‹ Méditations pour se disposer à l'humilité et a la pénitence avec quelques considérations de piété pour tous les jours de la semaineChapitre 7 sur 12 · III. Considération · texte numérisé non relu

III. Considération

L'Homme, considéré comme fils d'un père rebelle à Dieu, est un malheureux en fant, faible et délicat, dépouillé de ses ha bits et de ses armes, exposé aux injures de l'air, chassé comme son père du Paradii terrestre et abandonné à la fureur des bè! tes sauvages.

Adam avant son péché était fort et roi buste, dans un lieu inaccessible, et sous I

Nous n avons pas trouvé!

Nous avons trouvé le Messie, le Sauveur, (S. Jean, I.) Que d'âmes ont jeté ce cri vers le Ciel depuis vingt siècles, dans un élan de reconnaissance et de joie !

Mais, hélas ! combien d'hommes cependant, distingués par le savoir, par l'intelligence, au soir d'une journée longue et laborieuse, se couchent dans la tombe en jetant au contraire à la terre ce cri d'angoisse et de désespoir : Nous n'avons pas trouvé J

Vous n'avez pas trouvé ! Mais avez-vous cherché ?

Pour trouver Dieu, il faut le chercher Encore une fois l'avez-vous cherché ? J'en sais beaucoup des vôtres qui ne le cherchent pas.

Ils savent qu'il existe un christianisme, une Église catholique qui se dit, de par Dieu, dépositaire de la vérité. Mais de cette Église que connaissent-ils ? Ce que leur en apportent chaque jour les bruits du monde, bruits frivoles, bruits vagues et confus, bruits de l'ignorance, de l'erreur, de la haine, de la calomnie, de la

mauvaise foi. Examiner, étudier, ils prétendent n'en avoir pas le temps ! Ce sont des spectateurs distraits et affairés. Or, les distraits du plaisir, les affairés de largent, de la gloire, du travail, de la réputation, de la science, ne cherchent pas Dieu.

D'autres examinent, étudient, mais avec le parti pris de trouver l'Église en faute. Un Dieu incarné, un Dieu vivant avec les hommes, homme lui-même, un Dieu parlant auxhommes, révélant des mystères, faisant des miracles ! chimères et sottises ! Sur ce point leur siège est fait. Ce sont des ennemis de la foi ; les ennemis de la foi ne cherchent pas Dieu.

Les autres, curieux, élégants et sceptiques, s'approchent du catholicisme comme d'une fleur odorante et gracieuse qu'on flaire un instant pour son parfum et dont la beauté caresse l'œil et le réjouit; ils le regardent comme on regarde un mirage trompeur, mais d'un effet impressionnant et grandiose, et sur leurs lèvres souvent grimace un sourire de mépris pour les naïfs et les inintelligents qui leur donnent le spectacle de la croyance à des dogmes et à des mystères. Curiosité pure, curiosité coupable en si grave matière, jeu d'esprit vain et criminel. Les dilettantes du sentiment religieux s'amusent ; ils ne cherchent pas Dieu.

Il en est qui paraissent chercher Dieu, mais

ea réalité ne cherchent qu'eux-mêmes. Ils veulent tout devoir à leurs propres efforts, tout à la pénétration de leur esprit, tout à l'énergie de leur volonté, tout à eux-mêmes, rien à, Dieu, à sa grâce, à la prière. Ce sont les orgueilleux, et ils sont en grand nombre dans l'élite des penseurs et des intellectuels. Les orgueilleux ne sauraient trouver Dieu, ils refusent de prier, et qui ne prie pas ne cherche pas Dieu.

Plusieurs enfin cherchent Dieu avec une réelle bonne volonté et ne le trouveront jamais, parce qu'ils refusent d'enlever le bandeau qui dérobe à leurs yeux l'éclat de la vérité surnaturelle et divine. Au nom de Dieu la conscience leur crie de rompre cette liaison coupable, de renoncer à cet injuste trafic, de restituer ce bien mal acquis ; ils se bouchent les oreilles et s'endurcissent le cœur contre ces justes réclamations. Eux non plus ne cherchent pas Dieu comme il convient. L'attachement au mal ne leur permet pas de reconnaître sa voix dans Tarrêt qui les condamne.

Ne nous étonnons donc pas, ne nous scandalisons donc pas d'entendre des savants, des écrivains, des professeurs, des académiciens, en un mot des hommes de haute intelligence répéter : Nous n'avons pas trouvé J" Ils n'ont pas trouvé, parce qu'ils n'ont pas cherché ou parce qu'ils ont mal cherché.

Nous ne devons juger personne, et l'on ignore toujours les secrets du dernier entretien de l'âme avec Dieu dans l'antichambre de la mort. Mais la vérité est que : d'un côté Dieu a établi que la foi serait la condition première du salut ; de l'autre, voulant le salut de tous les hommes sans exception, il ne laisse aucun adulte quitter ce monde sans lui avoir offert le moyen de parvenir à la foi. Quand donc un homme meurt sans avoir trouvé Dieu et obtenu la grâce de Ja foi, c'est qu'un jour ou l'autre il s'est dérobé, par un acte gravement coupable, à une recherche ou à quelque sacrifice que sa conscience lui commandait.

Durant toute l'éternité, il répétera : C'est justement que Dieu m'a condamné !

(R. P. Leroy.)

Feuille A. M. P. I. N© 90.

otection de Dieu: il n'y avait rien qui ât l'attaquer, et il pouvait résister à tout. 3rès sa chute toutes choses lui font la lerre, et il ne peut résister à rien. Tous s enfants de ce père rebelle ne participent Ls seulement à son péché, mais encore à utes ses disgrâces. Expliquons ces choses ir des idées distinctes.

C'est le plaisir qui est le maître du cœur î l'homme, principalement lorsque sa raia est distraite. Car le plaisir est le caracre naturel du bien; et l'homme ne peut empêcher d'aimer le bien. Le plaisir est me comme le poids de l'âme: il la fait :ncher peu à peu, et il l'entraîne enfin rs l'objet qui le cause ou qui semble le user, quoique la raison s'y puisse oppor pour quelque temps.

