‹ Méditations inéditesChapitre 24 sur 51 · ce l.e lendemain, Jean vit Jésus qui · texte numérisé non relu

ce l.e lendemain, Jean vit Jésus qui

f( venait à lui, (*t dit: Voilà l'agneau de

a Dieu ; voilà celui qui ote le péché du (( monde. «

Je le verrais venir peu à peu du centre de mon âme où il se tient, dans mes sentiments, mes pensées^ mes volontés, dans toutes mes forces et toutes mes facultés, dans mon corps même et dans ma vie entière pour tout régler, tout posséder, tout purifier, pour ôter partout le péché et ses traces. Voici l'Agneau de Dieu, dirais-je, voici celui qui ôte les péchés du monde. Oui, je verrais, comme le remarque un pieux auteur, comment la communion bien faite calme les sens, la chair, tous les mouvements des passions, purifie tout et nous rend en quelque sorte impeccables. Je le verrais venir en moi avec cette douceur , cette modestie , cette humilité , cette pudeur vraiment divines , qu'il répandrait en moi. L'Agneau de Dieu me rendrait « cette douceur , signe « de l'innocence, ou conservée ou recourt vrée ij.

Comme je sentirais bien alors qu'il est au-

LE TÉMOIGNAGE DE SAIiNT JEAN-BAPTISTE. 255

dessus de moi, qu'il n'est venu dans ma vie qu'après moi, que j'ai été moi, moi seul, par trop longtemps ! Je sentirais par le contraste de sa sainteté et de ma misère combien il est au-dessus de moi. Il est mon Dieu; il est mon Dieu qui m'a créé, puisqu'il me régénère. H était avant moi, puisqu'il m'a créé, et il ne revient en moi qu'après moi, puisqu'il me rend une vie nouvelle, et que j'ai si longtemps vécu sans lui.

Et longtemps aussi je ne le connaissais pas, je ne le voyais pas, et c'est afin de le rendre visible en moi et de le manifester dans mon ame, que je me suis mis à l'œuvre.

3r. « Et moi je ne le connaissais pas, et (( c'est pour le manifester dans Israël que « je suis venu baptiser dans l'eau. »

Encore une fois qu'est-ce que le baptême? C'est l'œuvre de la régénération. Qu'est-ce que le baptême d'eau? C'est le coté humain de cette œuvre. C'est mon œuvre, c'est mon travail et mon effort. Est-ce là ce qui régénère ? Non certes, ce qui régénère, c'est le

baptême de l'Esprit que donne Dieu même, que donne le Christ. Mes efforts, mes œuvres, ma pénitence, ce laborieux baptême, tout cela sans doute ôte Tobstacle à l'œuvre du Christ, à l'opération de l'Esprit. Mais le Christ seul, parce qu'il est Dieu, lui qui est plus que moi et au-dessus de moi, lui seul me régénère. Lui seul possède l'Esprit de Dieu et me le donne. Certes, si je ne suis pas aveugle, je dois rendre ce témoignage.

32. ce Et Jean rendit alors ce témoignage. « J'ai vu, dit-il, l'Esprit descendre du ciel (c sous la figure d'une colombe, et s'arrêter (( sur lui. »

33. (c Pour moi je ne le connaissais pas, 1 (c mais celui qui m'a envoyé baptiser dans

(( l'eau m'a dit : Celui sur qui vous verrez (C l'Esprit-Saint descendre et s'arrêter, c'est fc celui-là qui baptise dans le Saint-Esprit. »

34. « Je l'ai vu, et j'ai rendu témoignage « qu'il est le Fils de Dieu. »

Oui, Seigneur, quelle que soit ma misère et mon indignité, je le dis aussi : je l'ai vu

et je rends témoignage qu'il est le F'ils de Dieu. Oui, Seigneur, je vous ai quelquefois vu en moi : ce que j'ai vu ne pouvait être que Dieu.

