II. Partie
Par la charité nous vouions comme Dieu veut.
1rs
mei
Seigneur, vous aimez toutes choses à pro portion qu'elles sont aimables, à proportiQri qu'elles sont parfaites, selon l'ordre im able de la justice Vous vous aimez inf ment pour rendre ce que vous devez à y<| perfections infinies, et vous aimez vos c atures à proportion de la noblesse de l nature, de la grandeur de leurs mérites,^ surtout de l'excellence de leur saint Vous les aimez en un mot selon cet ord»
' 1. Cor. XIII. Jacq. IL 24.
^ Rom. V. 5.
muable de la justice, qui ne consiste que
ns les rapports éternels et nécessaires des
rfections divines. Je ne puis trop me le
•e; car j'humanise toujours la divinité; je
{e de Dieu par moi-même. Non, non, Sei-
eur, le juste et l'injuste est nécessairement
; votre Loi est immuable, la règle de
tre conduite n'est point arbitraire ; elle
écrite dans votre substance en carac-
es éternels. Vous ne la tirez point d'ail-
irs comme les intelligences finies : vous
s à vous-même votre lumière, votre sa-
ise, et votre inviolable Loi; et personne
peut penser comme vous pensez, ni ai-
r comme vous aimez, s'il n'est intérieu-
lent éclairé de votre lumière, s'il n'est
ement touché de la beauté de votre Loi.
eigneur, pour aimer comme vous aimez,
iaut donc vous aimer infiniment plus que
créatures, et toutes vos créatures à pro-
ion de la perfection de leur nature et
la grandeur de leur mérite et de leur
teté. C'est ainsi qu'il les faut aimer:
tends aimer d'un amour d'estime et de
veillance. Car assurément il ne faut
er que vous de cette espèce d'amour
se rapporte à la puissance véritable:
vous seul la possédez. Vous seul par l'efll cace de vos volontés, pouvez nous rendij heureux ou malheureux. Toutes les créî tures par elles-mêmes sont absolument in puissantes à noire égard.
Grand Dieu, vous vous suffisez pleinemei à vous-même : vous trouvez en vous sei votre souverain bonheur. Vous ne pouvc donc, et ne devez même aimer que voi comme votre bien : vous ne devez jouir qu de vous comme de votre fin. Nous aim< rons donc aussi ce que vous aimez, et aiPn tant que cela se peut, comme vous aimes ^^ tous les mouvements de notre âme seroift semblables aux vôtres , si nous n'aimoi aussi que vous comme notre bien, comiE notre dernière fin; si nous ne cherchoipD que par vous et qu'en vous notre perfe* is tion et notre bonheur, la parfaite consonir mation de notre être. En effet comnj jo nous ne sommes pas à nous-mêmes la cans es de notre propre félicité, ce désir invincibi 'el pour le bonheur que vous formez sans ceif :nt en nous, doit sans cesse nous porter v<li«s vous. Je vous prie, Seigneur, par votre sot oui verain Prêtre et votre Fils bien-aimé, é fr répandre la charité dans mon cœur, et d*C ^
gler tous les mouvements sur l'ordre im- [Uable de la justice. Car je ne puis les tenir ni les régler sans le secours de voc grâce: je ne puis suivre constamment a lumière dans la recherche du vrai bien. Je veux invinciblement être heureux ^ ais lorsque charmé par la beauté de vo-
Loi, je fais des efforts pour la suivre pour m'y conformer, je me trouve actuement en quelque manière malheureux, ille dégoûts, mille chagrins, mille et mille ntiments pénibles me fatiguent et me retent. Je sens au contraire en moi une ire Loi qui me sollicite sans cesse, et je in suis jamais les mouvements, que je tn sois payé comptant. C'est une Loi nteuse et brutale, je l'avoue. Mais elle î charme par mes sens, elle m'ébranle
mes passions, elle me console, et me ouit par mille et mille fantômes agréaîs. Lorsque je la suis je me trouve en Ique manière heureux, et j'en serais it-être tout-à-fait content, sans ces reproîs secrets et ces menaces terribles qui ublent ma joie, et qui me remplissent frayeurs. Je le comprends. Seigneur, c'est Rom., VII. 22.
que ma nature est corrompue, et qu'il li faut un réparateur ^ Je tire du premier Adan de l'homme terrestre, et ma naissance cette concupiscence criminelle qui m'attach à la terre : et je dois recevoir du secon Adam, de l'homme céleste, une nouvell naissance, et une sainte concupiscence qi m'élève vers le Ciel.