Adam avant son péché ne sentait point plaisirs prévenans, qui le portassent algré lui à l'amour des objets sensibles: était dans une parfaite liberté, il dispoit entièrement de lui-même. Il n'était jint porté, mais étant juste et sans concuscence, il se portait lui-même, selon sa nière, à l'amour de son vrai bien. Mais rès son péché, il a perdu cette parfaite

liberté. N'étant plus le maître du plaisir e^ n'en pouvant plus arrêter le sentiment, Iç plaisir s'est rendu maître de lui, et il a ty« ranniquement assujetti son esprit et sou cœur à toutes les choses de la terre. Il es1 ai devenu tout terrestre, esclave du péché oi sujet à la mort et à tant d'autres misères qu'il est inutile de décrire.

Nous naissons tous, comme notre premiei père, attachés à la terre : parce que nouî sentons tous naturellement et malgré nou du plaisir dans l'usage des choses sensible: qui sont le bien du corps ; et que nous n'ei|)s sentons point naturellement dans ce qu contribue à la perfection de notre espritfcs Car c'est ce dérèglement de nos plaisirs qu pi( dérègle notre cœur, et qui est la source le plus féconde de nos maux.

Dans l'état misérable où nous sommes, nouén ne saurions par nous-mêmes nous rappro feai cher de Dieu ; et nous ne pouvons pas me (ij me trouver dans tout l'univers une créature assez noble et assez pure, assez élevée pa: la dignité de sa personne et par la gran deur de ses mérites, pour nous réconcilie avec Dieu. Mais nous trouvons dans la Re ligion chrétienne tout ce qui nous manque

Elle nous prêche sans cesse la privation, renoncement, la circoncision du cœur, diminution du poids du péché. Et en ême temps elle nous donne un Médiateur r les mérites duquel nous recevons le ids de la grâce, cette délectation victoîuse, quœ exuperat omnem sensum, qui tsse tout sentiment, et qui nous attire à eu nonobstant même le poids incommode nos passions et des plaisirs de nos sens, r ces deux choses, la privation des plai- •s et la délectation de la grâce, nous sont solument nécessaires après le péché. Il lit, par une mortification continuelle de s sens et de nos passions, diminuer le ids de la concupiscence qui nous porte rs la terre; et demander à Dieu par tre Médiateur JÉSUS-CHRIST, la délectan de la grâce, sans laquelle nous avons au diminuer le poids du péché, il pèsera ijours beaucoup : mais si peu qu'il pesât, nous entraînerait infailliblement, et nous ndrait comme collés à la terre, et sous domination de nos ennemis.

Elévation à Dieu.

Mon Dieu, faites-moi toujours connaîtr( que je suis chassé hors de mon pays ; jui je suis parmi des ennemis, qui ne songen^ qu'à me donner la mort ; que l'air du mondi est un air empesté, qui achève de m'em^ poisonner ; qu'il n'y a point de créature qu ne m'applique à elle, et qui ne me détourn« de vous. Mais, mon Dieu, faites-moi biei connaître, que les plus dangereux ennemii que j'aie, sont mes ennemis domestiques que je me dois plus craindre moi-même o, que je ne dois craindre le monde; et qui^ je dois plus craindre le monde, que je m ^ dois craindre le démon ; que parmi tan j^ d'ennemis, je n'ai point de force pour mi défendre, je n'ai point d'armes pour le combattre ; je n'ai pas même assez de lu mière pour les bien connaître et leurs ar |j tifices. Faites-moi sentir toutes mes faibles ses, toutes mes blessures, toutes mes misé res, dont je n'ai encore qu'une connaissanc» ^^ fort imparfaite.

O JÉSUS, je ne vois que faiblesse en moiL lorsque je me regarde sans vous : mais lors que je vous sens avec moi, je me sens um

rce invincible : In te inimicos nostros ven- 'abimus cornu, et in nomine tuo spernemus surventes in nobis ; non enim in arcu meo )erabo, et gladius meus non salvabit me. JÉSUS moqué, souffleté, flagellé, couvert 5 crachats et de sang, humilié jusqu'à la ort, confondez mon orgueil et ma délicasse. Chassez de mon cœur par la vertu 5 vos humiliations et de vos souffrances,

par le mérite de vos dispositions intériires, tous mes ennemis domestiques. Hallez-vous de pourpre, ô mon Roi; venez uronné d'épines et le roseau à la main, ïnez les combattre et les juger. Montez sur

trône de votre Croix, et faites mourir us les tyrans de mon cœur par votre ule présence, à la vue de l'état où votre arité vous a réduit. Anéantissez pour jaais l'orgueil du péché. Que l'homme n'ait us de honte d'être semblable au Dieu

'il adore O mon Dieu, élevez-moi avec >us, attachez-moi avec vous, crucifiez-moi, crifiez-moi avec vous, afin que j'aie part cette puissance si terrible à mes ennemis >mestiques, si terrible au monde, et si ternie à l'enfer.

— soin.

De VHomme considéré comme Pécheur, I. Considération.

IL est extrêmement difficile de représeï ter les dispositions intérieures dans id quelles un pécheur doit entrer : car il v^ a point d'état d'humiliation, de haine soi-même, ni d'anéantissement, qui coi vienne à sa bassesse, à sa malice et à se néant. Si le pécheur était anéanti, il sera trop heureux ; il faut qu'il soit, pour êti puni; et il ne peut se haïr, comme il d vrait se haïr: il n'y a qu'un Dieu qui puisj le haïr autant qu'il est digne de haine.

L'homme comme enfant d'Adam est bi( réprouvé , mais il n'est pas puni de peine des damnés. Il est bien digne d'êt dans une extrême tristesse, comme ui suite nécessaire de ce qu'il se voit prii du souverain bien ; mais il ne mérite p d'être accablé de douleurs, de cette espè A de peine qui est due au mauvais usage i HK sa propre liberté. Les enfants d'un crin l'ï nel méritent bien d'être privés de tout j les grâces que leur père recevait et qu iri pouvait espérer, mais ils ne méritent p cti d'être punis de la même manière que d; c

minels. Il est juste que Dieu se retire enfants d'Adam, qu'il ne leur fasse cune faveur particulière, qu'il n'en fasse int ses héritiers, et ne soit pas leur réaipense. Enfin qu'il les anéantisse s'il veut ; ils sont ses créatures. Mais en

les considérant que comme des enfants ilheureux d'un père rebelle, il ne semble s juste que Dieu emploie la rigueur de justice pour s'en venger, [1 n'en est pas ainsi de l'homme considéré mme pécheur lui-même : il serait très juste e Dieu employât toute sa puissance pour isfaire à sa justice, si le pécheur était

sujet capable de porter toute la colère m Dieu: parce que l'offense croissant à Dportion de la dignité de la personne ensée, l'offense faite à Dieu est infinie, mérite une peine infinie dont l'homme :st pas capable.

