PRESENCE DE DIEU, MU
nos cœurs l'espérance indomptable qui survit à toutes les douleurs, qui nous attire par l'espérance vers un idéal infini, vers un mystérieux avenir plein de lumière et de beauté ?
Semblable au voyageur plein de jeunesse et d'illusion qui rêve et s'imagine de beaux lacs et de riches palais au-delà de toutes les collines qui bornent chaque horizon ; qui rêve, toujours dans le lointain, une nature plus riche et plus belle ; de même aussi, dans son voyage terrestre, l'homme espère en tout avenir; il espère toujours mieux pour le jour qui va suivre, pour l'année qui commence, pour chaque pas qu'il fait en avant, pour toute œuvre qu'il entreprend, pour tout nouveau sillon qu'il trace sur la terre. Qui nous attire ainsi par une puissance irrésistible vers un avenir de lumière et de bonheur malgré les mécomptes de chaque jour, et la vanité du passé?
Cette voix qui ne cesse de nous dire : « Il « y a mieux, il y a mieux; » cette voix qui nous guide jusqu'au port quand nous per-
sévérons à Técoiiter, quand notre cœur no prend pas le change^ ou quand, à force de violences, nous n'étouffons pas en nousmêmes cette racine de la vie, quelle est cette voix qui nous attire, sinon la voix de Dieu ?
Quelle est cette voix qui nous retient ; qui, dans chaque espérance accomplie , nous montre une vanité ; qui, dans tout bien que nos mains tiennent, nous fait voir un défaut; qui, dans toutes les choses passagères, nous montre une illusion, qui bride et réprime notre cœur en face de tout bonheur présent de peur que notre âme ne s'y livre, ne s'y plonge tout entière, comme un ruisseau tari qui se laisse boire au sable de ses bords ?
Quelle est cette voix qui nous rappelle, nous attire au dedans , nous fait sentir, si nous n'y rentrons pas, le germe du remords, nous fait trouver en tout fadeur et amertume, et nous ramène sur notre propre cœur par le dégoût? Quel est alors le bienfaiteur intime qui nous accueille, nous ranime et nous vivifie, nous rend la lumière et la joie?