Vous laissez en nous la première cor cupiscence, afin que la seconde la combatt et qu'elle en triomphe, pour augmenter 1 mérite de vos Saints, et la gloire de votr Fils \
Vous voulez que l'homme nouveau ^ sent toujours sa faiblesse et sa misère intérieure pour l'humilier devant vous, pour le lie plus étroitement à Jésus-Christ, au Sauveu des pécheurs; à celui dont il doit recevoi toute sa force et toute sa sainteté.
Vous voulez que le juste ici-bas vive d sa foi*, content de ses espérances, et qu'i ^, vous fasse cet honneur de se fier à vo
• Rom. m. 23.
2 2. Tim. IV. 5. Eph. 1. 6.
3 2. Cor. XII. 9.
* Gai. III. 12. Heh. X. 38.
omesses ^ Que ferme sur votre parole, il
uffre constamment la privation des plai-
s, et quelquefois même les douleurs les
is vives et les plus sensibles, dans l'at-
ite des biens étemels que vous avez pré-
rés à ceux qui vous aiment.
^ous voulez que l'homme soit pour ainsi
e actuellement malheureux, et heureux
ement en espérance ^, qu'il renonce à
:es choses et à lui-même ; qu'il porte sa
)ix tous les jours de sa vie jusqu'à ce
il y soit attaché, et qu'il suive JÉSUS-
RIST ce parfait modèle que vous lui avez
ané.
*lais quoi. Seigneur, je veux invinciblent être heureux ; et puis-je attendre à le renir, lorsqu'il me semble que je ne seplus ? Le plaisir présent me séduit et intraine ^
JÉSUS, Victime sacrifiée ^ pour mes pés, et maintenant clarifiée pour ma jusration, rendez-moi plus léger le poids la croix, ce poids insupportable à la naî, et que je dois porter avec vous. Ré-
e6. VL 18.
lîath. XVI. 24.
lom. IV. 25. 6
pandez en moi la délectation de votre grâ pour satisfaire en partie à ce désir invili cible que j'ai d'être heureux ; et pour co tenter un jour pleinement cet ardent déî que le souverain bien produit dans mf^. cœur, faites-moi marcher avec joie par lo voies dures et pénibles de la vertu, p ce chemin étroit qui conduit à la vie ^ O JÉSUS, je ne puis rien sans vous, mets en vous toute ma confiance. Je puis sans vous rendre à Dieu mes devoi: ^, ni mériter sa bienveillance et ses f aveu ^. Ce n'est que par vous que les créatui peuvent avoir avec le Créateur quelque ciété et quelque rapport ^. Vous nous av été donné pour être notre sagesse, noi | justice, notre sanctification et notre rédem tion^: Anathème donc à quiconque n'ait pas le Seigneur JÉSUS, mais anathème é1^ nel. Il n'aura jamais de part à rhérifej du Seigneur, point de communion avec Diei point d'entrée dans la céleste Jérusald j^ Chassé dehors ^ et précipité dans les enfij
* S. Math. VIL 14.
2 L Cor. I. 30.
3 1. Cor. XVI. 22.
^ Joan. III. 18.
5 Math. Vin. 12. %
ter
as ces ténèbres extérieures qui font horir à tous ceux qui savent que votre lubre est la vie des intelligences, il sentira éternellement les effets terribles de la igeance divine ^
) JÉSUS, je me donne à vous. Sauveur des :heurs, ne m'abandonnez pas. Je vous le ; oui, Seigneur, je vous aime. Je vous s tout ce que je suis, tout ce que je pose, tous les biens que j'espère. Que n'a- ;-vous point fait pour moi, mais que n'ai-vous point souffert pour me réconcilier ;c votre Père, et me faire entrer dans option de ses enfants? Ne vous point er, quelle ingratitude ! Mais quelle stu- Ité! Vous êtes le Fils bien-aimé de mon u, Vous êtes seul digne de son amour e sa complaisance. Il n'y a proprement vous qui soyez aimable à ses yeux.