\insi un pécheur, considéré sans JÉSUS- [RIST, est encore quelque chose de pire 'un damné considéré avec les satisfactions

Jésus-Christ ; puisqu'il n'est pas nécesre qu'un damné considéré avec les satis- :tions de Jésus-Christ, souffre selon toute

capacité qu'il a de souffrir. Aussi les

damnés ne souffrent-ils pas selon toute capacité qu'ils ont de souffrir : leurs peir sont inégales aussi bien que leurs crim quoique leur capacité de souffrir soit éga et qu'ils méritent de souffrir selon toute capacité qu'ils en ont. L'état d'un pèche considéré sans JÉSUS-Christ, est donc p: digne de haine que celui d'un damné ; pu qu'il fait honte à la beauté de l'univers qu'il renverse l'ordre des choses autant qi en est capable.

Un tel pécheur est même plus digne haine que tous les damnés et que tous démons ensemble, parce que la mort Jésus-Christ, étant suffisante pour ajou ce qui manque à la satisfaction que j damnés font malgré eux à la justice Dieu, cette sainte justice en est pleinem^ satisfaite : les supplices des damnés y n dent honneur malgré leur malice; et k malice même, comme une peine due à lei péchés, y rend honneur. Mais un pèche sans Jésus-Christ est un monstre que Di ne peut ni vouloir ni permettre. Il ne pfl être d'aucun ordre, ni de celui de la mi ricorde ni de celui de la justice. Il n'^ rien de bon dans un tel pécheur, il f

reur; et ceux qui savent que la volonté éntielle et nécessaire de Dieu est l'ordre, voient rien de plus digne de leur haine de leur aversion, qu'une telle créature, e ne puis donc assez me haïr comme heur, je ne puis assez m'humilier. Je

indigne d'être reçu à faire pénitence, 5 gémissemens et mes larmes ne font

renouveler le souvenir de mes offen-

C'est en vain que je crie vers le Ciel, u n'écoute point les pécheurs : il se mo-

d'eux dans leurs misères, il se plaît à accabler. Comme créature. Dieu m'écoucomme enfant d'Adam, il me méprise:

s comme pécheur, il ne peut songer à

sans me punir de toute la force de 'igueur, ou selon toute la capacité que mis avoir de souffrir. Que l'état d'un péir est un état misérable ! Mais n'y peni pas davantage sans JÉSUS-Christ.

Elévation à Dieu.

JÉSUS qui êtes venu au monde pour

1er non les justes, mais les pécheurs;

avez pris toutes les marques des pé-

irs; qui avez bien voulu être regardé

me pécheur et comme l'ami des pé-

cheurs ; Vous enfin qui avez ardemment siré de souffrir pour des pécheurs, d main même des pécheurs, une mort qui tait destinée que pour les plus infâmes cheurs; ô JÉSUS le Sauveur des péchei| servez-moi de bouclier contre les traits la colère de Dieu. Arrêtez le bras de vol Père prêt à s'appesantir sur moi. Jcig vos gémissements aux miens, mêlez vos mes avec les miennes, afin qu'elles ne soi plus le sujet de la moquerie et de Viî\ gnation de mon Dieu. Je ne demande que vous me releviez de terre, que vj essuyiez mes yeux, que vous me renc ma première robe. Je ne suis plus dj l'état d'innocence, et je ne veux plus vi que dans les douleurs, et les humiliati< Oui, Seigneur, je veux demeurer proste contre terre, le visage plein de pouss et de larmes, et porter ainsi avec vous partie de la honte et de la confusion je mérite pour mes crimes.

IL Considération.

sril ■irt

LA condition de l'homme comme eniuj d'Adam, quoique racheté par JE Christ, demande nécessairement une s Ju

tion et une privation de tous les plaisirs ;s sens, et de tous les objets de la conpiscence. Car un enfant d'Adam, quele saint et juste qu'on le veuille supposer, nt toujours un poids qui le porte vers la rre, et qui contre-balance l'effort que le >ids de la grâce fait sur son esprit. Or (mme le poids de la grâce ne dépend pas nous, et que ce poids agit d'autant plus e le poids de la concupiscence est plus ger, il est visible que tout homme est LUS une obligation très étroite de diminuer t dernier poids, en évitant avec soin les laisirs sensibles : puisque ces plaisirs nous ►rtent naturellement à l'amour des objets d semblent les causer, et qu'ainsi ils irriat et fortifient extrêmement la concupisnce.

Mais la privation ou la pénitence n'est

s seulement utile pour coopérer à la grâce,

i pour n'en pas empêcher l'effet, elle est

ème assez souvent nécessaire pour la

ériter. C'est apparemment la voie la plus

urte pour l'obtenir; et elle ne manque

iilnais de l'obtenir, lorsqu'elle est pratiquée

i r un mouvement de l'esprit de Dieu.

s Quand on considère que l'ordre immuable

de la justice est la règle inviolable et cessaire de la volonté de Dieu, on comprei parfaitement que les pécheurs sont indi pensablement obligés à la privation et à pénitence; car il est évident que Ford demande que le pécheur soit puni.

Tout homme doit désirer, aussi bien qi sainte Thérèse, ou de souffrir ou de mo rir; ou plutôt comme sainte Magdeleii de Pazzi, de souffrir et de ne point sit mourir. Car tout homme qui aime rordi|| qui préfère la volonté de Dieu à la sienn qui respecte la beauté de l'univers, n< cette beauté visible qui est l'objet de n sens, mais la beauté intelligible qui est l'o jet de notre esprit; tout homme qui ne considère que comme partie des ouvrag de Dieu, et qui ne met pas sa dernière f dans soi-même; enfin tout homme qui 3 s'imagine pas devoir s'aimer plus que Die même, doit se conformer à la volonté son Tout. Il doit prendre le parti de Die et animé du zèle de sa justice exercer conf soi-même une rigueur nécessaire, mais u: rigueur qui le remettra dans l'ordre d'à tant plus promptement, qu'il l'exercera pi volontairement; car si la punition du j

lé n'était point volontaire elle serait né-

issairement éternelle.