Je ne vous connaissais pas, Seigneur, mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eaU; comme saint Jean, c'est-à-dire celui qui est toujours au fond de l'âme, dans la conscience, et qui ne cesse de dire : H faut changer de vie et se régénérer; celui qui m'a enfin déterminé à travailler à mon salut et à celui des autres, et à entreprendre ces œuvres et ces efforts qui ne sont qu'une régénération superficielle, et le baptême de l'eau ; celui-là me disait et me faisait comprendre que la force de Dieu s'ajouterait à mes efforts et que le baptême de l'Esprit suivrait ce ba[)tême d'eau. Et je savais très-bien à quoi je pouvais reconnaître le baptême de l'Esprit et celui qui le donne, et sa venue en moi et sa présence réelle en moi. Oui, Seigneur, je sais maintenant comment vous reconnaître. Vous êtes celui qui fait venir

l'Esprit, et qui le fait descendre et s'arrêter sur vous. Et quand est-ce que je vois l'Esprit? Certes je ne le vois pas lui-même, je vois ses fruits. Je le vois, comme saint Jean le voyait, sous forme visible et corporelle et sous la figure d'une colombe. Quand je vois les fruits de l'Esprit se réaliser en moi, s'incarner dans mon ame ; quand je vois cette âme, inerte par elle-même et languissante, attachée à la terre et rampante, aigre et impure, inquiète et sans amour, se transformer et prendre la candeur, la simplicité, la douceur, l'amour de la colombe ; quand je la vois prendre des ailes et s'élever de terre; quand je vois les fruits de l'Esprit dans cette âme, ces fruits que saint Paul énumère : la charité, la joie, la paix, la patience, la bénignité, la bonté, la longanimité, la douceur, la foi, la modestie, la continence, la chasteté, oui, Seigneur, je vois bien alors que vous êtes là, parce que je vois, sous forme visible et réalisée, l'Esprit-Saint que vous donnez seul. Je vois ce baptême de l'Esprit,

je vois la forme de la colombe, et je sais que vous êtes présent.

Oui, mon Sauveur, cette foi est en moi bien entière. Je vous ai vu quand j'ai vu ces cboses, je vous ai reconnu quand j'ai vu l'Esprit-Saint descendre ainsi sur vous.

Aveugle que je suis cependant, car je ne le sais encore pas assez ! Si je n'étais pas aveugle, oui, je saurais que j'ai vu Jésus-Christ, que j'ai reconnu sa face, aussi bien que ceux qui vivaient avec lui sur la terre ; ces fruits visibles de l'Esprit en moi, voilà sa présence et sa face. Aussi certainement que je reconnais un homme par sa figure, aussi certainement je dois reconnaître le Christ à ces traits. Voir dans mon àme la chasteté, la paix, l'amour, la douceur et la foi ; je l'affirme, c'est voir le Christ en moi.

Aveugles que nous sommes, quand nous voyons ces traits divins paraître dans notre àme, nous croyons que ce sont nos traits ! Cette pure colombe, c'est mon âme : celui sur qui descend l'Esprit, c'est moi ; telle est

parfois mon aveugle pensée. Je l'ai cru ainsi quelquefois, parce que celui sur qui vient l'Esprit est près de moi, ou plutôt est en moi, parce que, comme saint Jean, je le baptise dans l'eau, c'est-à-dire que par mon œuvre et mes efforts j ôte les obstacles à sa venue en moi, et j'opère le côté humain de mon baptême et de ma régénération. Mais l'Esprit- Saint vient par lui seul et sur lui seul ; lui seul est en moi ce foyer de l'Esprit qui sort de ce foyer pour vivifier, transformer et embraser mon âme. Si l'orgueil voulait s'y méprendre, il y a un signe bien décisif qui m'apprendrait que ces traits sont les siens, non les miens ; que c'est lui réellement que je vois, quand je vois dans mon âme les fruits et comme la forme de l'Esprit. Voici ce signe donné par l'Evangile : celui sur qui vous verrez l'Esprit descendre et s'arrêter, c'est celui-là qui baptise dans l'Esprit. Or, quand il m'est arrivé quelquefois d'apercevoir la colombe dans mon âme, candeur, douceur, amour et chasteté, je pourrais m'y

méprendre, je pourrais croire que la colombe descend sur moi. Mais, grand Dieu! si elle semble descendre sur moi, parce qu'elle descend sur lui qui est en moi, je le demande, est-ce sur moi qu'elle s'arrête? Elle" s arrête^ voilà le signe. Eli le s'arrête, et certes ce n'est pas sur moi. Soyons certains que celui sur qui elle s'arrête, c'est Dieu^ Dieu incarné.

