AQU1LAS ET PRISCILLE
que vous allez vous devoir l'un à l'autre, 'j'ai vu ce
que, l'un et l'autre, vous allez devoir à Dieu; audessus de la terre j'ai vu le ciel. Vous vous unissez l'un à l'autre, mais en même temps tous deux au Seigneur; votre mariage ne change pas seulement votre position réciproque, il change ou du moins il ajoute quelque chose à vos rapports avec Dieu. Vous le serviez comme individus : il faut le servir comme époux.
Vous n'êtes pas seulement un homme et une femme : vous êtes deux chrétiens. Vous faites hautement profession de l'être ; et tout le monde sait que ce titre de chrétien emporte autre chose à vos yeux que la participation banale et mécanique à certains actes de culte public. Vous regardez la qualité de chrétien comme une qualité qui ne s'hérite pas, mais qui s'acquiert, ou plutôt qui se conquiert, et qui constitue une existence à part au milieu de la chrétienté même. Et conformément à ces idées, votre union ne peut pas ressembler à toutes les unions ; il faut que le monde apprenne, en vous voyant vivre, ce que c'est qu'un mariage chrétien; et il faut qu'il soit obligé de reconnaître, à la gloire de Jésus-Christ et de Dieu, qu'un mariage chrétien a son sceau particulier, son caractère et ses prérogatives. Tel est un premier point de vue, sous lequel j'ai pu dire que votre union vous impose envers Dieu de nouvelles obligations.
9ft0 4QWU* *r riusciu*.
Nul doute que l'union d'Aquilas et d& Priscitte n'ait été, sous ce premier rapport, une union éminemment chrétienne. Mais ces deux époux allèrent plus loin, et consacrèrent, d'une façon plus directe et plus particulière, leur union à la gloire de Jésus- Christ. Mon texte vous rappelle qu'ils travaillèrent ensemble pour Jésus-Christ, qu'ils exposèrent en» semble leur vie pour celle de son apôtre, et qu'ils méritèrent la reconnaissance des églises. Or, quand " je pourrais oublier que, comme simples chrétiens, vous êtes déjà tenus de faire concourir la réunion de vos forces à l'avancement du règne de Dieu, comment pourrais-je oublier, mon frère, que vous êtes ministre de l'Évangile, et que vous, ma soeur, vous allez épouser un ministre de l'Évangile Y Le ministre, en se mariant, prend une compagne, non de sa vie seulement, mais de son ministère. Ces paroles de la Bible, une aide semblable à lui 7 doivent avoir, pour ce qui le concerne, une énergie toute particulière ; il faut qu'il sente, et que sa compagne sente avec lui, que tous les deux appartiennent au service de l'Église de Dieu, et que l'usage, bizarre à l'ordinaire , qui communique à la femme le titre du tnari, n'est point bizarre quant à eux; Oui, mes frères, un ministre doit faire de son épouse une aide de son ministère ; oui, la femme du ministre, en l'épousant, épouse en quelque sorte l'église qu'il doit conduire. Quel touchant spectacle, avons-nous
AQUILAS ET PRISCILLI* 311
dit, que celui d'Aquilas et de Priscille se réunissant pour instruire le savant Apollos ! Ce n'est pas toujours, et moins encore dans nos temps qu'autrefois, la vocation de la femme ; et l'on peut même dire en général, toutes circonstances considérées, qu'un tel rôle lui est interdit ; mais toute la carrière tracée dans mon texte est encore ouverte à la femme du ministre. Si l'épouse d'Aquilas put, de concert avec lui, travailler pour Jésus-Christ et acquérir des droits à la reconnaissance des églises, pourquoi (le nos Jours de nouvelles Priscilles ne pourraient-elles pas les mêmes choses? Et que d'occasions s'offrent à elles sans préjudice de leurs devoirs d'épouses et de mères de famille ! Que le zèle chrétien est ingénieux ! que de choses il concilie ! comme il allonge le temps ! comme il multiplie les occasions ! Ne traçons point de règles particulières; elles varient avec les positions ; contenions-nous d'avoir posé le principe, qui ne varie point, et qui se résume en ce peu de mots 2 Tout ce qui est permis à d'autres femmes ne l'est pas à l'épouse du ministre $ et des devoirs lui sont imposés qui ne sont pas, au même degré, imposés à d'autres femmes* Rien ne lui est permis que ce qui édifie* et bien des choses qui sont conseillées à d'autres lui sont ordonnées» Son savoirfaire est de la charité ; sa prudence est la prudence des anges.
J'insiste sur une seule chose encore : c'est qu'ea