j ^Si l'on considère que le plaisir est une

^compense, qu'il n'y a que Dieu qui soit ipable de le produire en nous, et qu'il >st obligé par l'ordre de la nature, qui est rien autre chose que ses volontés éterîlles, à nous en faire sentir, lorsque les trps qui nous environnent produisent dans nôtre des mouvements utiles à sa conrvation; certainement on ne doutera pas le c'est une impudence et une effrontez abominable, que de se servir de l'imatabilité des volontés d'un Dieu juste, >ur se faire récompenser, dans le temps l'on mérite comme pécheur d'être puni, même pour des crimes que l'on commet tuellement contre Dieu. Car enfin c'est te chose horrible à penser, que d'obliger bonté de Dieu à favoriser nos passions ; que de forcer, pour ainsi dire, celui qui veut que l'ordre, à récompenser, pour ^si dire, le désordre- Mais si l'on considère d'un autre côté e la douleur est une peine, qu'il n'y que Dieu qui soit capable de la causer . nous, et qu'il s'est obligé par le même

ordre de la nature à nous en faire senti] lorsque les corps qui nous environnei produisent daus le nôtre des mouvemen contraires à sa conservation; on ne doi tera pas non plus qu'un pécheur qui J conforme volontairement à l'ordre de ] justice, et qui se sert de l'immutabilité d< volontés de Dieu pour se remettre dai l'ordre; qu'un pécheur qui accorde, poi ainsi dire, Dieu avec Dieu même, l'ordi naturel avec l'ordre essentiel et nécessair et qui se reconnaissant pécheur, obli|f Dieu en conséquence de ses volontés à traiter comme il mérite de l'être: on r doutera pas, dis-je, qu'un tel pécheur n'ai tire sur lui la miséricorde d'un Dieu, aus| bon qu'est celui que nous adorons. Cî enfin un tel pécheur est aimable ; il au mente la beauté de l'univers, il rentre dai l'ordre autant qu'il lui est possible, et m me il y rentre parfaitement, ses souffrance étant confondues avec celles de JÉSU Christ, qui seul est une victime capab de rétablir toutes choses.

Qu'il y a de différence entre un volulm tueux et un pénitent! Tâchons encore ui r, fois de la bien connaître. Ln voluptuet {

^t un monstre qui blesse l'ordre, et qui )rronipt la beauté de l'univers : un vrai mitent rétablit l'ordre, et rend à l'univers lî qu'il lui avait ôté. Un voluptueux est 0. traître qui abuse de la bonté de son Duverain, et qui se sert malicieusement 2 la connaissance qu'il a de ses desseins, pur l'obliger à des actions indignes de lui : pi pénitent est un serviteur fidèle, qui iudie les volontés de son maître, qui les cécute à ses propres dépens, et qui se prt adroitement de la connaissance qu'il [de ses inclinations, pour mériter légiti- Lement ses bonnes grâces. Enfin un volupleux est un criminel qui commet inces- ^mment de nouveaux crimes ; c'est un ?clieur endurci qui boit le péché comme jau, et qui ne se réjouit que du mal ; c'est 1 démon condamné dont l'arrêt n'est point icore prononcé ; enfin c'est une victime li s'engraisse pour le jour de la vengeance [1 Seigneur, et pour être la nourriture un feu qui ne s'éteindra jamais. Le vrai nitent au contraire, est un homme juste, fii craint plus le péché qu'il n'aime le plai- ; c'est un cœur contrit et humilié, qui ï purifie sans cesse dans l'amertume et

dans la douleur. C'est une victime qui brûl lo par amour : victime trop aimable pour de meurer dans l'ordre de la justice, elle do: entrer dans celui de la miséricorde ; car si peine étant volontaire elle ne peut pafs durer toujours.

Il ne faut pas se persuader, comme biei des gens, que JéSUS-Christ soit venu dis penser les pécheurs de faire péniten<^ Jésus-Christ n'est pas venu renverse l'ordre des choses : il est venu, pour ains dire, faire pénitence, ou plutôt il est veni souffrir avec les pécheurs, afin de sancti fier leur pénitence et de la rendre agréabj à Dieu. Il est venu porter par la grandeij de sa qualité, ce que les hommes ne poi valent porter, à cause de la faiblesse d leur nature, à cause de la limitation leur être, à cause de l'indignité de le personne. Mais il n'est pas venu les dis penser de faire pénitence. Il les encourag au contraire par son exemple, il les fortifii par sa grâce, il les enseigne par ses parolô s à souffrir: car il n'y a que ceux qui 1 suivront à la mort, qui doivent prétendr à la vie qu'il nous a méritée par sa mon Si quelqu'un, dit-il, veut ressusciter ave

oi, qu'il renonce à sa propre vie, qu'il charge de l'instrument de son supplice, 'il porte sa croix et qu'il me suive ; car ui qui voudra conserver sa vie, la pera. Il reprend même sévèrement le plus and de ses Apôtres, à cause qu'il voulait détourner de souffrir. Il l'appelle Satan : lui commande de se retirer de devant , et il lui reproche qu'il n'a point de ût pour les choses de Dieu. Mais JÉSUS

retournant et regardant ses disciples, orit rudement Pierre, et lui dit: Retirezus de moi, Satan ; parce que vous n'avez int de goût pour les choses de Dieu, mais

lement pour les choses de la terre. Et pelant à soi le peuple avec ses disciples, leur dit: Si quelqu'un veut venir après n, qu'il renonce à soi-même, qu'il se

rge de sa croix, et me suive. Car celui i se voudra sauver, se perdra ; et celui i se perdra pour l'amour de moi et de évangile, se sauvera, etc. Voilà quels sont i sentiments de la Sagesse éternelle:

itiments qui ne regardent pas seulement

Apôtres, mais tous les hommes en gé-

al : et ayant appelé le peuple avec ses

disciples, il leur dit : Si quelqu'un veut m suivre qu'il renonce à soi-même, etc.

Elévation à Dieu.