Quant à moi, l'expérience de ma vie entière est celle-ci : je n'ai jamais vu la colombe que passer. Elle passe et ne s'arrête pas. Je l'ai maintes fois clairement aperçue, elle descendait du ciel et venait, mais elle passait. Plus je la voyais venir clairement, plus je voyais clairement qu'elle s'en allait.

Seigneur, toutes les fois que j'ai vu la belle et blanche colombe, ailes déployées, au milieu de son auréole, qu'ai-je vu aussitôt après? Maintes fois j'ai vu dans mon âme un brusque et désolant changement de la scène intérieure. Au lieu de votre colombe, c'était le son discordant et le vol tournoyant

lij.

de je ne sais quel oiseau de proie, le vol lourd et aveugle de je ne sais quel oiseau de nuit, la bassesse et le venin de je ne sais quel reptile affreux. Ces monstres n'approchent pas de vous. Seigneur, mais ils approchent de moi, et font fuir la colombe. Ainsi, Seigneur, c'est bien sur vous qu'elle vient et qu'elle s'arrête, non pas sur moi. ¥A\e n'est point mon âme même, elle est la forme que votre présence donne à mon âme, lorsque vous voulez vous montrer à moi et vous faire reconnaître.

Et vous voulez vous montrer, Seigneur^ lorsque comme Jean je vous baptise dans l'eau ; quand par mes œuvres et mes efforts, ma pénitence et ma fidélité, j ôte les obstacles à votre manifestation, à votre opération^ et que vous me donnez le baptême de l'Esprit.

Mais, Seigneur, pourquoi ces manifestations sont-elles si rares et surtout si promptes à passer? Je dois le dire. Oui, j'ai vu Dieu en moi, mais pourquoi disparaît-il toujours

tout aussitôt? Si j'avais plus de foi, et surtout plus de pénitence, plus de fidélité à repousser les premiers mouvements des tentations, je le verrais sans doute plus souvent, plus longtemps. Mais enfui je l'ai vu. Puisse-t-il reparaître ! Et chaque fois que je reverrai dans mon âme la forme de la colombe, je saurai que c'est lui, Dieu vivant et présent, et je dirai avec saint Jean : « Voilà (( l'Agneau de Dieu qui efface les péchés du « monde. »

35. « Le jour suivant, comme Jean était « encore là avec deux de ses disciples,

36. « Voyant passer Jésus, il dit : Voilà « l'Agneau de Dieu.

37. « Les deux disciples, qui entendirent a ce qu'il disait, suivirent Jésus.

38. c( Jésus s'étant retourné , et voyant <r qu'ils le suivaient, leur dit : Qui cher- (( chez-vous?

39. a Ils lui répondirent : Maître, où lo- « gez-vous? Il leur dit : Venez et voyez. « Ils allèrent et ils virent où il logeait, et ils « demeurèrent chez lui ce jour-là. Il était « environ la dixième heure. »

Oui, Seigneur, quand je vous verrai de nouveau passer sur mon âme, je dirai comme saint Jean : voilà l'Agneau de Dieu, et je ferai en sorte que mon intelligence et ma volonté, les deux forces dont je dispose, tout le reste étant en moi, sans moi, et n'étant mu que par vous seul, — je tâcherai, dis-je, que mon intelligence et ma volonté représentent ici les deux disciples de saint Jean, et comme eux s'attachent à vous aussitôt et refusent de vous quitter. Que mon esprit et ma volonté m'oublient moi-même, qu'ils me laissent et s'attachent à vous! O mes pensées, ô mes désirs, il faut savoir où demeure l'agneau de Dieu; il faut y aller et rester avec lui. Nous ne l'avons jamais vu qu'un instant, et passer au milieu de nous. Tâchons maintenant de rester tout un jour avec lui comme les disciples de Jean. Plus lard, peut-être, nous le suivrons partout comme les apôtres.

Oui, Seigneur, il paraît qu'il y a des âmes qui demeurent avec vous ; qui vous arrêtent près d'elles; qui vous obligent par la

prière à vous tourner vers elles; qui vous demandent : Maître, où est le lieu de votre repos? à qui vous répondez, à qui vous dites : Venez et voyez.

