‹ Meditations pour tous les jours de l'anneeChapitre 103 sur 258 · VENDREDI DE LA PASSION. — COMPASSION DE MA1UE · texte numérisé non relu

VENDREDI DE LA PASSION. — COMPASSION DE MA1UE

La douleur et l'amour lui font verser des larmes, qui attendrissent tous les assistants.

Nous serions des ingrats, si nous restions insensibles au spectacle d'un Dieu couvert de plaies, dans les bras de sa Mère désolée. Et ce spectacle, capable d'attendrir les cœurs les plus durs, n'est-il pas notre ouvrage, l'ouvrage de nos offenses contre la majesté divine? Ah! pleurons, gémissons et proposons-nous de passer toute notre vie, dans les sentiments du plus sincère repentir.

Mais ce repentir doit être ennobli, adouci et comme embaumé par une confiance toute pleine d' amour. La bienheureuse Vierge a révélé à sainte Brigitte qu'après la descente de croix, opérée par les disciples, elle put fermer les yeux à Jésus, mais que jamais elle ne parvint à lui plier les bras. Que nous font entendre par là le Sauveur et sa sainte Mère, sinon que les bras du Rédempteur nous sont toujours ouverts, et que nous pouvons y trouver miséricorde quand nous le désirons? Les plaies de Jésus ne sont-elles pas d'ailleurs les sources de toutes les grâces, et Marie n'en estelle pas le canal ?

C'est donc à bon droit que cette Reine affligée, tenant Jésus dans ses bras, semble nous dire a tous : « Mes enfants ! ce n'est plus le temps de craindre; c'est le temps d'espérer et d'aimer. La loi des serviteurs est passée ; la loi des enfants commence. Le côté de Jésus vous a été ouvert après sa mort, pour vous signifier qu'il vous donne son Cœur, et qu'en retour il exige le vôtre. Aimoz donc désormais Jésus de toute votre ûme et de toutes vos forces. »

0 Vierge, Mère de douleur ! je voudrais aimer mon Rédempteur comme vous l'avez aimé. Mais, hélas ! je suis encore si attaché au monde et surtout à moi-même. Ah ! daignez m'obtenir la force de vaincre toutes mes répugnances, de triompher de mes aversions et de braver toutes mes vaines craintes, dès qu'il s'agit de contenter votre cœur et celui de votre divin Fils. Je prends la résolution : 1° De m'unir à vos sentiments d'amour, de compassion et de dévouement, quand je parcours pieusement le chemin de la croix. 2° De m'arrêter spécialement à l'avant-dernière station, où vous tenez Jésus dans vos bras, afin d'y renouveler ma ferveur et la volonté sincère de ne rien vous refuser de ce que vous mo demandez.

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