‹ Méditations évangéliquesChapitre 8 sur 32 · JJ^SL'S ENSEIGNANT · texte numérisé non relu

JJ^SL'S ENSEIGNANT

bation des hommes plutôt que l'approbation du Seigneur ; vous préférez les sens à l'esprit, le visible à l'invisible, le passager à l'immortel, et, pour tout dire en un mot, vous vous préférez vous-mêmes, pauvres vers de terre, au seul vrai Dieu béni éternellement. Si le mal, le mal bien positif, ne se trouve pas là, où est-il? Faudra-t-il peut-être encore attendre, pour le reconnaître, que, prenant la forme hideuse du crime, il ait non-seulement fait pleurer les anges, mais frémir les hommes î Cette manière grossière de juger, indigne d'un chrétien, Test même d'un homme sensé.

Mais si vous le voulez absolument, à la bonne heure. N'appelez péché que ce qui est distinctement péché, et faites, sur ce pied, le compte de vos votaj mais faites-le comme vous feriez le compte des torts de ceux qui vous ont offensés. Ayez pour vos péchés l'œil d'aigle que vous avez pour les leurs; jugezvous comme vous les jugez. Faites-en une fois l'essai. Poursuivez le mal jusque dans vos pensées; car c'est être mauvais que de penser le mal. Tâchez de démêler, je ne dis pas tous les moments, je dis seulement quelques-uns des moments où, de pensée, de langage, ou d'action, vous avez été injuste, avare, égoïste, jaloux, colère, vindicatif, secrètement heureux du malheur d'autrui, secrètement malheureux de sa joie, et où, de quelque manière, vous avez sacrifié à votre paix mondaine, à votre paresse, à

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votre commodité, l'intérêt du prochain ou la gloire de Dieu. Et après cela, venez nous parler de votre bonté!

Eh quoi ! mes frères, pour vous voir coupables, il faudrait le regard de l'aigle, la vue acérée du lynx? l'œil nu n'y suffirait pas, il faudrait l'armer d'une loupe? prévention! ô aveuglement! ô stupidité de l'homme déchu! Ah! oui, demandez l'œil du lynx, armez vos regards d'une loupe; mais que ce soit pour découvrir en vous ce vrai bien qui se dérobe, qui se cache, qui s'enfuit dans une ombre épaisse. Concentrez toute voire attention, faites appel à toutes les forces de votre mémoire, pour retrouver, pour rassembler, pour entasser, voudrais-je dire, ces moments heureux, ces moments divins, où vous avez réellement aimé le bien, où vous avez été vraiment bons, où votre volonté s'est unie à la volonté de Dieu, où vous avez été saints comme il est saint, c'est-à-dire comme il faut l'être, où vous avez été justes comme doit l'être la créature, c'est-à-dire par un principe d'obéissance et par une impulsion de charité. Ne vous pressez pas; donnez-vous le temps, nous avons le loisir d'attendre... Oh! que nous attendrons longtemps, ou plutôt, si vous êtes sincères, que vous tarderez peu à venir nous dire : Nous ne sommes pas bons; un seul est bon, c'est Dieu !

Et cependant, quel abus prodigieux ne faites-vous

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pas , ne faisons-nous pas tous de ce titre de bon l Je ne parle pas de ceux qui , en face de l'histoire, à la vue de la société humaine , après six mille ans de troubles, de déchirements, de violences, d'excès honteux , osent encore soutenir que l'homme est bon , et qui , pour expliquer tant de sanglantes hor» reurs, se rejettent simplement à dire que l'hemm est bon à la vérité , mais que les hommes sont mauvais $ ce qui revient à prétendre que l'homme est bon aussi longtemps qu'il n'a rien à démêler avec qui que ce soit, et que les hommes, en se touchant, se communiquent une sorte de lèpre morale, dont, en son particulier, chacun d'eux est exempt. SingHr Hère bonté que celle à laquelle, pour devenir mao» vaise, il ne faut rien que l'occasion! Et ce qui n'est pas moins étrange , c'est que ces hardis preneurs de la bonté humaine, à prendre f humanité en gé* néral, en sont les pires détracteurs en chaque cas particulier. Écoutez-les bien : tous les hommes sont bons, mais chaque homme est mauvais, chacun du moins de ceux qu'ils ont occasion de connaître et pour qui rien ne les prévient. Bienveillance sans bornes d'une part, aigre et inépuisable médisance de Fautre! Non, parlons plutôt de ceux qui, convaincus et frappés de la méchanceté humaine, et se l'exagérant s'il est possible, parlent néanmoins et agissent, dans les cas particuliers, comme si l'homme était bon.