Oui, Seigneur, j'ai souvent entendu dire qu'il en était ainsi, et je connais assez l'âme humaine pour le savoir. Oui, il y a en moi un lieu qui est le lieu de votre repos. Oui, il y a au centre de mon âme un sanctuaire, un tabernacle où repose l'Agneau de Dieu. C'est ce lieu dont Bossuet disait : « Ecoute, « Israël, écoute dans ton fond, là où la vête rite se fait entendre ; n'écoute pas à l'en- (f droit où se forgent les fantômes, écoute ce au lieu où se recueillent les pures et sim- « pies idées. »

C'est là où le Sauveur nous dit : Fojez. Mais, remarquons-le bien, avant de nous dire : Vojez^ il nous dit : Venez. Il faut marcher d'abord, et l'on verra ensuite. La volonté doit agir la première, et puis l'intelligence. Il faut marcher pour sortir de l'endroit où se forgent les fantômes, où vien-

lient les monslres, les reptiles et les oiseaux de nuit, où l'on ne voit pas la pure et simple colombe qui plane sur lui. Il faut sortir du trouble des sens, des désordres de l'imagination, de la turbulence des passions.

Toujours jetés et dissipés hors de nous-mêmes par le monde et la sensualité, il faut entrer en nous; car c'est en nous que demeure le Maître. Notre âme, dit sainte Thérèse, est comme un château-fort composé de sept enceintes, Dieu, dit-elle, est au milieu, au centre de la septième; nous, d'ordinaire, nous ne sommes dans aucune enceinte, mais au dehors, comme une sentinelle qui fait le tour des murailles. 11 faut rentrer et pénétrer jusqu'à la dernière enceinte, pour trouver Dieu. Cette rentrée de l'âme en son fond, c'est le recueillement. Et cependant, pour suivre le Maître, les deux disciples quittèrent saint Jean.

Suivrai-je ici ce sens allégorique, et diraije que mon intelligence et ma volonté doivent me quitter? Ouij certes, et en un cer-

tain sens, ce sera profondément vrai. Car, n'a-t-on pas dit : « Qui ne sait sortir de soic( même ne sait pas être vertueux? » — Ne voyons-nous pas Bossuet prendre pour devise de toute la vie la plus parfaite ces trois mots : « Sortez, sortez, sortez (i)! » Les maîtres de la vie spirituelle nous disent tantôt : il faut rentrer en soi^ et tantôt, il faut sortir de soi. Est-ce une contradiction ? Non, je le comprends , il n'y a pas contradiction. Il faut rentrer en soi, en quittant ce qui est au-dessous de nous, en remontant des créatures à nous ; il faut sortir de nous, en montant de nous-mêmes à Dieu. Un pieux auteur a tout dit en un mot : Rentrer du dehors au dedans, et du dedans à ce qui est plus haut.

Oui, il me faut cesser d'habiter le dehors de mon âme et ses enceintes les plus superficielles ; il faut rentrer et pénétrer jusqu'à l'enceinte la plus profonde ; là nous serons au fond de nous-mêmes. Arrivés là, il faut aller

(1) Panégyrique de saint Benoît.

plus loin, il faut aller jusqu'au centre même, qui n'est plus nous' et qui est Dieu. Là est le Maître, là est l'Agneau de Dieu qui efface les péchés du monde; c'est là qu'il nous dit de venir et de voir. C'est là qu'il peut parfois nous être donné de demeurer chez lui un jour entier.

Or, quand une fois il nous aura été donné de passer un jour avec lui , nous voudrons le suivre partout, toujours, comme ses apôtres, ses disciples et ses serviteurs.

Oui, Seigneur, lorsqu'il m'aura été donné •d'être un jour entier près devons, je voudrai vous suivre toujours.

C'est ce qui dut arriver à ces deux disciples de Jean. L'Évangile du moins le rapporte de l'un d'eux, André, qui devint apôtre. Pourquoi n'est-il point parlé de l'autre? Verrai-je là quelque allégorie? lleconnaitrai-je là ce qui m'arrive quand j'ai entrevu la lumière? mon esprit se lance aussitôt à sa poursuite ; mon intelligence s'y complaît; mais ma volonté est plus lente.

et souvent elle refuse de suivre l'esprit et de pratiquer ce qu'il voit.

