‹ Méditations pour se disposer à l'humilité et a la pénitence avec quelques considérations de piété pour tous les jours de la semaineChapitre 9 sur 12 · I. Partie · texte numérisé non relu

I. Partie

ir la foi nous pensons comme Dieu pense.

Eigneur, du fini à l'infini la distance /est infinie. La créature, quelque noble excellente qu'elle puisse être, comparée otre infinie Majesté, elle s'anéantit enrement. Comment donc, pouvez-vous ttre votre complaisance dans vos créaes? Comment pouvez-vous sans démenvotre infinité, cet attribut essentiel à :re essence, vous plaire dans le culte elles pourraient vous rendre, dans un te fini, un culte profane, ou qui n'a rien divin ou d'infini?

Toire volonté. Seigneur, n'est certainent que l'amour que vous vous portez à is-même. Ce n'est point comme en nous

[impression qui vous vienne d'ailleurs, ui vous porte ailleurs; vous en êtes le

de loi étrangère, ou d'autre règle de vonu desseins, que cette Loi éternelle que voui! trouvez en vous-même , dans l'ordre im )d muable de vos attributs. Vous ne pouve: donc vous résoudre à rien produire au dep! hors qui n'en porte le caractère. Car enfiies vous agissez toujours pour votre gloire on c'est là votre fin : j'entends pour cette gloin w que vous ne tirez que de vous-même, po^ :!, cette gloire d'agir en Dieu, d'agir selon Oie que vous êtes ; et non pour une gloir le étrangère, pour celle que devraient vou \ rendre des créatures, qui blasphèment san vi cesse contre ce qu'il y a de plus majes q tueux et de plus divin dans la Providence re Afin que vous puissiez donc vouloir tx rel ouvrage, et vous complaire dans votre ou ir vrage, il faut qu'il soit digne de votre actioï Lo et que vous prononciez par la création 1 vi Jugement éternel que vous portez de votr rs, Divinité, Car vous ne pouvez démenti ;at votre infinité, rien vouloir qui la déshonori ies et qui vous fasse, pour ainsi dire, de | Si confusion et de la honte.

Grand Dieu ! quand vous avez formé I dessein de créer l'Univers, vous avez nécei ^ sairement comparé votre ouvrage avf f^^

us-même, et vous n'y avez point trouvé

rapport: comment donc avez-vous pro-

Qcé par la création d'un monde fini, le

[ement que vous portez de votre infinité ?

! Seigneur, je le comprends, ce me semble.

st que vous pensiez alors à ce Fils bien-

tié en qui vous avez mis votre complai-

ice ^, à ce Fils qui vous étant consubstan-

fait que vous ne tirez votre gloire,

e gloire digne de vous, que de vous-même,

\ de votre propre substance ^. Vous aviez

vue cet Homme-Dieu qui divinise votre

Tage, qui le tire de son état profane,

qui le consacre à votre gloire; qui dé-

e les Anges mêmes de l'incapacité na-

elle aux plus excellentes créatures d'a-

T avec vous quelque rapport.

^orsque vous sortez pour ainsi dire hors

vous-même par la production de l'Uni-

s, l'Honune-Dieu, le premier-né de toute

ature \ vous précède partout dans vos

es, et justifie tous vos desseins *.

i vous pensez à vous former un Temple,

\S. Math. III. 17. et XVII. 5.

\Rom. Vin. 15. 2. Tim. I. 9.

\.nx Coll. I. 15. et suiv.

'ov. III. 22. Eph. I. 4.

il en sera la pierre fondamentale ^ : et plr sage et plus saint que Salomon, il von construira un édifice plus magnifique c plus divin. Si vous voulez un culte dign re de vous, il en sera la victime ^ et le soi Bi| verain Prêtre ; et par la grandeur de se s ] mérites et la dignité de sa personne, ^^ vous fera ^ rendre des honneurs divin w non seulement par vos saints Anges, mai dj, par des pécheurs sanctifiés et divinisés e ^ lui. Car c'est en lui et par lui que toi en subsiste devant vous. Il est le chef de (iB Anges et des hommes*. Nous recevons ton m de la plénitude de la Divinité qui habil sei en lui ^ ; et qui se répandant, pour ain lij dire, sur tous ses membres, nous élève la qualité de vos enfants, nous donne dro i à son héritage ^, et met entre vous et votr r ouvrage un rapport tel, que vous y poT vez mettre votre complaisance sans démci tir votre infinité, sans abaisser indignemei votre Majesté.

* /. de S. Pierre, II et Eph. II. 20.

2 Hebr. X et VIL

3 1. Coll. XVI. et suiv,

* Eph. I. 10. 21. 22. 23. Coll. IL 9. 10. ^

5 Eph. IV. 15. 16.

6 Rom. VIIL 17.

pr cor]

Mais si du fini à l'infini la distance est finie, celle da pécheur, d'une créature e que le néant même, est, pour ainsi re, infiniment infinie. Vous ne pouvez igneur, mettre votre complaisance dans

plus nobles de vos créatures, pourriezus aimer des pécheurs, avoir avec eux elque société et quelque rapport ? Les Iges par eux-mêmes, sans JÉSUS-ChrisT ir chef, ne peuvent vous adorer divinebnt. Leur culte n'est pas digne de votre finie Majesté. Vous ne pouvez vous y tnplaire sans démentir votre attribut Sentiel. Quelle horreur n'auriez-vous donc int pour des pécheurs qui prétendraient pprocher de vous ; pour des pécheurs par un culte indiscret et téméraire, un culte méprisable et même offe^-isant,

étendraient mériter votre bienveillance

vos faveurs ?

l^ependant, Seigneur, vous avez et prévu

permis la chute des Anges, et le péché premier homme ; ce funeste péché qui

:orrompu tout votre ouvrage, et qui rend

s les enfants d'Adam esclaves du Dé-

n, et dignes de votre colère.

