Il quitla la Judée et il s'en retourna « en Galilée
C'est ainsi , Seigneur, que vous retirez
3oO DIXIEME MEDITATlOiN.
quelquefois à mon âme votre présence, du moins votre présence sensible , quand l'homme, en moi, devient jaloux de Dieu.
Ne m'est-il jamais arrivé de dire au fond de l'âme le mot contraire à celui de saint Jean : Il ne faut pas qu'il croisse et que je diminue ?
Combien de fois ai-je repoussé cette nullité intérieure et ces privations profondes par lesquelles notre âme doit passer pour arriver au règne de Dieu en nous! Semblable aux pharisiens, je n'ai pas voulu perdre mon règne pour laisser venir celui de Dieu, et alors vous vous êtes retiré.
Je veux agir, et je ne veux pas que vous agissiez plus en moi que moi. Et cependant^ quand je vous laisse agir et faire en moi tout ce que vous voulez, c'est alors que j'agis le plus.
Ne craignez pas que Jésus fasse dans l'âme ce qu'elle peut faire elle-même ; il veut au contraire que l'âme fasse par elle-même tout ce qu'elle peut. Il ne baptisait pas lui-même^
IL FAIT Ul'll. CROISSE ET QUE JE DIMINUE. 351
dit l'Evangile, mais ses disciples, c'est-à-dire qu'il ne versait pas l'eau, il ne versait que l'Esprit-Saint. De même, lorsque Dieu règne en nous, il nous laisse tout le côté humain de la vie, il nous en charge; mais il le divinise.
O Seigneur, que je ne sois jamais plus l'orgueilleux pharisien qui vous repousse, parce qu'il se croit saint et auteur de sa sainteté. Mais que mon âme soit humble comme celle de cette pauvre pécheresse samaritaine que vous rencontrez sur le chemin, et à qui vous donnez de si divines paroles.
LA SAxMARITAINE.