‹ Méditations évangéliquesChapitre 7 sur 32 · LE JEUNE RICHE · texte numérisé non relu

LE JEUNE RICHE

S*Bonfëest pwe ; sa bonté est de la bonté. H fait le bien parce que c'est le bien ; il fait le bien parce qu'il est bon. Dans tout le bien* qu'il fait, il ne cherche que le bien ; le bien même est son but. Tout motif d'intérêt, d'amour-propre, (te fantaisie, lui est absolument étranger.

Enfin sa bonté ne'se lasse point, ne se borne point, ne néglige rien, n'est jamais inégale à elle-même. Dieu est constamment, pleinement, parfaitement bon. Sa bonté, c'est lui-même. H ne peut pais plus oublier ou cesser un instant d'être bon, qu'il ne peut oublier ou cesser un instant d'être lui-même ; et supposer qu'il a pu £tre bon dans un moment plus que dans un autre, ce serait supposer qu'il est plus ou moins Dieu selon les moments. Cette seule idée est un blasphème, et il vaudrait tout autant dire que Keu lui-même n'est pas.

Voilà, mes frères, de quelle manière Dieu est bon. Voilà aussi ce que c'est qu'être absolument, essentiellement, réellement bon. Voilà la bonté.

Si vous cherchez autre part qu'en Dieu une telle bonté, qui est la bonté même, vous ne la trouverez Pas.

Vous n'e connaissez guère ce que sont les anges ; mais le moins que vous en puissiez dire, c'est que, tondis que Dieu est la source et le principe de sa propre bonté, les anges,, pour autant qu'ils sont tons, ne le sont que par lui. Lear Bonté, si grande

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qu'elle puisse être, n'est qu'un écoulement de la sienne.

Vous avez été faits, dit l'Apôtre, un peu inférieur* aux anges. De combien? je l'ignore. Mais qu'importe? Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'à cette heure ce n'est pas de peu, mais de beaucoup, que vous leur êtes inférieurs. Laissons les anges, et ne voyonsque vous. Mettons l'homme, tel qu'il est, vis-à-vis de Dieu, et, après avoir vu combien Dieu est bon, sachons, quant à l'homme, quelle est sa manière' d'être bon.

Que sa bonté, s'il en a, ne soit point à lui; qu'il la tienne d'un autre; qu'il soit bon d'une bonté.l empruntée, de môme que la lune brille, non de sa/ propre lumière, mais de celle du soleil qu'elle réfléchit comme un miroir, ceci apparemment n'a pas. besoin d'être prouvé; et il est tout aussi peu néces-J saire de démontrer qu'il y a, sous ce rapport, un abîme entre la bonté de Dieu et la nôtre ; car, à pnh prement parler, ce qu'il y a de bon en nous, ce : n'est pas nous, c'est Dieu; et, dans tout ce que nous pouvons faire ou dire de bon, c'est Dieuqui : doit être admiré. Nous sommes alors à l'égard de Dieu ce que la lune est à l'égard du soleil, des miroirs, mais des miroirs animés, sensibles, personnels, des miroirs qui s'approprient la lumière de Dieu, qui la réfléchissent volontairement, et qui la répandent de propos délibéré. Miroirs pourtanl,

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simples miroirs ! et combien nous est-il glorieux de l'être !

Acceptera-t-on sans peine ce que nous venons de dire ? Il semble que nous pouvons l'espérer. Mais nous n'avons pas tout dit. Dieu n'est pas bon parce qu'il fait le bien, il fait le bien parce qu'il est bon. Notre bonté, à nous, se réduit, la plupart du temps, à faire le bien, et c'est beaucoup encore : mais nous le faisons trop souvent, sans être unis de cœur à ce que nous faisons ; sans aimer le bien ; sans aimer Dieu, qui en est le principe, la source et la règle. Nous faisons ce qui est bon sans être bons. Or, la bonté consiste à être bon. A ce compte-là, nous en avons bien peu. Car, à supposer même que nous ne fassions jamais le bien par amour du mal, par des motifs positivement mauvais (supposition exorbitante), nous est-il ordinaire de faire le bien pour le bien même, par amour pour le bien, par amour pour Dieu, dont l'idée est inséparable de celle du vrai bien î Un tempérament doux, un instinct bienveillant, un caractère facile, un sentiment humain de pudeur, le respect de T homme pour l'homme, les tendresses du sang, les douces habitudes de l'amitié, tout cela n'est point mauvais, tout cela même est bon d'une bonté pareille à celle d'un fruit savoureux, d'une odeur exquise, d'un ciel richement coloré; mais tout cela n'est pas le bien, le devoir, la loi, la justice, la vérité; tout cela c'est l'homme, ce

