‹ Méditations inéditesChapitre 30 sur 51 · Car Jean n'avait pas encore été mis (( en prison · texte numérisé non relu

Car Jean n'avait pas encore été mis (( en prison

O Seigneur! vous venez d'enseigner à ce savant pharisien la nécessité de la renaissance. Maintenant vous opérez ce que vous venez d'annoncer ; vous conférez le sacrement qui donne cette renaissance ; vous allez en Judée et vous y baptisez.

Vous venez dans cette partie de l'humanité qui a la loi et les œuvres de la loi, mais qui n'a pas pour cela la vie éternelle. Vous leur donnez cette vie éternelle en les régénérant par l'eau et par l'esprit. Vous les aviez préparés par la loi qui vient de vous, par ces venues et ces efforts que vous leur commandiez. Maintenant vous donnez la vie même dans l'Esprit-Saint par le baptême divin.

Jean baptisait aussi, mais c'était un autre baptême, ce n'était qu'un baptême humain, ordonné de Dieu, sans doute, mais qui ne

remettait pas les péchés, mais qui n'élevait pas l'homme au-dessus de l'homme, car « nul ne peut monter au ciel que celui qui en est descendu. » Ce baptême c'était pour ainsi dire l'effort humain qui cherche la vie. Le vôtre, Seigneur, c'est le don divin qui l'apporta. On désigne le lieu où saint Jean baptisait, et il j baptisait parce qu'il y avait là beaucoup d'eau. Vous, Seigneur, vous baptisez partout, avec peu d'eau comme avec beaucoup d'eau, et même sans eau, car il y a le .baptême de l'esprit seul. Les Juifs, sans doute, se croyaient mieux baptisés dans cette abondance d'eau, comme quelquefois en multiphant mes efforts , mes actes humains , je me crois transformé.

Grande illusion !

Car, que sera-ce si le côté humain de mes forces venait à être paralysé, ce qui arrive parfois comme accident dans la vie intérieure de l'âme? Alors il faudrait bien que tout s'appuyât sur Dieu seul, que tout allât à lui. C'est là même une épreuve que Dieu

envoie aux âmes pour les purifier entièrement, comme on le voit dans l'histoire de la plupart des saints.

Jean n'avait pas encore été mis en prison, dit l'Evangile; le Précurseur agissait encore, baptisait encore; le côté humain était encore libre, ce qui représente cet état intérieur des âmes où la force purement humaine est encore séparée de la force divine, où il y a trop encore deux hommes dans l'homme. Il faut en venir peu à peu à ce qu'il n'y ait plus en nous qu'un homme, un homme à la fois divin et humain, qui soit THomme-Dieu.

Ou du moins il ne faut plus qu'il puisse s'élever de dispute entre les deux. Comprenons ce qui suit.

25. « Or, il s'éleva une dispute entre les « disciples de Jean et les juifs, touchant le (( baptême.

16. (( Les premiers vinrent trouver Jean « et lui dirent : Maître, celui qui était avec « vous au-delà du Jourdain et à qui vous

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(( avez rendu témoignage, le voilà qui bap- « tise, et tout le monde va à lui. »

La dispute était donc sur le sujet des deux baptêmes, celui de Jean et celui du Christ.

C'est l'éternelle dispute. Qui dirigera l'homme? Dieu ou l'homme? Tout ira-t-il à DieUj ou bien l'homme se réservera-t-il quelque chose, quelque chose qui ne soit pas pour Dieu, mais pour l'homme seul, où Dieu n'ait rien à voir? C'est l'éternelle question de la vie intérieure des âmes. Anéantira-t-on l'égoïsme, oui ou non ? Donnera-ton à Dieu tout son cœur, oui ou non? Ou bien encore, d'un autre point de vue, s'appuiera-t-on sur sa propre force ou sur la force de Dieu ?

S'appuiera-t-on sur l'œuvre et sur l'effort purement humain, ou sur l'opération divine en nous qui donne alors une portée divine à notre opération humaine?

Jean résout ces questions par sa réponse à ses disciples.

« IL FAUT qu'il croisse ET QUE JE DIMINUE. »

27. « Jean leur répondit : L'homme ne (( peut rien recevoir s'il ne lui est donné « du ciel.

28. « Vous m'êtes vous-mêmes témoins a que j'ai dit : Ce n'est pas moi qui suis (( le Christ, mais j'ai été envoyé devant « lui.

29. (( L'époux est celui à qui est l'épouse, « mais l'ami de l'époux qui est auprès de « lui, et qui l'écoute, est ravi d'entendre la (( voix de l'époux. Je suis donc maintenant a au comhie de ma joie.

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