MERCREDI DE LA PREMIÈME SEM. — LA MAUVAISE TRISTESSE
avec Jésus, de la présence substantielle et permanente de la sainte Trinité en nous; du pouvoir de mériter sans relâche et d'obtenir, par nos prières, les plus insignes faveurs? Tous ces bienfaits inestimables ne sont-ils pas dignes de nos réflexions ; et leur fréquent souvenir n'est-il pas capable de dilater sans cesse nos cœurs?
Et puis, comme les dons de Dieu, selon l'Apôtre, sont sans repentance,1 il s'ensuit qu'auprès de lui les bienfaits du passé sont des gages des bienfaits à venir. De là cet abandon des bonnes âmes, qui rejettent loin d'elles les vaines craintes, les noirs soucis, les inquiétudes peu raisonnables, se rappelant cette parole de saint Pierre : « Déposez en Dieu toutes vos sollicitudes ; car luimême a soin de vous. » Quoniam ipsi cura est de vobis.2 — Oh ! combien ces dispositions de gratitude et d'abandon sont agréables au Seigneur et nous sont des sources abondantes de paix et de sainte allégresse !
0 Jésus ! vous le voyez, un rien m'abat, me rend sombre et chagrin, parce que j'oublie trop souvent vos tendresses envers mon âme. Par vos mérites et ceux de votre divine Mère, accordezmoi la grâce de prier dans mes peines, — de penser à vos bienfaits dans mes anxiétés, — de me jeter dans vos bras quand tout me semble désespéré.
mercredi de la première semaine. - La mauvaise tristesse.
Préparation. — Après avoir médité sur la joie spirituelle, prémunissons-nous contre son plus grand obstacle, qui est la mauvaise tristesse. Considérons-en : 1° Les ravages. 2° Les remèdes. — Puis nous conclurons par le propos sincère d'avoir toujours dans l'esprit quelque sainte pensée qui nous anime à la confiance en Dieu et dilate notre cœur par la reconnaissance et l'amour. Et exuttavit spiritus meus in Deo, salutari meo?
1° Ravages de la mauvaise tristesse.
L'Esprit-Saint assure que la tristesse énerve l'homme, ruine sa santé, le fait vieillir avant le temps et abrège ses jours.4 Mais les
(1) Rom. Il, 29. (2)1 Pet. S, 7.
(3) Luc. 1, 47. (i) Eccli. 30, 24-26. Prov. 17, 22.