Vous agissez toujours en Dieu. Votre cor duite porte toujours le caractère de vc attributs ; et lorsque vous permettez la coi ruption de la nature, vous prononcez ac mirablement le jugement que vous porte de votre infinité. C'est que vous compt;É|i) pour rien, par rapport à vous, la plus nob! et la plus excellente des créatures. C'e< que tout culte fini, et qui n'a rien de diVii ne mérite point votre attention. Vous d< meurez immobile, lorsque votre ouvrag va périr ; et par là vous soutenez dignemei le caractère de la divinité. Vous marqu€|| par là, à ceux qui savent que vous vous démentez jamais, et que vous ne poi vez vouloir ni par conséquent agir qt |o,j selon ce que vous êtes, à ceux qui soi bien convaincus que votre Loi, la règ inviolable de vos desseins et de voti conduite, ne peut être que l'ordre immuab de vos attributs : vous leur marquez, dis-j j| bien nettement par là qu'étant Dieu, voti grand dessein n'est point l'homme terrestr mais cet Homme céleste et divin en qî vous avez mis votre complaisance.

En effet, vous vous êtes repenti^ d'avQ

' Gen. VI. 7.

lit rhomme et vous l'avez noyé dans le

)éluge. Vous avez établi et abrogé la Loi

es Juifs et leur Sacerdoce. Ce ne fut donc

imais là votre véritable dessein : car tous

os desseins sont irrévocables, et vous êtes

bsolument incapable de repentir. Mais

ous en avez juré par vous-même ^, vous

e vous repentirez jamais d'avoir établi

iSUS-CHRiST votre souverain Prêtre : son

acerdoce subsistera éternellement.

Vous avez laissé ' envelopper tous les

^mmes dans le péché ; mais c'était pour

ur faire à tous miséricorde en JÉSUS- Christ

'est que vous avez voulu nous lier tous

notre chef; à celui seul par qui nous

uvoas vous rendre des honneurs divins.

us avez voulu que nous dépendissions

us de ce Fils bien aimé en qui vous avez

is éternellement votre complaisance.

Vous avez voulu que votre Fils incarné

t encore la gloire de travailler comme

us sur le néant, non de l'être, mais de

sainteté ^ et de la Justice; et que par

e grâce qui ne suppose point en nous de

Ps. 109. Aux Heb. VII et VIIL Aux Gai. III. 22. Rom. III 9.

Aux Eph. II. 9. 10.

mérites, il formât d'un monde corrompu 1 saint Temple que vous habiterez éternelle ment.

Ah! Seigneur, que votre ouvrage réparël par Jésus-Christ sera au dessus de ce même ouvrage dans sa première construction p Que votre conduite est pleine de sagessej et de dignité ; et qu'elle exprime noblemenij

le jugement éternel que vous portez de votre divinité! Oui Seigneur la permissior du péché que les libertins regardent comm^h une objection invincible contre la Religion l'ij se tourne en preuve claire et démonstrativ<|e de sa vérité, dès qu'on cesse d'humaniser la Divinité, dès qu'on sait seulement qu< feu vous n'agissez que par votre volonté, qu r n'est et ne peut être que l'amour que vou! vous portez à vous-même, à votre infinité à l'attribut essentiel à votre nature.

Grand Dieu je crois que ma foi en JÉSUSiem Christ^ me justifie devant vous, et qu'elle fel met mon esprit dans une situation respecldei tueuse en présence de votre infinie Majesté Oui, Seigneur, je crois que par cette foi | prononce, d'accord avec vous-même, le j| é, gement que vous portez de votre divini|

cro

< Rom. III. 28. Gai. II. et III.

de ma bassesse ; et que toute autre

eligion, tout autre culte vous déshonore

vous offense ^ . Car enfin les Sociniens, et

us ceux qui prétendent sans le Médiateur

Dmme-Dieu, avoir avec vous quelque rap-

rt, blessent votre attribut essentiel. Par

iir culte téméraire ou plutôt impie, ils

mptent le fini pour quelque chose par

pport à vous ; et voulant peut-être vous

norer, ils ne sentent pas qu'ils vous dés-

norent en effet, et que par la Religion

ils professent, ils vous disent sans cesse,

e vous n'êtes point véritablement Dieu.

mon Dieu, vous êtes véritablement

eu, vous êtes infini; et je ne suis rien

rapport à vous, moins que rien depuis

péché. Voilà le jugement que je porte

de vous et de moi, en faisant profession

la Religion divinement établie. Oui Sei-

ur, lorsque je proteste comme je fais

intenant, que je ne puis avoir de ^ société

e rapport avec vous que par JèSUS-Christ,

rois en cela penser comme vous pensez.

is pour vous adorer en esprit et en vé-

il ne suffit pas de penser comme vous

Lc^. IV. 12. etc.

\om. V. 2. Eph. IL 18. III. 12.

pensez, il faut encore aimer comme voUfL aimez \ Il ne suffit pas que l'esprit soit dans jj une situation respectueuse par des jugements|fj dignes de vous, il faut aussi que le cœui soit rempli de mouvements semblables aua vôtres ; car la Foi ne suffit pas si elle n'es| animée de la Charité. Au nom de votr^ j. cher Fils donnez-moi votre Saiat-EspritI )jf afin qu'il répande cette charité dans m(^ cœur, et qu'il achève de me justifier deva^ rgs vous.

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