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n'est pas Dieu ; et tout ce qui n'est pas Dieu peut être bon, niais n'est pas le bien. Le bien, dans la créature hinname, c'est Fanion intime et réfléchie de la volonté de Pfeômme am là volonté dé Dieu.

En6n, Fbdmme eat-H boa d'une bonté persévérante, continue, foujoufs égale? Ser bonté s'étendelte à tous letf objets qui la réclament, à tous les êtres sur qui élte peut s'exercer, à tous les moments où elle peut se déployer, c'est-à-dire à tous les moments de la vie, puisqu'il n'y a. pas une minute où, d'une manière quelconque, oft ne puisse, on ne doive être bon? À une telle question, le plus orgueilleux et le plus aveugle sera forcé de répondre Comme le plus humble, et ils ne pourroAt différer l'un de l'autre que sur le nombre et la gravité des lacunes-. Ne nous arrêtons pas à les mettre d'accord. H y a dfes lacunes, cela noua suffit. Qu'est-ce qui les cause? Qu'est-ce qui les remplit? Rien, direz-vousî Non, quelque ebose; l'âme, en effet, ne dort jamais, Pâme n'est jamais oisive ni indifférehte ; elle agit toujours, elle se détermine sans cesse, elle aime sans interruption t car aimer, c'est sa vie, et il est aussi absurde de parler d'une âme qui n'aime pas, que d'un feu qui ne brûle pas.- Entre le bien et le mal, il n'y a point de place pour l'amour; entre le bieil et le mal, incessamment Pâme choisit ; pas une minute n ; est donnée à un je ne sais quoi qui ne serait tfi Futt ni- Fafcrëre; qmàè vous ne fttites pas <to

biep, yops f&fà 4u ma} } ($Mï& y#fy? P'#W PW le bien, vous aime? le mal ; quand vous ne seryez pasla yéjritéj vous lui faites la guerre. Je reyieuset je dis : Ce# lacunes, ipes frères, qu'est-ce qui le$ cause? 1a xnal ; qu'esta qui les remplit? Je mal r C'est le fwl f l^mpur du mal, qui prepneut la place du bien ,çjt de l'wpour du bieu, I*e prétendu rfa que yops mettiez dans ces vides, n'est pas up jrien, c'est quelque chose ; el P ar conséquent, lorsque vous n'êtes pas i>o« v s, yous êtes mauvais. Mais si, dans certains capotent^, vous ppuvez être mauvais, c'est que vous l'êtes au fond ; c'est que le principe du mal est en vous ; c'est que veps êtes plçptép 4 a P9 PP s °l <? m poisonné où vos raqpep, sans r^JAçhe, aspirenj de« sucs mortels.

Vous le ypye?, je p'ai pas ep besoin, pour vopf le propver, d'en appeler à e^ quç vous nomp^ries vous-mêmes de§ péchés ej (Jes crirpgs. SJ yous mw prétendra que yopre vie &pjest ejeippie, yous sepie? bien aveugleg ? fyep ignorants; jtoutqfb^ l'ftvepgte? ment et rigpx$apcç peuvent a}ler jpgqperlà. Sou, je i>'ai voulu voir que ce que yous ne seriez pier ; l ? abr sence du biep, les yides, les lapguepjs, les heures de sopameil dans votre vie morale. Op fait toujours volontiers ee qp'on aime ; si yous ,ajppeff l ? e biep, vous le feriez ; si vpus ne le faites pas, c'est que vous aimez autre chose, JLt quoi /donc? 1a paix que donne le mopde plutôt que celle que Dieu donne, l'appror

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