Seigneur, dont toutes les volontés so: efficaces et tous les décrets immuables, vo avez voulu que l'homme goûtât du plaiî dans l'usage des biens sensibles ; mais l'hoi^ me ingrat aime ces faux biens et mépri la véritable cause de son bonheur actuéi ou plutôt il ne vous reconnaît pas, Seigner comme seul capable d'agir en lui. Vous avii sagement établi que l'homme reconnut des preuves courtes et incontestables, s| devait s'unir aux corps qui l'environnent s'en séparer, afin qu'il ne fut point obi: de se détourner de vous, ni de s'appliq longtemps à eux. Et voici au contraire qu les hommes ne pensent plus à vous, S'ima ginant que les corps causent en eux les plai sirs qu'ils sentent, ils se donnent tout à eui ils ne pensent qu'à eux, ils n'aiment qu'eus et ce que vous aviez ordonné pour conseï ^ ver l'homme juste dans la justice, arrêt maintenant le pécheur dans le péché. Sei gneur, feriez-vous un miracle pour des pii cheurs ? Non, non, Seigneur, que vos décrelf,

^bsistent. Malheur à ceux qui vous tentent ! le les hommes fuient le poison, s'ils veulent iter la mort. Ils reconnaissent bien ce poin, vous les en avez avertis.

Mais, ô Dieu plein d'équité pour vos créaes, pouvons-nous haïr le plaisir ? pouvonsus haïr ce que vous nous faites aimer? est juste que nous souffrions comme peurs ; mais pouvons-nous aimer la douleur e vous nous faites, ce me semble, haïr une impression invincible ? O Seigneur nt la sagesse n'a point de bornes, faitesus parfaitement comprendre que vous tes pas contraire à vous-même, et que 5 volontés ne sont pas contradictoires ; t le plaisir en lui-même n'est point maus et qu'il n'y a que la véritable cause de re bonheur qui mérite véritablement de nour et du respect; que nous devons ler cette cause de toute l'étendue de notre ur, mais que nous devons avoir ce res- :t pour elle de ne pas la contraindre, en séquence de ses volontés générales, à Ls récompenser lorsque, absolument part, elle devrait nous punir, eigneur, qui vous cachez à nos yeux, es paraître votre force et l'efficacité de

vos volontés, et montrez-nous clairement incessamment que les corps qui nous e vironnent sont absolument incapables < nous faire ni bien ni mal, que ce ne so que de viles et inefficaces substances. Pet être que les hommes prévenus par les s cours ordinaires de votre grâce n'aimero que vous lorsqu'ils sauront qu'il n'y a qi vous qui soyez capable de leur faire bien, et peut-être qu'ils ne craindront qi vous lorsqu'ils auront bien compris qu'il n a que vous d'assez fort et d'assez puissa pour leur faire souffrir du mal- Mais, ô mon Dieu, agissez avec plus < sûreté et plus de miséricorde envers m Je sais que vos créatures ne sont point me bien et je les aime. Je suis convaincu qi tout ce qui m'environne ne peut me pén trer et mon cœur s'ouvre sans que j'y pens il s'attend de recevoir des plus viles de vi créatures ce qu'il n'y a que vous qui n puissiez donner. O mon Dieu, agissez doi avec moi plus sûrement qu'avec ceux q suivent plus exactement leur lumière dai les mouvements de leur amour ! Sépare moi de vos créatures puisqu'elles me d tournent de vous ! Détournez mes yeux j

:ssus les objets sensibles, puisque je les ends pour vous, ou plutôt puisque je les me au lieu de vous. C'est là le plus sûr oyen de remédier aux dérèglements de on cœur.

Ma philosophie n'est pas suffisante pour gler mon amour, elle n'est bonne qu'à me [ndre inexcusable devant vous. Elle m'apend que je me sers de l'ordre pour renrser l'ordre ; que j'abuse de vos bontés ur favoriser le mal ; que je me sers de nmuabilité de vos décrets pour récomnser la rébellion et le crime. Elle me fait ir clairement mon impiété et mon iniice, mais elle m'y laisse plongé. J'ai rreur de moi-même, mais je ne puis m'emcher de m'aimer Ainsi je me procure les dsirs qui me rendent heureux, du moins ur le temps que je les goûte. O Dieu e je suis stupide et insensé ! Je m'aime ur un moment et je me perds pour une rnité ! Mais je goûte ce moment et je goûte point l'éternité. J'y pense, il est li, et ma pensée trouble ma joie. Mais plaisir tout affaibli qu'il est par mes régions, entraîne facilement mon cœur qu'il éjà mis en mouvement. Privez-moi donc

ô mon Dieu, de tous les objets qui flatte mes sens et qui troublent ma raison, comme auteur de la nature vous me fail sentir du plaisir dans leur usage, comi auteur de la grâce donnez-m'en du dégc et de l'horreur. Et ajoutez à vos grand miséricordes sur moi, dans le temps auqi les peines sont méritoires, de me faire souffc celles que je mérite pour mes crimes. O Di qui ne pouvez laisser le péché impuni, fait* moi rentrer incessamment dans l'ordre. F( mez-moi sur votre Fils, crucifiez-moi av lui, et que sa croix qui n'est que folie que faiblesse aux yeux des hommes, S( toute ma force, toute ma sagesse et toi ma joie î

O JÉSUS attaché en croix pour mes chés, je suis à vous. Attachez-moi avec von crucifiez ma chair avec ses passions et s désirs déréglés : détruisez ce corps de f ché , ou délivrez-moi par votre grâce l'effort qu'il fait sans cesse sur mon espi Nous sommes baptisés en votre mort: no sommes morts à toutes les choses sensibU nous sommes même ensevelis avec vo par le baptême. Notre vieil homme, dit vot grand Apôtre, a été attaché avec vous à

ho/x, afin que le corps du péché fut dé- ^uit. Souffrirez-vous, o JÉSUS, que ce vieil omme j evive, et que ce corps du péché ibsiste. O Sauveur du monde, achevez buvrage que vous avez commencé ; connuez de souffrir dans vos membres, acheez dans notre chair le sacrifice que vous [vez commencé en Abel, que vous avez bntinué dans les Patriarches et dans les irophètes, et que vous ne finirez que par l mort du dernier membre de votre corps, m sera le dernier saint que vous donneîz à votre Eglise.