fxs b|âi»eroftg-nous de faire deg distinctions entre ie$ hoipmeg , et fjp cjire des uns qu'ils sqnt aimables pt dps gutres qu'ils pe }e spnj; pqs? Trouve? rons-QQfj$ mauyaig qju'ijç $$ gpp^pnj; viyempijt attira ver§ les upg et foft peu vprg les autrps? J^pijr jnjerr (lirop§rnpus; le pentimppt fa rp§timp pour epJui qjji s'eçt conduit à }puf égard éguitabjepappt , et dp la reconnaipspnce poffp celui qyi leq 9 pqfpblép de ^ e R s ? 8 9Hf ppHt^èjtre jjg çonj; rpdpyableg de la vie? Mais ce serait pojjs jblâpjer pqu^êmps ; pp sprwt jaentjr à pop a^pçtipog Jps p|p? tepffres, gjt nm fond^nafter è l'ipgra^tojp. Dap$ w cerfcip gprw, gui a'pjft pgp sanç jfcnUp le plu? plçyé du mot, qqi

tify fi^ c SlF flH e 1» $<wnp jpi J^e-Cbrjst, il y a /les typais J$ns ? jj y 3 dp la jbopjté /fcps le moadç. Maijf ; gaef f$fps, gup ce## b<w$ p# jdifféreçte dp h n# fr/?p^, et que, *ja£flap ^ fr prepdrp pour dp Imputé, elle e§t jpap^rl^te, njutil^e, réduite ,çp Wb^^x ##: le? pas^ppg d S l'homme déchu I Et tou^çiç , ce titre de bon pe nous pQ&tp rien ; et n'osât pag puyer.tenieot ppus Je donnpp $ np,ufmêaje£ ; pçus lp di^trib^ops Jib&alepoepjt à peu* àp nos aepal^aftle? à qj^î il nous convient de l'appliquer. Car, r,emarc[gez-Jp bieji : chacun, à nosypux, est assez bon quand il est bon pour PQus, ou aussi lorsqu'il nous revieni quelque cho?e dp la gloire de sa bonté. C'est par là que ^'explique po<tre prodigieux aveuglement pour nos enfants ; aveuglement

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dont il s'en faut bien que les parents chrétiens soient toujours exempts; admiration orgueilleuse, qui n'est qu'une louange détournée de notre propre mérite; culte de nous-mêmes sous le beau nom d'amour ; déplorable égoïsme qui s'assouvit sous les apparences du dévouement le plus pur; subtil détour pour mettre en sûreté et cultiver à notre aise cet amour-propre insatiable que nous portons au fond de notre cœur, et que nous n'osons pas nous avouer. Ainsi donc, l'homme est mauvais; mais nos enfants sont bons ; mais tous les êtres qui , par l'affection, sont d'autres nous-mêmes , tous ceux dont la gloire fait notre gloire, sont bons, très bons. Oh! que n'étendons-nous à d'autres une prévention si favorable 1 Que ne la portons-nous sur les indifférents, sur nos compétiteurs, sur nos adversaires, sur nos ennemis ! Oui, trompons-nous en leur faveur; attribuons-leur les vertus qu'ils n'ont pas; que la reconnaissance, à plus forte raison , nous fasse voir en beau tous ceux qui nous ont obligés ; n'ayons pas trop de pénétration , ou n'en ayons que pour voir le bien; recueillons-en, avec amour, les plus légers vestiges : à la bonne heure. Mais, au ftom de Dieu, au nom de nos suprêmes intérêts, ne nous trompons pas sur nous-mêmes.

Car il faut que nous devenions bons , mes frères, et si, d'avance, nous croyons l'être, nous ne le serons jamais,

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Il n'est pas naturel de marcher quand on se croit arrivé. Mais je l'avoue, il est aussi peu naturel de marcher quand on s'imagine qu'on n'arrivera ja+ mais. L'Évangile n'autorise aucune de ces erreurs. Il nous déclare que nous ne sommes pas bons ; que de toute nécessité il faut l'être ; que nous pouvons le devenir. L'être humain, que vous croyez bon, voulez-vous savoir ce qu'il est aux yeux du sou* verain Juge î Regardez cette croix. Celui que vous y voyez sous les traits de Jésus de Nazareth, c'est vous-même. Oui, Jésus-Christ, le saint et le juste , Jésus-Christ, au prétoire, en Gethsémané, sur la croix, c'est vous-même qu'il représente. En sa per* sonne adorable, c'est cet homme, par vous qualifié de bon, qui pend au bois maudit. Venez et voyez votre bonté ; car elle est là, humiliée, meurtrie, délaissée de Dieu et des hommes. C'est pour cet homme, si bon à vos yeux, qu'il a fallu que les cieux mêmes fussent ébranlés, et que le bien-aimé de l'Éternel descendît sur cette terre d'épreuve. Il est venu, dit-il lui-même, chercher et sauver ce qui était perdu. Ce qui était perdu était-il bon? Ce qui n'a pu être sauvé que par un tel miracle était-il bon? Ceux qui n'ont pu croire sérieusement en Dieu que lorsqu'ils ont vu Dieu en croix, étaient-ils bons? Venez, et voyez, et désabusez-vous.

Vous chercher et vous sauver ! Et comment, mon frère, si ce n'est en vous rendant bon, de mauvais

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