefois la sublime impatience qu'elle éprouve de souffrir quelque chose pour son Sauveur. Mais elle peut se soumettre, mes frères, elle peut obéir! Car premièrement elle se connaît; et les plus honteux outrages ne lui feront pas oublier sa dignité. Sous les plus vils haillons, elle sent qu'elle est reine; percée de coups, inondée de sang, elle se sait victorieuse. Mais ce qui la maintient surtout dans la soumission, c'est qu'elle aime. Loin, bien loin la soumission de 4 réfcïaVef elle est pleine de révolte, et son silence $aême est un murmure; mais la soumission de celui qui aime est liberté. L'Église doit obéir, mais elle se plaît à obéir; ses chaînes sont à ses yeux autant de grâces; ses devoirs sont ses plaisirs; ce qu'elle donne, elle croit le recevoir, et elle le reçoit en effet. Et tandis que le

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monde affranchi de Dieu est esclave, l'Église asservies à Dieu est libre par cela même.

Mon frère et ma sœur, vous qui êtes l'objet de cet acte religieux et à qui doivent s'appliquer aujourd'hui toutes mes réflexions, vous plaignez-vous peutêtre que je vous oublie, et vous aurais-je en effet négligés pour un objet étrangère cette cérémonie? Je suis si loin de le penser que je pourrais interrompre ici mon discours, et vous laisser le soin de l'application. Que, dans cette assemblée, tout le monde ne soit pas également frappé du rapport intime de ces réflexions avec la circonstance , je puis le concevoir; mais vous! vous qui allez contracter dans ce temple une union pareille à celle de Christ avec son Église, n'auriez-vous rien vu que de général dans le sujet que j'ai traité ! Quand j'ai dit ce que Jésus-Christ est pour son Église, chaque trait, mon frère, ne vous a-t-il pas rappelé ce que vous devez être pour votre épouse? Christ est le chef de V Eglise, le mari est le chef de la femme; mais c'est par son amour que Christ est devenu le chef de l'Église, et c'est par son amour que le mari doit justifier l'empire qui lui est confié. La religion et les lois lui donnent cet empire; mais ce n'est pas pour la vaine satisfaction de son orgueil. et de ses caprices; c'est surtout pour le bien de son épouse. Et à considérer cet empire simplement comme un droit, il ne lui est pas accordé gratuitement. Obligé envers son opouse, il

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doit lui payer sa liberté en amour ; plus il veut être obéi, plus il doit aimer; et il le doit d'autant plus, prenez-y bien garde, que les lois ne peuvent l'y obliger. Les lois, qui imposent l'obéissance à la femme, ne peuvent imposer l'amour au mari. Mais si, à cet égard, Phomme. n'est point lié par les lois, il est d'autant plus étroitement lié par la religion et par l'exemple de Christ. D'après cette double règle, son amour doit être un véritable dévouement. De même que Christ s'est livré pour V Église, l'homme doit, au besoin, se livrer pour sa cotiapagne ; faire du bonheur de son épouse la meilleure partie du sien; lui faire, dans les limites de la loi de Dieu, tous les sacrifices possibles ; n'envisager le droit qu'il a sur elle que comme un plus sûr moyen de la rendre heureuse ; en un mot, à force d'amour, rétablir l'équilibre, et gagner tellement son cœur que l'obéissance prenne chez elle les caractères de la liberté. — Et nous ne bornons pas ce devoir aux grandes occasions, qui sont rares, et où le dévouement est peut-être plus facile ; tel époux qui se jetterait dans les flammes pour sauver la vie de son épouse, lui manquera tous les jours d'une manière sensible dans les détails de la vie. L'amour n'est pas de l'amour, quand il n'amène pas l'indulgence, quand les erreurs naturelles à un sexe plus faible sont relevées et commentées sans pitié. L'amour n'est pas de l'amour, quand il manque de confiance, quand l'épouse

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n'est pas, autant qu'il se peut, admise au partagé des soucis, des vœux , des pensées de son époux. L'amour n'est pas de l'amour, quand il manque de respect, quand les procédés d'un mari rappellent sans cesse à sa femme l'infériorité de sa position, et quand toute sa manière d'être ne la recommande pas avec empire au respect de ceux qui l'entourent. L'amour n'est pas de l'amour, quand, sous prétexte de familiarité, on se dispense de ce? égards et de ces attentions auxquelles toute femme est sensible, qu'un homme doit plus ou moins à toute femme, et corn* bien plus à sa propre épouse ! Mais surtout, mes frères, l'amour n'est paâ de l'amour lorsque l'époux ne s'applique pas, selon l'exemple de Jésus-Christ, à sanctifier l'épouse qui s'est unie à lui, à l'instruire, à l'enseigner, sinon par ses paroles (comme cela devrait être), du moins par son exemple ; quand il ne craint pas de lui être en scandale, soit par la vue de ses défauts, soit en l'engageant dans un genre de vie contraire à la loi de Dieu, soit en professant devant elle l'indifférence ou l'aversion pour la religion de Jésus-Christ. Dans la primitive Église, mes frères, saint Paul adressait la femme à son mari pour être enseignée sur les points obscurs de la religion. Hélas! et que voyons-nous aujourd'hui? Qui est-ce qui enlève aux femmes ces principes de religion, qui, même humainement parlant, leur sont si nécessaires? Qui est-ce qui s'applique à effacer de leur

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âme les impressions sérieuses? Qui est-ce qui les empoche de profiter des moyens de fortifier et d'éclairer leur foi? Qui est-ce, pour tout dire en un mol, qui les écarte de la voie de la vérité et du salutî... Ah ! mes frères, les temps de saint Paul sont loin, bien loin de nous!