I O Esprit de JÉSUS, amour du Père et du ils, répandez votre charité dans nos coeurs, lassez de nos esprits la crainte servile es esclaves, et remplissez-nous de cette fainte des enfants qui donne droit à l'hétage de notre Père. Venez, Esprit consoiteur, adoucir par la délectation de la race, l'amertume et le dégoût que nous 'Ouvons dans la pénitence. Faites-nous art des souffrances de JÉSUS, afin que t>us ayons aussi part à sa gloire. Mais lîndez-nous plus léger le poids de la croix ni est insupportable à la nature. Réveillez otre foi aux promesses divines. Repre-

sentez-nous vivement la grandeur de ni espérances; et donnez-nous de ce feu qi vous fîtes pleuvoir sur les Apôtres, de t feu qui les embrasa de zèle et d'arde pour prêcher sans crainte la croix de JÉs et pour souffrir avec joie l'ignominie fouets , la rigueur des tourmens et mort même, pour JÉSUS- Christ,

Avertissement.

ne suffit pas de lire avec une légère ntion les considérations qui suivent, si veut s'en nourrir et s'en fortifier l'esprit : ut les graver profondément dans sa mère, et se les rendre si familières qu'elles >résentent à nous à tous moments. C'est • cela qu'on ne les a pas étendues daage. Les grands discours partagent l'es- : il ne faut souvent qu'un mot pour lui ésenter beaucoup de choses ; et pourvu ne parole soit pleine de suc et de vérité, dit davantage que des livres entiers, c'est notre attention qui nous parle ; : notre cœur qui nous convainc ; et ceux rentrent dans eux-mêmes pour y écouter érité intérieure et pour étudier les lois Qelles, comprennent à demi-mot des

choses qui paraissent incompréhensibles autres hommes. Comme on ne dit dans considérations que des vérités incontestal pour des chrétiens, on les expose sans pr ves, souvent avec les paroles mêmes l'Ecriture, et surtout dans le dessein d'e: ter ceux qui les liront à y penser contim lement, à s'en entretenir et à s'en nour On a mis à la fin de chaque considérai un mystère que nous pouvons choisir p honorer. Car nous devons comme chréti adorer Jésus-Christ dans tous ses et le remercier de tous ses mystères, lui mander la grâce de tout ce qu'il a étc de tout ce qu'il a fait, et tâcher de n conformer à lui selon toutes les manie possibles, car nous ne pouvons être agréai à Dieu qu'autant que nous sommes des pressions de son Fils.

ittr

De

Pour le Dimanche.

Ne voyons que Dieu en toutes choses :

st lui qui fait tout, n'adorons que lui. Il

y a que lui d'assez fort pour agir en nous,

aimons donc et ne craignons que lui,

Si nous souffrons quelque douleur, c'est

main de Dieu qui nous frappe : tournons-

bs donc vers lui et non vers l'objet qui

tnt de la causer. Humilions-nous en sa

ésence, car il ne punit que le désordre.

lissons, craignons, fuyons le péché qui

lige la source de tous les biens à devenir

cause de tous nos maux.

5i nous jouissons au contraire de quelque

dsir sensible, souvenons-nous que nous

nmes pécheurs, et qu'ainsi l'amour du

>nde nous doit faire haïr le plaisir. N'ou-

ons pas que la volonté essentielle et né-

isaire de Dieu, c'est l'ordre, et qu'ainsi

îu punit indispensablement tout désordre.

•tout prenons bien garde à ne pas com-

ttre cette injustice que d'obliger, en con-

[uence des lois que Dieu s'est imposées,

ui qui ne veut que l'ordre, non seulement

ermettre le désordre, mais même à le

ompenser. Ainsi ne souffrons le plaisir

qu'avec peine : ce n'est plus le caractère bien, il ne porte qu'au mal et tout est r versé.

Elevons notre esprit à la considéra des plaisirs futurs. Ils seront éternels, ils seront justes et dans l'ordre. Considéra combien sera grande la félicité de ceux <| posséderont Dieu même, puisque l'ordl veut que les plaisirs soient proportionna aux biens dont on jouit. Vivons mainll nant par la foi ; que la fermeté de noÉ espérance excite en nous l'avant-goût é biens à venir, en nous le rendant coma présent. Cette espèce de jouissance no" est permise : Gustate et videte quonta snavis est Dominus. Beatus vir qui sper in eo. Goûtez et voyez que le Seigneur i doux: qu'heureux est Vhomme qui met lui son espérance.

Dieu est bon, juste, puissant ; il a prom il a juré, il a déjà donné son Fils ; il a l 'Jî pandu son Esprit ; faut-il d'autres arrhe Faut-il même des arrhes pour nous assui que Dieu tiendra sa promesse ? Réjouis soi nous donc dans le Seigneur, et méprise tout le reste. Gaudete in Domino semp Iterum dico gaudete, modestia vestra ni

«H est

te fdi

hominibus : Dominns prope est (Philipp.

V. 4.) Réjouissez-vous dans le Seigneur, vous le redis encore, réjouissez-vous, que tre modestie se fasse connaître de tous

hommes. Le Seigneur est proche.

Averte oculos meos ne videant vanitatem, via tuavivifica me, (Ps. 108, v. 31.) Détourz mes yeux, ô mon Dieu, de peur qu'ils voient la vanité de ce monde. Donnez-moi force et le courage de marcher dans vos ies,

MYSTÈRE, Le mystère de la Sainte inité.

Pour le Lundi.

î^'estimons rien que par rapport à JÉSUS- [RIST ; ne nous regardons qu'en JÉSUS- RIST ; n'agissons et ne souffrons que dans sprit de JÉSUS-Christ.

Considérons que Jésus-Christ est le cornincement et la fin de toutes choses, que st le premier-né de toutes les créatures qu'elles subsistent toutes en lui. Que c'est tre Chef, notre Roi, notre Sauveur, notre diateur, notre Législateur, notre Docteur, tre Lumière, notre Modèle, notre Souve-

rain Prêtre, notre Victime, notre Nourri ture, notre Tout. Ne demandons rien qu< par Jésus-Christ. Ne rendons grâce à Diei que par JéSUS-Christ. N'approchons de Diei|el que par Jésus-Christ, car nous n'avons ac ces auprès de Dieu que par Jésus-ChrisI isi

Souvenons-nous que Dieu n'aime que JÉSUS iei Christ et ce qui a rapport à Jésus-Christ i et qu'il nous a prédestinés pour être con formes à l'image de son Fils. Ainsi formons ni nous sur Jésus-Christ comme sur notr< le modèle et notre exemplaire. Dépouillons ièi nous du vieil homme pour nous revêtir di ï\ nouveau. Et n'aimons en nous et dans le toi autres que Jésus-Christ. Anathème à celnk qui n'aime pas JÉSUS-CHRiST qui nous a et k donné de Dieu pour être notre Sagesse, notf Ni Justice, notre Sanctification et notre Ré\]t demption, afin que celui qui se glorifie n ing se glorifie que dans le Seigneur, (1 Cor. ch. ] èm V. 30.) - Is

Respice in faciem Christi tuL Jetez le yeux sur la face de votre Christ.

