Or, il fallait qu'il passât par la Sa- « marie
5. « Il arriva donc à une ville de Samarie, « nommée Sichar, près de l'héritage que « Jacob avait autrefois donné à son fils « Joseph. »
6. « Il y avait là un puits appelé la fonte taine de Jacob : Jésus, fatigué du chemin, « s'assit sur le bord de ce puits. C'était en- « viron la sixième heure du jour. »
7. (( Une femme samaritaine y étant venue « pour puiser de l'eau, Jésus lui dit : Donnez- « moi à boire, »
8. « Car ses disciples étaient allés à la ville « pour acheter de quoi manger. »
LA SAMARITAINE, 3;i3
Quand rorgueil et la jalousie des pharisiens chassent. lésus de la Judée, il se retire en Samarie, en Galilée, il va parler à la pécheresse samaritaine, et il lui dit : J'ai soif; et il permet que l'Evangile nous apprenne qu'il s'assit, fatigué du chemin, sur le bord du puits de Jacob.
O mon Seigneur , comme je comprends tous ces symboles !
N'oilà longtemps, mon Dieu, que je vous fatigue par mon orgueil, mon inattention, ma sécheresse. Je ne vous ai pas cultivé dans mon âme. Je ne vous ai pas nourri chez moi. Je ne vous ai pas désaltéré. Et vous avez été dire à d'autres : J'ai soif.
Et à qui, Seigneur? A des Samaritaines, à des pécheresses.
Moi, je crois en vous depuis longtemps, et
je crois pratiquer votre loi depuis longtemps,
sauf mes péchés. Vous avez été trouver des
âmes qui ne croient j)oint en vous, qui ne
sont point dans votre Église, et vous leur
avez dit des choses que vos disciples eux-
mêmes se trouvent n'avoir point entendues, parce qu'ils s'occupent en ce moment des soins du corps et de la nourriture du corps, tandis que vous , Seigneur', vous pensez à un autre breuvage et à une autre nourriture.
Et ceux à qui vous allez parler ainsi au fond de l'âme, ne vous comprennent pas d'abord et ne savent pas qui vous êtes. Ils s'étonnent de cette voix qui leur parla du ciel au milieu de leurs iniquités. Ils s'étonnent que Dieu leur adresse des demandes et des prières, et il en est ainsi pourtant. Dieu m'a bien souvent prié, et adressé des demandes avec instance, avec douceur, avec clarté ; je ne m'en suis pas étonné, mais je ne l'ai pas écouté, moi qui connais sa voix. Alors il s'adresse à d'autres qui ne le connaissent pas, et qui, malgré leur étonnement, l'écouteront peut-être.
9. « Mais cette femme samaritaine lui dit : (( Comment vous, qui êtes Juif, me deman- « dez-vous à boire, à moi qui suis Samari-