‹ Méditations inéditesChapitre 5 sur 51 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

dans la lutte, et ne saurons-nous pas un jour nous servir du secours divin pour la conlinuer avec une tout autre force et une tout autre dignité? « J'aurais humilié tous vos « ennemis devant votre face, dit le Seigneur a à son peuple, si vous m'aviez écouté (i). » C'est ce que Dieu dit, encore aujourd'hui, à l'humanité tout entière.

Ne peut-on espérer qu'après notre longue ignorance et notre longue ingratitude à l'égard de l'Évangile et de la présence du Christ, le temps approche où l'humanité ouvrira les yeux plus qu'elle ne l'a jamais fait, reconnaissant enhn la mission et le secours qui lui est donné pour l'extermination du mal; le temps où les peuples chrétiens et les individus parmi ces peuples, plus unis pour travailler et pour combattre, et sûrs du triomphe en s'atta-

(1) Deuter., c. xxviii.

LNTRODUCTIOiN. 3

chant à Jésus- Christ, souffriront encore, mais a\ec joie; kitteront encore, mais avec la vigueur de l'espérance, et se dévoueront l(^s uns pour les autres et pour le bien de l'humanité, avec enthousiasme et bonheur?

Heureux dès aujourd'hui l'homme de bonne volonté qui connaît sa mission , qui connaît son Dieu, et marche dans sa voie véritable avec une invincible persévérance, en brisant l'entrave du vice qui arrête la plupart des hommes dans l'admirable développement dont tous seraient capables!

Malheureux ceux que leurs péchés tiennent hés et serrés, que leur iniquité charge et suffoque, comme un sol qu'étouffe une impénétrable foret, comme un sentier qu'occupent les épines et par où l'homme ne peut passer !

l'homme sur la terre.

La terre n'est pas seulement pour l'homme un lieu de passage et de souffrance ; l'humanité a dans ce monde une œuvre à faire et un développement à réaliser.

L'homme regarde souvent sa demeure et les créatures qui l'environnent d'un œil trop dédaigneux. Les uns, voulant jouir de ce monde et abusant des créatures, les méprisent comme on méprise tout ce dont on abuse. D'autres, par piété triste, croient que la voie de l'homme sur la terre estd'y passer en pleurant et d'en sortir au plus tôt.

L'esprit chrétien et catholique évite ces deux excès; il n'a rien de commun avec

Fimpur sensualisme qui profane le monde et le méprise; et il réprouve ce mysticisme stérile qui se sépare des réalités comme illusoires , et des choses visibles comme mauvaises. Le chrétien sait que si le Verbe s'est fait chair , la chair n'est ni le mal ni le mensonge. Si le Christ nous enseigne à dire chaque jour : « Que votre volonté soit (( faite en la terre comme au ciel, » il y a sur la terre une œuvre à faire qui mérite que l'homme s'y livre avec un zèle plein d'ardeur et de joie.

L'homme , ministre de Dieu dans ce monde, a pour mission d'y faire régner la volonté de Dieu ; son progrès est de se soumettre lui-même à cette volonté sainte et d'y assujettir toute créature.

La terre est une base de travail pour l'homme, elle est un lieu pour l'éducation de la race humaine.

L'Evangile nous apprend à respecter la terre, de même qu'il nous apprend à respecter le ciel, car s'il défend de jurer par le

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