MYSTÈRE, JÉSUS-CHRIST naissant.

rce Et

Pour le Mardi.

^e faisons aucune chose sans l'offrir acîUement à Dieu et sans nous unir pour a à Jésus-Christ. Ou pour le moins ne sons aucune chose qui soit indigne de eu, en la force de qui nous agissons, ou

Jésus-Christ à qui nous appartenons.

Souvenons-nous toujours que c'est Dieu i nous donne et qui nous conserve l'être, e c'est de lui que nous recevons la luère qui éclaire notre esprit, l'impression

anime notre cœur, et la vie même qui ane le mouvement à notre corps, et ;mployons que pour Dieu l'être et les •ces que Dieu ne nous donne que pour lui. ^'oublions pas non plus que nous sommes Fésus-Christ, qu'il nous a acquis par son

g et qu'ainsi quand nous aurions par nous- ;mes toutes les forces que nous ne receas que de Dieu, étant rachetés par le

g de Jésus-Christ, nous et toutes nos ces lui appartiennent. Ainsi ne faisons qui soit contraire à de telles obligations. £t afin que nous ayons encore une plus tnde idée de la perfection où nous de-

s tendre, pensons que JÉSUS-Christ est

notre Frère, et que Dieu est notre Pèn que nous devons être éternellement les hé ritiers de Dieu même et les cohéritiers die Jésus-Christ ; et jugeons par là quelle doi h être notre vie pour être digne de nos qua oi lités. Soyez parfaits, disait notre adorabl fo Frère, pour exciter ses disciples à aime ie leurs ennemis, soyez parfaits comme voir le Père céleste est parfait. (Matth. V, 48.) i Omne quodcumque facitis in verbo aut i k opère, omnia in nomine D. jesu-CHRISTI, grq^ tias agentes Deo et Patri per ipsum. (Coloss III, 17.) Quoi que vous fassiez en parîan ou en agissant, faites tout au Nom du Set gneur JÉSUS- christ, rendant grâces par h à Dieu le Père.

Domine ante te omne desiderium meum et gemitus meus a te non est absconditwlik (Ps, XXXVII, 10 ) Seigneur, vous voyez a tendent tous nos désirs et les gémissement js de mon cœur ne vous sont point cachés,

MYSTÈRE. JÉSUS-CHRIST enfant et s\j^ cachant au monde.

Dni

Pour le Mercredi.

Puisque nous ne vivons pas selon n obligations essentielles, ni d'une manièi^h

10 ififi

informe à la qualité que nous portons, vons du moins dans une profonde humilité, ^e souffrons jamais volontairement que îsprit des autres hommes se tourne vers 3us, ni que leur cœur s'arrête sur nous, ous ne sommes ni leur lumière ni leur

n. Que c'est un grand crime que de se ettre à la place de Dieu pour recevoir doration intérieure qui n'est due qu'à lui! ieu a-t-il fait les esprits capables de nnaissance et d'amour afin qu'ils s'occunt de nous, afin qu'ils nous estiment et l'ils nous aiment ?

N'ôtons donc pas à Dieu ce qu'il aime le

s dans ses créatures, et ne séduisons pas

simples en leur parlant comme si nous ons capables de les instruire et de les

Ldre heureux. Si nous ne rendons pas à eu ce que nous lui devons, ne recevons des autres ce qu'ils lui doivent. Tourns-les vers celui qui est leur bien et leur nière, en leur disant en mille manières ce B l'Ange disait à S. Jean qui le voulait 3rer: Conservus tuiis siim, Deum adora.

ne suis que serviteur comme vous, c'est su qu'il faut adorer. Et celui qui résiste superbes et qui donne sa grâce aux

humbles, nous fera marcher à grands pa dans les voies de la vertu qui conduisen à la véritable et solide gloire. Il nous don nera son esprit et sa force, et nous vain crons sans peine les difficultés qui nous pa raissent insurmontables.

Venite ad me omnes qui lahoratis etoneram estis et ego reficiam vos. Tollite jugum meuh super vos et discite a me quia miiis sun et humilis corde, et invenietis requiem ani mahus vestris, jugum enim meum suave e& et onus meum levé. (Math. II, 2, 28, 29, etc

Venez à moi vous tous qui êtes fatigué et qui êtes chargés et je vous soulagera Prenez mon joug sur vous et apprenez d moi que je suis doux et humble de cœw d et vous trouverez le repos de vos âmei \ Car mon joug est doux et mon fardeau es :ri léger.

Vide humilitatem meam et làborem men

et dimitte omnia pecata mea. (Ps. XXIV, 18) lire Jetez les yeux sur mon humiliation et «rtinc mes peines, et pardonnez-moi tous mes péchés fe p

MYSTÈRE. JÉSUS-CHRIST exerçant mission.

lut

Pour le Jeudi.

Considérons aujourd'hui qu'il n'y a qu'un •crifice agréable à Dieu qui est celui de ;sus.Christ. Car c'est le même sacrifice li est offert dans le ciel et sur la terre, LUS nos églises et dans le Temple des Juifs, (présent et dans l'éternité. JÉSUS était offert figure dans les sacrifices des Juifs ; il ifre selon la vérité, mais d'une manière irisible, dans le sacrifice des Chrétiens ; s'offre selon la vérité et sans aucun voile, s le sacrifice des Saints. Les boucs et veaux ne furent jamais des victimes ;nes de Dieu : ce n'étaient que des ombres des figures de notre sacrifice. On a comncé et l'on a cessé de les offrir. Mais le rifice de JÉSUS est aussi ancien que le nde et il ne finira jamais.

Réjouissons-nous donc de la dignité de re Souverain Prêtre, et de la Sainteté lotre Victime ; et n'oublions pas de prenpart à ce sacrifice, car ceux qui n'oft point le sacrifice de Jésus, qui n'y imunient point et n'en font point partie, en abomination devant Dieu. Ceux qui ►ont point membres du corps dont JÉSUS-

Christ est le chef, qui ne sont point amm< et consacrés par l'Esprit de JÉSUS, qui n'o: point de droit à JÉSUS pour l'offrir à se Père et qui ne seront point compris dai| le sacrifice de Jésus lorsqu'il s'offrira à Di< dans sa plénitude et dans son âge parfai en un mot, ceux qui n'ont point de part « sacrifice de JÉSUS ne seront jamais couro: nés en Dieu.