La femme est exhortée, dans mon texte, à imiter la soumission de l'Église. C'est son devoir; je dirais volontiers que q'est son droit. Car de même que l'Église est forte de sa soumission à son chef, la femme est forte de sa soumission à son mari. L'indépendance propre à l'homme serait pour la femme le plus grand des malheurs; et l'expérience Ta mille fois prouvé. Une femme n'est à sa place, n'est heureuse que lorsqu'elle a sacrifié cette dangereuse indépendance. Qu'elle en use pour choisir le compagnon de sa vie; qu'elle en use dans ce sens, au moins, qu'elle se refuse à toute union contraire à la loi de Dieu, à l'esprit de l'Évangile et à l'intérêt de sa propre sanctification ; car quand nous parlons d'indépendance, nous réservons les droits inviolables du Seigneur ; mais que, le choix fait, elle se dise qu'elle est liée. L'homme existe pour la société, la femme existe pour l'homme. Une auguste parole : II ri est pas bon que l'homme soit seul, a présidé à la création de la femme. Qu'elle soit fidèle à ce mot divin ; qu'elle obéisse ; que son étude principale, l'objet de sa vie, soit d'être pour son mari

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une aide soumise et attentive. Son obéissance, jusqu'alors partagée peut-être, doit se concentrer en lui. Les droits que d'autres pouvaient avoir sur elle passent tout entiers à son époux : elle peut devoir à d'autres de la déférence et du respect : elle n'a plus d'ordres à recevoir que les siens; elle ne doit voir que Dieu au-dessus de son mari. Conseillère tendre, mais non importune, qu'elle aide de sa raison la raison de son mari; mais qu'elle sache se soumettre sans murmure même à ce qu'elle n'approuve pas. Que, dans le monde, elle se plaise à l'entourer de considération et de déférence comme dans sa maison. Qu'on la voie fière et contente du joug qu'elle a accepté; et que, sous ce rapport, elle soit en édification à toutes les femmes.

Ah! ces devoirs sont difficiles, mes frères; et sous quelques heureux auspices que l'union conjugale soit formée, elle apporte avec elle une longue chaîne d'abnégations et de sacrifices. Ce qu'on appelle dans le monde amour, inclination mutuelle, est bien loin de pouvoir assurer le vrai bonheur de deux époux ; mais il n'en est pas de même de ce que l'Évangile appelle amour. L'amour fondé en Dieu, l'amour tel que l'Esprit de Jésus-Christ le crée dans les cœurs, rend le dévouement facile à l'homme, la soumission aisée à la femme. Lorsqu'on s'avance dans la carrière du mariage et de la vie, les yeux élevés vers un Sauveur qu'on aiine,

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vers un salut qu'on espère, avec un esprit de prière et de supplication, lorsque Jésus-Christ intervient continuellement par son Esprit entre l'époux et l'épouse, alors un mariage peut être heureux, et il l'est même infailliblement. Entre deux cœurs convertis, l'union est nécessairement douce et inaltérable. Hors de là il n'y a ni garantie, ni sécurité. Ce n'est pas de bonheur que je m'étais proposé de vous parler, mais de devoir. J'avais à vous entretenir des obligations que mon texte vous impose, et je l'ai fait. J'ai placé devant vos yeux un double modèle, une double règle. Vous êtes avertis au nom de Dieu, par sa Parole, et dans sa maison, que votre union doit être telle que celle de Christ et de son Église. Mais comment, en cet instant solennel, qui ouvre dans votre vie une ère nouvelle, comment ne pas vous dire que vous allez, l'un et l'autre, enchaîner votre vie au bonheur ou à l'infortune î 11 est une vérité que l'expérience la plus antique et la plus universelle vous déclare, qu'une voix secrète murmure sans doute au fond de votre cœur, dont toutes les personnes mariées qui sont dans cette assemblée vous rendraient témoignage au besoin : c'est que le mariage fait nécessairement ou le bonheur ou le malheur de la vie. Il est trop important par sa nature, trop puissant dans ses conséquences, il enfonce trop profondément son empreinte dans toutes les parties, dans tous les détails et dans tous

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les moments de la vie, pour être simplement indifférent; il n'y a pas de milieu, mes frères, il faut qu'il nous rende ou très heureux ou très malheureux, qu'il charme toutes nos peines ou qu'il les double, qu'il console ou qu'il déchire. Et, ce qu'il y a de plus grave encore, il jette un grand poids dans la redoutable balance où se pèsent le pour et le contre de notre éternelle destinée. S'il est quelque chose qui puisse faire avancer un époux, une épouse dans la voie de la vérité, c'est l'être qui est joint à son sort; s'il y a rien qui corrompe l'âme, qui la flétrisse, qui l'abatte, qui l'entraîne à sa perte, époux, c'est une épouse sans piété, épouse, c'est un époux vicieux. Gravez, je vous en conjure, ces pensées dans votre âme, mon cher frère et ma chère sœur ; laissez-les s'emparer avec puissance de votre intérieur; ayez-les présentes en ce moment décisif; et pleins de sollicitude, mais pleins de foi, vous défiant de vous-mêmes, mais vous confiant en Dieu, sentant votre faiblesse, mais certains de sa force et de son amour, invoquez- le à cette heure avec toute la ferveur dont vous êtes capables; et vous, mes chers auditeurs, qui avez voulu être les témoins de cette union, réunissez vos prières aux miennes, et présentons ces deux époux au Dieu de qui dépend leur bonheur sur la terre et leur salut dans les cieux.

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