4o. « Or André, frère de Simon Pierre, « était l'un des deux qui avaient entendu a ce que Jean avait dit, et qui avaient suivi « Jésus.

4i. « Il rencontra d'abord son frère Si- « mon, à qui il dit : Nous avons trouvé le « Messie, le Christ.

l\i. « Et il le mena à Jésus. Jésus l'ayant « regardé lui dit : Vous êtes Simon, fils de « Jean : vous serez appelé Pierre. »

André devint donc apôtre^ et c'est lui qui amena à Jésus son frère qui est devenu saint Pierre. Jésus avait dit à André : Venez et voyez. André avait vu et compris, et avait reconnu le Sauveur du monde, le Messie^ celui qu'attendait Israël, et que toute âme attend. Comme plus tard saint Thomas, « // vit Vhomme et comprit le Dieu, » ainsi que s'exprime saint Augustin. Acte de foi sublime qui est le mérite, la gloire et le salut d'une âme. Dans sa foi, André conduit son

DEMEURER EN JÉSUS-CHRIST. 27i

frère à Jésus. Mais nul ne pouvant être appelé que par un regard direct du Christ, VÉy^iU^We dît: Jésus Ta) an t regarde. Ce regard, auquel saint Pierre répondit, fut la vocation de saint Pierre, et Jésus le lui dit aussitôt : Vous êtes une pierre de mon édifice.

Seigneur, est-ce que j'agis comme ces deux apôtres, quand vous me dites : Venez et voyez; est-ce que je vais, est-ce que je vois, est-ce que je comprends? Est-ce que je vous crois présent, vous Dieu, dans cette lumière qui me sollicite un instant? Est-ce que je vais à vous toutes les fois que mes frères m'y excitent par la parole ou par l'exemple? Et quand vous me regardez, estce que je réponds à vos regards?

Est-ce que je ne détourne pas les yeux pour ne pas voir, pour ne pas être entraîné trop loin ? Et ne suis-je pas celui dont parle le prophète : « H n'a pas voulu voir et comprendre de peur d'être forcé à bien faire (i)? >'

(1) Ps. XXXV, 4.

Jésus rassemble ses apôtres par une parole, par un regard, en leur disant : Suivezmoi. Il y a des âmes qui sur ce seul mot le suivent toujours. Mon âme est-elle parmi ces âmes?

43. « Le lendemain Jésus ayant dessein « d'aller en Galilée, rencontra Philippe et a lui dit : Suivez-moi.

44- « Philippe était de la ville de Beth- « saïde , d'où étaient aussi André et Pierre.

45. « Philippe ayant rencontré Nathanaël, « lui dit : Nous avons trouvé celui dont « Moïse a parlé dans la loij et que les pro- « phètes ont prédit : c'est Jésus de Nazareth, « fils de Joseph.

46. « Nathanaël lui dit : Peut-il venir quol- « que chose de bon de Nazareth? Philippe « lui dit : Venez et voyez. »

Pourquoi cette différence entre Nathanaël et Philippe? Philippe n'entend qu'un mot et ne répond que par des actes de foi vive et des œuvres d'apostolat. Nathanaël à qui l'on explique qu'on a trouvé celui dont

Moïse parle dans la loi et qu'ont annoncé les prophètes, Nathanaël hésite et se défie.

La différence, c'est que Philippe a entendu un mot qui sortait de la bouche du Christ, et que Nathanaël en entend plusieurs qui sortent de la bouche de Philippe. Or la foi est est un don de Dieu. Il faut que Dieu luimême nous parle. Alors un mot suffit; sinon beaucoup de mots sont impuissants.

Mais Philippe avait fini par dire : Venez et voyez.

C'est le mot qu'il faut dire à ceux qui ne croient pas : Approchez-vous du Christ par la pratique du bien, et vous verrez; comme Jésus-Christ le dit lui-même plus bas : ^( Ce- « lui qui fait le bien arrive à la lumière. » Il y a aujourd'hui des hommes qui nous disent : Peut-il sortir quelque chose de bon de l'Église catholique? Il faut leur dire : Venez et voyez.

Nathanaël vint donc. Que ne suis-je certain que mon âme vient aussi et s'approche ? Que ne suis-je décidé avenir?

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