Dieu n'aime rien dans le Ciel et sur erre, que par rapport à vous: et je ne s jugerais pas digne de mon amour ! O S, je vous aime de toutes mes forces, oute rétendue de mon cœur, et je ne plus aimer que ce que vous aimez,
lath. I. 21.
que comme vous aimez. Rendez tous 1 mouvements de mon cœur semblables ai vôtres.
O mon Sauveur, votre Père est aussi nôtre, mais en vous et par vous \ Il no a créés ^ à son image et sa ressemblam et il nous a prédestinés pour être sembl blés à vous^, qui êtes l'image visible c Dieu invisible *. Vous nous commandi vous-même d'être parfait comme notre Pè céleste est parfait ^. C'est que le Père chi ^^ che de ces vrais adorateurs qui Vadore^^ en esprit et en vérité, qui pensent par co séquent et qui veulent, comme il pense comme il veut ; des enfants qui soie saints comme il est saint ^, des enfants q lui ressemblent autant que cela est possibl et qui ne peuvent lui ressembler que Jjp des jugements semblables à ceux qu'il p de lui-même, et par des mouvements cô formes à l'ordre immuable de ses divin perfections.
1 Eph. L 5.
2 Gen. I. 27.
3 Rom. VIII. 29.
* Coll. L 15.
5 Mat V. 48.
6 1. Ep. de S. Jean, III.
p JÉSUS, je veux vivre et mourir dans la :ligion que vous nous avez enseignée : car n'y a qu'elle qui s'accorde avec le Jugent éternel que Dieu porte nécessaire- ;nt de lui-même ; qu'elle seule qui dise ritablement à Dieu, qu'il est Dieu ; ou qui Drime nettement l'attribut essentiel de la inité et le néant de la créature. Oui, je suis rien devant Dieu ; je ne puis rien 3rès de lui que par votre médiation, ouverain Prêtre du Très-haut, toujours ant pour intercéder pour nous \ animez foi et mon espérance. Faites que je ne de point de vue la grandeur et l'éternité biens futurs ; et que je n'aie que de )rreur et un souverain mépris pour tout este. Faites que ferme dans la confie qui est due aux promesses d'un Dieu ne peut mentir ^ : promesses néanmoins L a bien voulu, pour dissiper mon in- :e défiance, confirmer par un serment înnel, et que vous avez vous-même raies par votre Sang; faites, dis-je, que ne et inébranlable sur la parole du Père dftous ceux qui croyent en vous, je vive
ïeôr. VIL 25.
fïe6. VI. 17, 18.
de ma foi, content de la solidité de mes ei lel pérances, heureux uniquement par l'avan od goût des biens futurs. od
Sainte et adorable Trinité, je vous ador joi par JÉSUS- Christ ; mais faites en moi que j ^ vous aime de toutes les puissances de mo; âme. Faites que malgré les caresses trom é, penses et les vaines frayeurs que me fotip sans cesse les biens et les maux qui pas sent, mon esprit immortel ne s'attache qu' '/ vous, être immuable et éternel, source înf ?}] puisable de biens, cause unique de tôt bonheur, la lumière, la vie, la nouriture, 1 ai lieu de repos; en un mot la fin délicieuset parfaite de tous les esprits que von avez créés à votre image et à votre res! semblance ; que vous n'avez créés que pou jouir de vous, que pour ne vivre que A vous, et que pour vous.
O Ciel! je suis saisi d'étonnement et j^ frayeur, quand je pense que des Chréti^ appelés à être les héritiers de Dieu S « les cohéritiers de JÉSUS-Christ, négligé^ pour des biens passagers le droit qu'il 1 a acquis par son Sang à la jouissance
* Rom. VIII. 17.
ûle de la divinité même. Que les hommes nt corrompus, qu'ils sont stupides, qu'ils nt insensés : Ils vous abandonnent, ô on Dieu, source féconde d'eaux vives, et se creusent des citernes, mais des cimes pleines de crevasses, et dont Veau îchappe sans cesse. Obstupescite Cœîi iper hoc, et portae ejus desolamini veheenter, dicit Dominus. Duo enim mala fet populus meus : me dereliquerunt FON- :m AQU^ viv^ ; et foderunt sihi cistemas, STERNAS DISSIPATAS Qu^ CONTINERE NON LENT AQUAS^
Jerem. IL 12.
PRIÈRES avant et après la Sainte Messe ^