C'est par le sacrifice de JÉSUS que noi sommes purifiés, consacrés, offerts à Dity et reçus de lui comme des victimes de boni odeur. C'est par le sacrifice de JÉSUS qi nous avons droit à l'être divin et à la f licite de Dieu même. C'est enfin par le s crifice de JÉSUS que nous devenons enfan de Dieu et que nous avons part à l'hérita^ de JÉSUS, car les biens de JÉSUS nous sqï communs avec lui. Il nous a fait prêtres rois comme lui et nous régnerons éterne leraent avec lui dans la terre des vivant et des immortels.

Offrons donc maintenant à Dieu le sac* fice de JÉSUS, dans un esprit d'anéantisijf'^' ment et de sacrifice, et crucifions avec 11 tout ce que nous sommes. Communions ^ sacrifice de JÉSUS, vides de nous-mêmes

vec des désirs ardents de nous remplir de )n Esprit. Séparons-nous de tout ce qui eut corrompre la pureté des prêtres, lavés t conservés dans le sang de JÉSUS. Sacerjtes Dei incensum et panem offerunt Deo ideo sancti erunt. (Levit., XXI). Les prêtres t Seigneur offrent à Dieu V encens et le pain, est pourquoi ils seront Saints. Quelle sainté doivent avoir ceux qui maintenant ofent Jésus-Christ même !

Hahentes ergo Pontificem magnum qui metravit cœlos, jesum filium Dei, tenemus nfessionem. (Hebr., IV, 14). Ayant donc mr grand pontife JÉSUS, fils de Dieu, qui t monté au plus haut des deux, demeuns fermes dans la foi dont nous avons fait ofession.

ccipe sacrificium pro universo populo Israël et cusiodi partem tuam et sanctia. (IIMacchab. I,v. 26). Recevez le sacrifice r tout notre peuple d'Israël. Conservez-le^ ctifiez ce peuple qui est votre partage,

YSTÈRE. JÉSUS' CHRIST comme Souain Prêtre.

Pour le Vendredi.

Un pécheur ne rentre point dans Tord s'il ne souffre. Un chrétien ne ressemt point à Jésus-Christ s'il ne souffre. Et p conséquent celui qui est pécheur et chréti tout ensemble, ne peut être aimé de Di s'il ne souffre et s'il ne souhaite de souffr Est-ce que Dieu aime le désordre et l'ii punité du péché ? Est-ce que Dieu air ceux qui ne se conforment point au mode qu'il nous a donné en son Fils ? AuroE nous part à la gloire de notre Chef sai avoir part à ses souffrances ? Pensons-y s rieusement. Le plus grand mystère de not Religion, c'est un Dieu déchiré de couf couronné d'épines, attaché nu sur une crol percé de clous, couvert de confusion et il honte, et élevé en cet état à la vue de iç un peuple. Voilà quel est l'objet de notS Religion. Voilà ce qui parait dans le lil le plus éminent de nos églises. Voilà nof modèle et notre exemplaire. Voilà celui qi nous adorons.

Mettons donc toute notre consolation dai les souffrances. Glorifions-nous d'être seu blables à celui que nous adorons. Prioi

CSUS-Christ qu'il nous attache à sa Croix, l'il sanctifie notre pénitence et qu'il nous sse clairement comprendre qu'il n'y a )int d'autre voie pour nous remettre dans ^rdre que celle qu'il a montrée par son iemple.

Mihi autem ahsit gîoriari nisi in cruce pmininostri jesu-CHRISTI, per quem mihi undus crucifixus est et ego mundo. (Gai. ;, 14). Pour moi à Dieu ne plaise que je me wifie en autre chose qu'en la croix de N, S. SUS-CHRIST par qui le monde est mort crucifié pour moi, comme je suis mort et icifié pour le monde.

Çonfige terrore tuo carnes meas, a judiciis im tuis timui. (Ps. CXVIII, 120.) Percez ma iir de votre crainte, car je suis saisi de yeur à la vue de vos jugements, yLYSTÈRE. JÉSUS-CHRIST, commevictime, nolé sur la Croix.

Pour le Samedi.

La figure de ce monde passe, tout ce qu' y voit n'est qu'un bagage d'hôtellerie. M heur aux voyageurs qui s'arrêtent, la nles surprendra. Mais que cette nuit sera h4 rible, car c'est une chose terrible que tomber entre les mains du Dieu vivant.

Heureux au contraire les voyageurs ( arrivent au lieu du repos ; ils en jouira éternellement. Mais que ce repos sera doij il n'y a que ceux qui en jouissent qui] sachent, car Vœil n'a point vu, Voreille t point entendu et le cœur de Vhomme ti jamais connu ce que Dieu a préparé pa ceux qui V aiment. Ils boiront, dit VEcritni du torrent de la volupté de Dieu, ils hrÛ ront comme les étoiles, ils seront combi éternellement de Joie et Dieu habitera milieu d'eux. En un mot, ils jouiront du pos même de Dieu.

Hâtons-nous donc d'entrer dans ce re; éternel, sous la conduite de notre vérital Josué. Les cieux nous sont maintenant verts : notre Précurseur y est déjà en efforçons-nous de le suivre. Avançons rageusement dans le chemin qu'il nous

itré, donec hodie cognominatur comme

\e l'Apôtre.

on hahemus hic permanentem civilatem futur am inquirimns.... quae non eget neqiie luna, nam claritas Dei illuminaam et lucerna ejus est Agnus. (Hebr., 14.) Nous n'avons point ici de ville perente, mais nous cherchons celle où nous ns habiter un jour. Cette ville n'a point in d'être éclairée par le soleil et par la parce que c'est la gloire de Dieu qui lire et que V Agneau en est la lampe, nen! Veni, Domine j^sc/ (Apoc.XXI, 23.) n ! Venez Seigneur JÉS US !

YSTÈRE. JÉSUS-CHRIST comme chef )n Eglise, répandant son Esprit sur sa Mère et sur tous les saints.

Règle générale à l'égard du prochain.

nia quaecumque vultis ut faciant vo- >mines et vos facite illis ; haec est enim ' prophetae. (Matth., VII, 12.)

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