L'HOMME SUR LA TERRE
ciel « parce qu'il est le trône de Dieu », il nous défend de jurer par la terre, « parce « qu^elle est son marchepied (i). »
Cette terre n'est-elle pas toute remplie des bénédictions du Seigneur? N'y a-t-il pas de l'ingratitude à ne pas apprécier aussi les dons terrestres de la bonté divine ? C'est parce qu'on regarde les choses d'un œil flétri par l'habitude ou faussé par le vice qu'on les dédaigne ; si l'on contemplait les créatures avec cette jeunesse et cette pureté de regard que donne l'esprit de Dieu lorsqu'il renouvelle notre cœur, on verrait dans ces biens terrestres dont le nom même paraît commun et sans beauté, dans tous ces biens vulgaires et quotidiens, comme la lumière du soleil, on verrait rayonner la bonté vivante du Père et les traces éclatantes de ses mains.
Le cœur pur sait goûter et sentir le moindre don sorti des mains de Dieu; l'œil sim-
(1) S. Malth., V. 34-35.
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pie et calme sait voir en tout son amour et sa bonté.
Heureuses ces âmes pures et enfantines, ces âmes des saints que la vue d'une fleur, d'un ruisseau, l'odeur d'un champ chargé d'épis, la vue d'un rayon de lumière au ciel ou d'une vapeur s'élevant de la terre, touchait au cœur et faisait tressaillir d'amour!
O saintes âmes, qui aimiez toutes les créatures et que toutes les créatures aimaient, saints des déserts à qui les animaux sauvages obéissaient, saints appelés séraphiques à cause de votre immense amour, vous qui bénissiez les campagnes , les animaux et les moissons, qui appeliez les colombes vos sœurs et les plus humbles animaux vos frères, vous dont tout être vivant s'appro- .chaitavec joie, et sous le regard de qui la nature semblait s'épanouir plus belle et plus heureuse, vous qui vraiment annonciez l'Evangile à toutes les créatures , apprenez-nous, aimables enfants de Dieu , à